Prothèse de la hanche : quelle opération, quels résultats ?

Vous devez vous faire poser une prothèse de hanche : ce qu’il faut savoir sur “l’avant” et “l ’après” opération.

operation prothese de la hancheArticulation primordiale, la hanche assure la jonction mobile entre le haut de la cuisse et le bassin. Une hanche malade de vient douloureuse et constitue un handicap pénible. Elle compromet la marche, réduit la mobilité. Elle gêne des gestes quotidiens aussi simples que lacer ses chaussures, se couper les ongles des orteils, prendre sa voiture ou faire sa toilette, parfois même aussi les rapports sexuels...

En cas de douleur et de gênes importantes, la pose d’une prothèse totale de hanche est proposée. Les surfaces articulaires usées sont alors remplacées par des éléments artificiels (en métal, polyéthylène, céramique). Cet acte chirurgical apporte généralement au patient un confort spectaculaire, la prothèse totale redonnant une hanche tout à fait fonctionnelle et indolore.

Pourquoi la hanche peut- elle être défectueuse ?

Hormis l’âge avancé, plusieurs causes sont à l’origine de l’usure de la hanche.

Une luxation congénitale mal soignée peut donner lieu à une hanche imparfaite. L’usure pré maturée de cette dernière peut occasionner une gêne chez des patients parfois très jeunes (25- 30 ans).

Une hanche trop sollicitée peut également souffrir, comme c’est parfois le cas chez les grands sportifs. Sans oublier les causes accidentelles, et en particulier les accidents de la route1 également responsables de traumatismes de la hanche qui seront résolus par la pose d’une prothèse.

Enfin, l’os peut se nécroser et perdre sa vitalité en cas d’alcoolisme, d’usage excessif de corticoïdes, etc.

La hanche devient douloureuse, il apparaît une gêne : Les premiers soins consistent en un traitement médicamenteux palliatif de la douleur. S’il se révèle insuffisant, la mise en place d’une prothèse totale de hanche pourra être programmée.

Comment se passe l’opération ?

L’opération, d’une durée comprise entre 1 h 30 et 4 heures, s’effectue sous anesthésie généra le ou éventuellement sous péridurale. D’une part, la tête du fémur est remplacée par une pièce métallique. D’autre part, une “cupule” synthétique est mise en place dans la cavité où vient se glisser la tête fémorale.

L’articulation artificielle est en général fixée sur le squelette récepteur à l’aide d’un “ciment”.

Mais cet usage n’est pas obligatoire. Chez un sujet jeune, il peut être décidé de se passer localement de ciment. L’hospitalisation dure de dix à vingt jours.

Deux méthodes possibles

L’opération de la hanche permet aux personnes âgées de retrouver une vie normale.

Pour implanter la prothèse, le chirurgien peut mettre en œuvre des techniques différentes. Autrement dit, plusieurs spécialistes consultés pourront vous proposer des méthodes différentes.

Elles ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients, et peuvent être regroupées en deux grandes catégories :

  • La méthode d’implantation “à travers” l’os de la cuisse (méthode de Charlney-Postel) : Cette méthode ancienne a l’inconvénient de retarder l’appui sur le membre opéré pendant 4 à 6 semaines après l’opération. On peut cependant se déplacer quelques jours après l’intervention à l’aide de béquilles. Mais cette technique a l’avantage d’enregistrer les succès les plus prolongés : Des prothèses posées il y a plus de 25 ans sont encore parfaitement satisfaisantes !
  • D’autres techniques réalisent l’implantation en relevant ou en coupant certains muscles qui seront ensuite réparés. L’appui sur la hanche opérée est possible dans les quelques jours suivant l’intervention, dès qu’elle n’est plus douloureuse. Néanmoins, cette méthode est trop récente pour savoir si, à long terme, elle est aussi performante que celle de Charlney-Postel.

Faut-il faire de la rééducation ?

Les suites opératoires sont peu douloureuses. Une rééducation spécifique n’est généralement pas indispensable après la mise en place d’une prothèse totale.

La hanche étant une articulation extrêmement sollicitée, les patients autrefois handicapés sont heureux de retrouver une mobilité et de la mettre à profit. Des séances de kinésithérapie rééducative peuvent se justifier si le patient est âgé ou si le handicap fonctionnel lié à la hanche défectueuse était majeur ou ancien.

Quelle est la durée d’arrêt de travail ?

Dans la majorité des cas, les prothèses de hanche sont posées sur des patients à la retraite. Les personnes en activité bénéficient quant à elles d’un arrêt de travail de deux mois environ, modulable selon la vitesse de récupération du patient et de son activité professionnelle.

Des visites de contrôle régulières

Les points de suture sont retirés quinze jours à trois semaines après l’intervention, laissant une cicatrice d’environ 15 à 20 cm en haut de la cuisse. Un calendrier régulier de visite est établi : six semaines, trois mois, six mois et un an après l’intervention, par exemple, suivi d’un contrôle tous les ans ou tous les deux ans. Lors de ces visites, une radio de contrôle est effectuée pour déceler un éventuel pré descellement.

Des mouvements à éviter

Pour éviter une luxation (voir plus loin), certains mouvements sont à proscrire. Il faut éviter de soumettre la hanche à des mouvements de flexion excessifs : Ne pas trop fléchir la hanche, ne pas croiser les genoux.

Au lendemain de l’opération et pendant les deux mois suivants, le patient s’habitue à vivre avec sa prothèse de hanche et perçoit souvent de lui-même les gestes autorisés. Mai, avec le temps, si la pose de la prothèse est un succès, celle-ci se fait tellement discrète qu’il devient facile d’oublier les recommandations premières.

Conseils pratiques pour les premières semaines

  • Pour faciliter la marche en attendant la récupération de la force musculaire (pendant 2 à 3 mois), vous pouvez vous aider d’une canne, portée par la main opposée à la hanche opérée.
  • Attention aux escaliers : Au besoin, faites-vous installer un lit au rez-de-chaussée si vous habitez une maison avec des étages.
  • Utilisez, si possible, un rehausseur de toilettes.
  • Évitez de conduire pendant les semaines qui suivent l’intervention.

Peut-on faire du sport ?

L’exercice physique est autorisé, sous réserve de choisir un sport adapté, c’est-à-dire à moindre impact (natation, cyclisme ou marche). Evitez tous les sports de contact, de combat, les sports violents et ceux à forte contrainte articulaire (jogging, ski, tennis...).

Attention aux complications

Pour prévenir les risques de phlébite, un traitement anticoagulant est mis en œuvre pendant au moins un mois. Une attention particulière est portée à l’aspect de la plaie et à la température corporelle pour détecter une éventuelle complication infectieuse. Une fois rentré chez lui, le patient ne doit pas hésiter à contacter son chirurgien au moindre doute. En cas d’infection, il peut être nécessaire de réopérer et de nettoyer la plaie. Simultanément, une anti biothérapie est prescrite. La pro thèse peut aussi être remplacée.

Si la prothèse se déboîte

C’est la luxation. Elle n’est pas douloureuse mais l’articulation ne répond plus. A l’occasion de mouvements trop amples, la tête de la prothèse sort de sa cavité réceptrice. La remise en place de l’articulation doit être réalisée le plus rapidement possible sous anesthésie et sous contrôle radiographique. Si la luxation est trop fréquente, il devient nécessaire de réopérer.

Les inconvénients possibles

Le but du chirurgien, en posant une prothèse totale de hanche, est de redonner à son patient une hanche “jeune”. Pourtant, dans certains cas, de petites imperfections de la prothèse peuvent amoindrir le degré de satisfaction du patient. Par exemple, une légère raideur liée à des ossifications ou une petite inégalité de longueur entre les deux jambes.

Une telle inégalité est d’ailleurs parfois déjà présente chez certaines personnes qui ne le savent pas mais ne compromet pas pour autant la stabilité de la hanche. Ces inconvénients ne remettent normalement pas en cause le succès de l’opération, car la hanche a retrouvé la fonctionnalité qui lui faisait défaut.

Devra-t-on changer de prothèse ?

La survie de la prothèse dépend de la qualité du geste technique lors de l’implantation, mais sur tout de facteurs difficilement contrôlables liés au patient et à la réponse de l’organisme à la prothèse. Le médecin peut être amené à la changer jusqu’à six à sept fois, sachant que les implantations secondaires sont généralement plus délicates que la première.

La prothèse de hanche idéale est une prothèse qui se fait oublier, tant elle remplit naturelle ment sa fonction, si possible supportée confortablement toute sa vie. Ainsi, la mise en place d’une prothèse totale de hanche est parfaitement réussie lorsqu’elle assure une bonne fonction articulaire sur plus de dix ans, vingt ans, voire plus d’un quart de siècle, sans avoir recours à de nouvelles interventions.

En cas de douleurs, consultez rapidement

Deux causes majeures peuvent être responsables de douleurs : l’infection ou le descellement de la prothèse.

Les infections différées peuvent survenir plusieurs années après la mise en place de la prothèse, par ailleurs tout à fait satisfaisante. Elles sont liées aux germes dits opportunistes.

Ces germes, naturellement présents dans l’organisme, sont susceptibles, dans certaines conditions (par exemple chez un patient déprimé ou immunodéprimé), de devenir pathogènes et de provoquer une infection au niveau de la prothèse. Or, un simple brossage de dents, par exemple, libère un million de germes dans le sang.

Le descellement de la prothèse est une autre cause de douleurs.

Progressivement, la prothèse adhère de moins en moins bien sur le squelette, elle joue à l’intérieur de l’os, d’où une douleur et une boiterie.

Pour éviter ce descellement, qui réduit le capital osseux, les activités génératrices d’impacts sont déconseillées aux patients.

Qu’est-ce qu’une hémi-prothèse?

Chez une personne âgée, la mise en place d’une hémi-prothèse après une fracture du col du fémur est une procédure d’urgence. Au lieu de remplacer la totalité de l’articulation, le chirurgien met en place une hémi-prothèse ne remplaçant que le versant fémoral.

Le but de cette intervention est de faire remarcher le plus vite possible un patient âgé.

L’opération est rapide et les suites opératoires peu douloureuses.

À retenir

Pour limiter le risque d’infection, prenez des précautions : Effectuez les soins dentaires avant l’intervention, pour éviter à l’articulation artificielle d’être “ensemencée” à partir d’un foyer infectieux dentaire résiduel.

Après l’intervention, méfiez- vous des infections (angines, infections urinaires...)

Une semaine de couverture antibiotique s’impose pour limiter ces risques.

À lire aussi : Opération de la cataracte

6 réactions à Prothèse de la hanche : quelle opération, quels résultats ?

  • Mon père, âgé de 62 ans, va avoir une prothèse de la hanche. Faudra-t-il la changer un jour ou bien est-elle définitive ?

    • En principe, une prothèse n’est pas définitive. Même s’il en existe plusieurs types, dont la qualité est variable (matériaux différents), l’usure d’une prothèse est relativement lente.
      Sa durée de vie moyenne est d’environ 16 ans. Différents facteurs d’usure interviennent complications éventuelles, traumatismes, surpoids. Il faut donc faire des contrôles médicaux (en particulier radiographiques) réguliers pour évaluer le degré d’usure d’une prothèse.

  • Bonsoir, ma mère a subi une chirurgie avec prothèse dans les 2 hanches mais celle de droite pas si bien réussie que l’autre. Elle a bientôt 93 ans, elle a mal et commence à avoir du mal à se déplacer, faiblement avec une canne et avec 3 gr de daffalgan par jour. Qu’en pensez vous ? opération faite en 1992- merci de votre sentiment…

  • J’ai mis une prothèse de hanche le 17 octobre 2019, sortie de la clinique 2 jours après , marcher et monter escalier sans problème, conduit ma voiture 5 jours après , aucune douleur, refait de la marche 3 jours après (avec mon chien) aucun traitement ni de kiné ,
    Refait la deuxième hanche le 9 janvier 2020, idem sortie 2 jours après soit le 11 janvier ( tout récent) ce jour 12 janvier tout va bien je marche toutes les heures 10 mn dans la maison ( je précise comme la première sans rien ni canne ou déambulatoire)
    Que du bonheur ,

  • Opéré le 18 juin, ce 01 juillet, j’ai toujours des grosses douleurs surtout au niveau de l’aine sur inducteur. De plus, petit « cloc-cloc » dans la hanche, dès les premières marches sur le plat avec béquilles ? Est-ce normal, qu’y aurait-il à faire ?

  • Est ce que la présence de becs de perroquets provoquant une forte douleur ainsi que la déformation de la tête de fémur peut nécessiter une intervention chirurgicale ? Je viens d’avoir 18 ans… merci

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