Fibrome : que faire ?

Souffrir d'un fibrome est un problème banal que beaucoup de femmes connaissent ou connaîtront un jour. Pourtant, on s'inquiète toujours. Rassurez-vous, un fibrome est généralement bénin. Pour vous aider à y voir plus clair, voici les réponses que vous vous posez !

Consultation Pour Un Fibrome

Fibrome : qu’est-ce que c’est ?

Cette pathologie, essentiellement féminine, est une tumeur bénigne de l'utérus, ou plus précisément développée aux dépens du muscle lisse utérin et du tissu conjonctif utérin. Cette protubérance, qu'on appelle également myome, tumeur musculaire ou fibromyome, est constituée essentiellement de fibres musculaires ou de tissus fibreux et musculaires.

Il faut savoir qu'on peut présenter un ou plusieurs fibromes et de différents types qui se sont développés simultanément.

Peut-il être cancéreux ?

Un fibrome n'est jamais cancéreux. D'ailleurs, on le nomme tumeur bénigne (non maligne), donc une pathologie simple ne justifiant aucune inquiétude particulière. En réalité, un fibrome est une hypertrophie du tissu conjonctif et musculaire, lequel ne présente jamais d'anomalie au niveau cellulaire.

Mais, fait rarissime, un fibrome qui se complique peut cacher un sarcome ou fibrosarcome, qui est une tumeur maligne exceptionnelle. Aussi est-il systématique, après chaque intervention, d'effectuer une analyse histologique du fragment d'organe enlevé.

Connaît-on les causes ?

Les connaissances actuelles ne permettent pas d'expliquer scientifiquement le déclenchement d'un fibrome. Par contre, des études mettent en évidence certaines caractéristiques. Ainsi, on a remarqué que les fibromes surviennent essentiellement chez la femme entre 35 et 50 ans. Son apparition n'est jamais liée à l'hérédité mais peut être favorisée par un problème de déséquilibre hormonal, principalement par un excès d'œstrogènes. C'est pourquoi, lorsqu'une femme présente un fibrome avant une grossesse, il est fréquent de voir celui-ci grossir simultanément à la progression de cette dernière. De même, tout traitement hormonal peut provoquer son accroissement. Par contre, la diminution de la sécrétion d'œstrogènes après la ménopause entraîne son atrophie.

D'autre part, on pense que le tissu conjonctif joue un rôle important. Ainsi, les femmes de peau noire au tissu conjonctif différent sont davantage prédisposées à faire des fibromes. Et cela de plus en plus tôt, dès l'âge de 20 ans !

Un phénomène qui trouve une explication plausible, car on sait pertinemment qu'une femme de couleur "fait" souvent des cicatrices chéloïdes, en raison de la structure différente du tissu conjonctif.

À quel âge survient-il ?

Le fibrome atteint rarement les femmes de peau blanche de moins de 30 ans, Il apparaît surtout entre 35 et 50 ans, période où l'on observe le plus souvent des déséquilibres hormonaux.

En existe-t-il plusieurs types ?

Un fibrome se présente toujours sous l'apparence d'un tissu fibreux et musculaire. Sa forme et sa structure ne changent pas. Seule la taille varie. La plus petite ressemble à un petit pois, la plus grosse peut atteindre la taille d'un pamplemousse. Mais ce qui différencie un fibrome d'un autre est l'emplacement : il peut se développer sur le col, l'isthme ou le corps de l'utérus. Par ailleurs, on classifie les fibromes en trois types différents selon le siège par rapport aux composantes anatomiques de l'utérus :

  • Le fibrome sous-séreux est situé vers l'extérieur dans la paroi utérine. Le "pied" (pédicule), qui relie le fibrome au muscle de l'utérus, est de largeur et de longueur variables.
  • Le fibrome interstitiel est inclus dans le sein du muscle utérin.
  • Le fibrome sous-muqueux affleure la cavité utérine. C'est le moins bien toléré,

Quels sont les symptômes révélateurs ?

Généralement, lorsqu'il est petit, un fibrome ne provoque ni signe ni douleurs. Il est même souvent si bien toléré qu'il reste ignoré et c'est généralement une échographie qui le désigne.

Lorsqu'il grossit et déforme la paroi utérine, il se manifeste en premier lieu par des règles hémorragiques avec un flux abondant, particulièrement long (7 à 9 jours) avec des caillots. On observe aussi des saignements entre les règles.

Ces caractéristiques touchent principalement les fibromes sous-muqueux, entraînant une inflammation de la muqueuse et augmentant sa surface. Un fibrome peut aussi provoquer une pesanteur abdominale ou de petites douleurs identiques à une crampe bien localisée.

Y a-t-il des risques de complications ?

Si beaucoup de fibromes sont parfaitement tolérés, d'autres peuvent entraîner des complications. Ainsi, lorsqu'il provoque des hémorragies menstruelles abondantes ou prolongées, on enregistre souvent un état d'anémie avec asthénie. Certains gros fibromes peuvent comprimer les organes avoisinants.

Pression sur la vessie avec envie fréquente d'uriner, mais aussi compression des voies urinaires impliquant des douleurs vives. Pression rectale qui se traduit par une constipation lorsque le fibrome est placé près de l'intestin. Il peut aussi entretenir un "climat" inflammatoire permanent à l'intérieur de l'utérus.

Très rarement, on peut observer une torsion (le fibrome pédiculé "se tord sur son pied") ou une nécrobiose, inflammation du fibrome qui entraîne une vive douleur dans le petit bassin associée à des saignements et quelquefois à de la fièvre.

Un fibrome qui déforme la cavité-utérine peut aussi entraîner un avortement spontané ou une stérilité soit en empêchant la nidation de l'œuf fécondé, soit en bouchant l'entrée des trompes.

Comment le diagnostique-t-on ?

Le diagnostic se fait tout d'abord par un examen clinique, où il peut être repéré par un praticien qui connaît bien sa patiente, car l'utérus augmente de volume.

Cependant, un petit fibrome peut passer inaperçu, notamment lorsqu'il est sous-muqueux. Néanmoins, lorsque des troubles, des règles ou d'autres symptômes se présentent, un médecin ne peut pas négliger l'éventualité d'un fibrome et confirmera ou infirmera son diagnostic par des examens plu poussés.

Quels sont ces examens ?

Fibrome Shéma
© Les Echos

L'échographie pelvienne peut mettre en évidence les fibromes, les situer exactement, préciser leur aspect, leur taille et leur structure. Cet examen classique, non douloureux, consiste à étudier les de l'utérus, les déformations et les maladies qui peuvent en modifier l'aspect, et de précieux renseignements sur l'état des trompes et des adhérences éventuelles. Elle peut être complétée par une hystéroscopie.

Autre examen fondamental, l'hystérographie - juste désagréable lorsqu'elle est bien faite et durant à peine vingt minutes : on injecte un liquide opaque à l'intérieur de l'utérus afin de le voir sur les radios. C'est un examen clé qui donne très exactement les contours internes fibrome.

Où en sont les traitements ?

Un petit fibrome qui ne pose pas de problème ne nécessite pas de traitement, seulement un suivi avec examen clinique et échographie pour le surveiller.

Les fibromes ne posent plus de problème après la ménopause : ils n'évoluent plus et ne provoquent pas de saignement. Lorsque le fibrome est un peu plus important, il ne faut pas forcément passer par la chirurgie ; on essaie d'abord de le traiter avec des comprimés de progestérone donnés en seconde phase du cycle (du 16e au 25e jour) ou pendant tout le Cycle (du 5e au 25e jour), si l'on souhaite de plus un effet contraceptif. Ce traitement n'a pas pour objet de supprimer le fibrome mais de faire cesser les hémorragies et les douleurs qui accompagnent les règles. Bien sûr, il est suivi d'échographies de contrôle.

En cas de fibrome préoccupant, il faudra, s'il y a lieu, retirer le stérilet et c'est le traitement à la progestérone qui servira de contraception. Plus délicat à traiter quand la femme suit déjà un traitement préventif pour les troubles de la ménopause à base d'hormones œstrogènes et progestérone, car celui-ci s'oppose au "dessèchement" du fibrome, il est même sensé le faire grossir !

Autre traitement, les analogues du L.H.R.H. Il s'agit d'hormones bloquant le fonctionnement ovarien qui, lorsqu'elles sont prescrites en permanence, provoquent une ménopause artificielle (réversible dès l'arrêt du traitement). Ainsi, la sécrétion d'œstrogènes est arrêtée et ne "nourrit" plus le fibrome qui en a besoin pour vivre.

Les résultats démontrent une efficacité au niveau du fibrome qui diminue en même temps que les signes d’accompagnement, mais ne les supprime pas. Par contre, tous les effets secondaires de la ménopause sont ressentis. Ce traitement n’est pas encore parfait, car certains fibromes récidivent dans les mois qui suivent d’autres part, ces hormones ne sont pas anodines puisqu'elles agissent directement sur l'hypophyse et nous manquons de recul sur les conséquences éventuelles.

Si le fibrome se met à évoluer en grossissant, qui il est volumineux (plus de 6 cm) et risque d'entraîner des lésions voisines, ou si le traitement ne supprime pas les problèmes d'hémorragies et de douleurs, on envisage la chirurgie.

Et les techniques d'intervention ?

Différents facteurs interviennent pour le choix de la technique opératoire : l'âge de la femme, son désir ou non de grossesse, l'emplacement du fibrome.

Parmi les techniques :

  • La-myomectomie : une intervention légère par les voies naturelles où l'on "cueille" le fibrome sur l'utérus, en laissant celui-ci en place, à condition qu'il soit isolé et bien placé. Concerne les fibromes sous-muqueux et surtout chez les femmes qui souhaitent des enfants.
  • L'hystérectomie : autre intervention par les voies naturelles lorsque l'utérus n'est pas trop gros. Elle est habituellement totale ablation de l'utérus et des trompes - et plus ou moins conservatrice en préservant les ovaires, selon l'âge.
  • La polymectomie : chirurgie à "ventre ouvert" pour les gros fibromes "enchâssés" dans la paroi musculaire où l'on retire l'utérus, le col - et plus ou moins conservatrice des ovaires suivant l'âge et l'état des organes. L'incision est généralement horizontale, au ras des poils pubiens. Concerne davantage les femmes de plus de 45 ans qui ont déjà des enfants ou qui n'en souhaitent pas.
  • La polymyomectomie : quand il y a plusieurs fibromes. Cette intervention qui conserve l'utérus convient mieux aux femmes jeunes souhaitant des enfants.

A retenir sur le fibrome

  • On ne traite un fibrome QUE s’il entraîne des signes cliniques (saignements entre les règles, douleurs abdominales, etc.).
  • Votre gynécologue peut envisager de changer votre type de contraception.
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