Cystites à répétition : comment s’en débarrasser ?

Une femme sur cinq souffre régulièrement de cystite. Comment la prévenir et la traiter efficacement pour éviter les récidives ? Le point dans cet article.

« La cystite, je connais ! », s’exclame Marie-Pierre, 32 ans. « Déjà jeune mariée, j’en souffrais, mais c’est surtout depuis que j’ai été enceinte de mon fils aîné : Pendant ma grossesse et après ; même chose pour ma fille. Depuis, j’en ai dès que je suis fatiguée. C’est vraiment pénible ! » Marie-Pierre a des cystites à répétition (50 % des cystites seraient récidivantes), un problème qui concernerait une femme sur cinq.

Cystite ou infection urinaire ?

Il existe des infections urinaires sans cystite et des cystites sans infection urinaire. En réalité, le terme de cystite désigne l’inflammation de la vessie ; or celle-ci peut être due à l’infection des urines par des bactéries ou à bien d’autres causes… On parle de véritable infection urinaire quand l’examen cytobactériologique comptabilise plus de 100 000 germes de la même famille par millilitre d’urine ; au-dessous, il s’agit plutôt d’une « souillure »

Toujours est-il que cette affection est extrêmement gênante et laisse à toutes les femmes qui en souffrent un souvenir douloureux. “Cuisant” même, puisque la cystite se manifeste d’abord par des brûlures en urinant, des envies urgentes et fréquentes d’aller aux toilettes pour quelques gouttes et des douleurs dans le bas-ventre.

L’origine des germes

En général, les germes responsables des infections urinaires proviennent du tube digestif et atteignent la vessie par l’intermédiaire des selles. En effet, le côlon abrite en permanence des colibacilles qui font partie de la fameuse flore intestinale et qui ne sont absolument pas agressifs ni pathogènes.

En revanche, s’ils franchissent la barrière intestinale et gagnent le méat urinaire (l’ouverture de l’urètre), ils remontent facilement jusqu’à la vessie, où ils prolifèrent et deviennent infectants.

Au passage, notons que c’est pour cette raison anatomique que les femmes sont beaucoup plus sujettes aux infections urinaires que les hommes : En effet, l’urètre de la femme – le canal qui relie la vessie à l’orifice externe (le méat) – est beaucoup plus court (4 cm contre 20 chez l’homme) et de ce fait la vessie est facilement contaminée par les microbes en provenance de l’intestin, de l’anus, du vagin ou de la vulve.

En temps normal, la vessie est capable de résister aux infections en luttant contre les germes qui l’assaillent. Mais il suffit que la femme présente au même moment un facteur favorisant pour que l’infection se déclare…

Les facteurs favorisants

Hygiène “douteuse”, fatigue, grossesse, activité sexuelle…

Autant de facteurs qui peuvent déclencher une infection urinaire. Les uns parce qu’ils per mettent aux germes normalement présents dans les organes voisins de migrer vers la vessie.

C’est le cas si l’on s’essuie d’arrière en avant après être allé aux toilettes, par exemple.

D’autres facteurs sont responsables parce qu’ils entretiennent la stase en gênant l’écoulement normal de l’urine (grossesse, malformations anatomiques de l’urètre, boissons en quantité insuffisante et mictions trop rares – quand on ne boit pas suffisamment, on va moins aux toilettes…); d’autres encore, parce qu’ils diminuent les défenses immunitaires (stress, diabète, régime déséquilibré, traitements médicamenteux…) et, par là même, autorisent la prolifération des germes.

De même, si une femme remarque des pertes blanches anormales, il convient de les faire traiter rapidement par son gynécologue.

Rendez-vous chez le médecin

Dès l’apparition des premiers symptômes, appelez votre médecin. Inutile d’attendre que “ça passe tout seul” : Les signes ne feraient qu’empirer… Pour vous soulager en attendant le médecin, il faut boire beaucoup (au moins deux litres d’eau) afin d’aller souvent aux toilettes et éliminer le maximum de germes, s’allonger avec une bouillotte sur le ventre et prendre un peu d’aspirine comme antalgique.

Il existe un test vendu en pharmacie à faire chez soi, qui permet de déceler dans les urines les indices de l’infection urinaire. S’il est positif, raison de plus pour consulter son médecin sans attendre afin qu’il confirme, ou non, la  suspicion d’infection.

En revanche, interdiction formelle de prendre n’importe quel médicament de votre propre chef, sous prétexte d’enrayer au plus vite ce que vous pensez être une infection.

Traiter sans attendre

Si c’est la première fois que vous avez une cystite et que vous n’avez ni fièvre, ni dou leurs lombaires, le médecin vous mettra d’emblée sous antibiotiques afin de vous soulager au plus vite.

Le traitement le plus long (de sept à dix jours) n’est plus guère employé dans les cystites isolées et “simples” ; on préfèrera un traitement sur trois jours, ou celui dit “minute”, qui consiste à prendre une dose unique d’agent antibactérien à élimination urinaire prolongée.

Ce traitement éclair a l’avantage d’être simple, bien toléré et peu coûteux ; je le prescris chaque fois que possible afin de soulager au plus vite mes patientes. S’il semble aussi efficace qu’un traitement longue durée, certains préfèrent confirmer la guérison en faisant pratiquer un E.C.B.U. (Examen cytobactériologique des urines) de contrôle.

Quand l’infection récidive

Réalisé en laboratoire, I’E.C.B.U. sera pratiqué systématiquement si l’on est en présence d’infections urinaires à répétition : Dans ce cas, cet examen est complété par un antibiogramme qui permettra au médecin de prescrire les antibiotiques adaptés aux germes ainsi identifiés. La durée du traitement est alors nécessairement plus longue, et ne doit pas être abrégée indûment par la patiente.

On parle d’infection urinaire récidivante lorsqu’une femme en souffre plus de quatre fois par an. Attention à ne pas confondre avec les rechutes qui, elles, se rencontrent lors d’épisodes infectieux, non ou mal soignés, notamment après une automédication – selon un sondage Sofres-Médical, près de 30 % des femmes soignent leur cystite sans l’avis d’un médecin.

En attendant les résultats de l’E.C.B.U., un interrogatoire détaillé permettra déjà d’orienter le diagnostic et de retrouver l’origine de l’infection. Ainsi, si l’on a affaire à des cystites post- rapports sexuels, on sait que, lors de la pénétration, l’urètre est largement ouvert : Il est donc plus aisé pour les bactéries présentes au niveau de la zone urétro-vulvaire de remonter dans la vessie.

Pour en venir à bout, on conseille de prendre de faibles doses d’antibiotiques sur environ six mois, avec une dose supplémentaire après chaque rapport sexuel.

Mais, parfois, une petite intervention chirurgicale est recommandée. De même, face à une femme qui souffre de diarrhée ou de constipation, le médecin pense aussitôt à une origine intestinale puisque – on l’a dit – les germes responsables des infections urinaires viennent souvent du tube digestif et contaminent la vessie par le biais des selles. Dans ce cas, il conviendra de soigner ces troubles intestinaux.

Autre cas possible : Une véritable maladie de l’appareil urinaire à l’origine de la cystite. C’est ainsi que, dans moins de 10 % des cas, on découvre un calcul, une malformation passée inaperçue jusque-là, un diverticule sous-urétral, ou même parfois, après 50 ans, un polype de la vessie.

C’est la recherche de ces causes qui justifie le recours à des examens spécifiques (urographie intraveineuse, cystographie, échographie, cystoscopie) ».

On interviendra alors chirurgicalement pour supprimer cette cause. Sans oublier les infections urinaires, dont l’origine reste non identifiée malgré tous les examens imaginables et toutes les précautions d’hygiène possibles.

Certaines femmes connaissent en effet des épisodes infectieux presque tous les mois qui, s’ils cèdent aux antibiotiques, n’en restent pas moins très inconfortables. Plutôt que de prendre des antibiotiques à chaque fois, elles peuvent essayer d’adopter la solution homéopathique qui agira à la fois sur le “terrain”, en traitement de fond, et lors des crises.

À suivre à la lettre…

Si vous êtes victime de cystites à répétition, voici des conseils d’hygiène.

Buvez beaucoup (entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour) pour éliminer. Et ne vous retenez pas si vous avez envie de faire pipi.

Faites votre toilette intime (ni trop peu, ni trop). Une fois par jour suffit, au savon (acide) et à l’eau.

Pensez à uriner après chaque rapport sexuel. Préférez les slips en coton et ne portez pas de jeans trop serrés, qui favorisent la macération et la prolifération des germes en tous genres.

Mettez-vous au régime protides (viandes, poissons) pour acidifier les urines : Les germes fuient les milieux trop acides ! N’hésitez donc pas à manger des aliments acidifiants comme les tomates, les agrumes, l’oseille, etc. En revanche, évitez les plats épicés, le vin blanc et le champagne.

Pensez aux cures thermale, Certaines stations sont particulièrement indiquées : Aulus-les-Bains, Capvern-les-Bains, Châtelguyon, Contrexéville, Eugénie-les-Bains, Evian-les-Bains, La Preste-les-Bains, Saint-Nectaire, Thonon-les-Bains, Vittel.

Leave a reply


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

ut dapibus eget felis mattis tempus mattis