Votre homme déprime : comment l’aider ?

Un homme, ça ne déprime pas ! Cette idée reçue montre que la dépression masculine reste encore taboue dans notre société, malgré quelques « avancées » ... Comment réagir quand votre mari déprime ? Tous nos conseils.

Senior Man Looking Out Of Window At Home
© istock

Un homme ne doit pas craquer ni pleurer, sous peine d'être taxé de "faible". Certes, la dépression touche deux fois plus les femmes que les hommes, mais ils ne sont pas pour autant épargnés. Il est difficile pour eux d'avouer leur souffrance, souvent du fait de leur pudeur à exprimer leurs sentiments.

Les signes d'alerte de la dépression chez l’homme

Fatigue, anxiété, manque d'énergie. Il y a de multiples formes de dépression qui sont liées ou non à un événement précis. Les premiers signes sont plus ou moins caractéristiques : un sommeil qui se détériore, une fatigue anormale, un manque d'intérêt et d'entrain, une perte du goût de vivre, une perte ou une prise de poids, un ralentissement intellectuel, une libido éteinte, une anxiété, un visage moins animé de mimiques...

C'est l'association et la durée de ces symptômes (au moins quinze jours) qui attestent de la maladie, et non la présence d'un ou deux symptômes Isolés.

Un changement radical de comportement

Une des caractéristiques fondamentales est la rupture avec ce que le dépressif ressentait avant d'être malade. L'entourage est fréquemment alerté par ce changement de comportement et d'humeur.

Ainsi, il n'est pas rare que les conjointes racontent : "Je ne le reconnaissais pas. II voyait tout en noir et se dévalorisait tout le temps. " Ce sentiment d'inutilité, de solitude, et l'impression d'être un poids pour les autres est souvent ressassé par les personnes dépressives.

C'est ce changement qu'une femme peut évoquer pour aider son mari à prendre conscience qu'il va mal : « Je comprends les raisons de ta tristesse ou de ton anxiété mais, d'habitude, tu sais prendre de la distance avec tes soucis ».

Son corps trahit son mal-être

Chez les hommes, à la différence des femmes, la dépression peut avancer masquée, car ils s'expriment davantage à travers leur comportement. Ainsi, la tristesse peut se traduire par une somatisation physique, avec une douleur chronique, des sautes d'humeur, une agressivité allant parfois jusqu'à la violence, une agitation, une irritabilité en présence des enfants... On parle de signes masqués car, chez l'homme, ces réactions sont souvent attribuées à tort au surmenage, pris comme une excuse pour expliquer cet état.

On constate souvent un phénomène de suite dans le travail, le sport, le sommeil... Certains hommes se réfugient également dans l'alcool, pour noyer leur mal-être.

Les conseils pour soutenir votre homme dans la dépression

L'encourager à consulter !

Il faut aider le conjoint déprimé à rompre le silence pour qu'il ne continue pas à s'enfoncer. Et s'armer de patience et de persuasion pour le convaincre de consulter un médecin.

« Seulement 25 % des déprimés consultent, par pudeur ou par manque d'information. Le déprimé est souvent trop fataliste et pense : "On ne peut rien pour moi" ou "Ça va s'arranger". II faut lui montrer qu'il existe une solution médicale », explique le Dr Jean Vanelle, psychiatre.

Pour franchir le pas, il peut d'abord consulter son généraliste, qui pourra l'adresser à un spécialiste.

Comment le convaincre s'il refuse ?

II est important de trouver la bonne manière d'aborder le sujet, pour qu'il n'ait pas l'impression de perdre la face. L'une des clés est de lui faire prendre conscience que, accepter de l'aide, c'est déjà reconquérir une partie de sa liberté entravée par la maladie.

Si on ne parvient pas à le convaincre, on peut aller jusqu'à programmer un premier rendez-vous à sa place avec un généraliste, un psychiatre ou un psychologue.

Ne pas le culpabiliser

Lui faire des leçons de morale ne sert à rien, mais accentue au contraire son désarroi. Il faut aussi éviter de le culpabiliser en laissant percer un chantage affectif, avec des phrases du type « Regarde ce que je fais pour toi, alors que tu ne fais rien » ou « Si tu veux me faire plaisir, fais-le pour moi ».

Il faut agir avec tact et trouver la bonne mesure, afin d'éviter qu'il se laisse trop aller (en arrêtant de se raser, de se lever, de voir du monde...), sans pour autant l'accabler de reproches, le réprimander de manière autoritaire ou l'infantiliser.

Se montrer compréhensive

Il faut manifester une attention bienveillante. Évitez les phrases d'encouragement toutes faites, comme "Ça ira mieux demain" : votre conjoint peut alors avoir l'impression que vous minimisez sa souffrance, et donc que vous ne le comprenez pas.

Et faites attention à ne pas le surprotéger : vous jouez un rôle essentiel auprès de lui, mais vous ne pouvez en aucun cas vous substituer à un médecin et devenir son thérapeute. Attention aussi à ne pas lui parler comme à un malade incapable de prendre des décisions.

Enfin, n'hésitez pas à le complimenter et à le féliciter de ses efforts. Encouragez ses initiatives.

L'aider à aller vers les autres

Rapprochez-le de ses centres d'intérêt habituels. Essayez de l'aider pour qu'il ne perde pas contact avec ses amis. Toutefois, il risque de se sentir en décalage par rapport à ceux qui s'amusent ou au plaisir qu'il éprouvait avant. Aidez-le en lui communiquant votre enthousiasme, sans pour autant lui imposer ces passe-temps.

Et mieux vaut choisir des distractions et des activités n'imposant pas un trop grand nombre de personnes.

Les 5 phrases à éviter à un dépressif !

  1. "C'est dans ta tête... Secoue-toi ! Tu t'écoutes trop" : ces paroles enferment le déprimé dans un sentiment de culpabilité et d'incompréhension de sa maladie.
  2. "Je ne comprends pas, tu as tout pour être heureux" : La plupart des dépressions surviennent sans que l'on retrouve une cause évidente. Dans son livre Tomber sept fois, se relever huit (éd. Albin Michel), Philippe Labro, homme de presse, écrivain et directeur de radio, montre bien que la "dépression peut tomber sur n'importe qui, même sur un homme au sommet de la réussite".
  3. "Si tu avais un cancer, je comprendrais..." : la dépression est une maladie, au même titre que toute autre pathologie physique.
  4. "Ceux qui disent qu'ils vont se suicider ne le font pas. Tu me fais du chantage" : les idées suicidaires sont à prendre très au sérieux. Elles sont un signe d'appel au secours.
  5. "Pars en voyage" : le dépaysement ne soigne pas. Il peut même accentuer la dépression, car la personne se sent perdue et décalée.

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