Hernie hiatale : les traitements efficaces

Reflux, brûlures, signes cardiaques, toux. Médicaments et interventions permettent de soigner la hernie hiatale. L‘œsophage véhicule les aliments. L’estomac les reçoit pour les digérer.

Entre eux, une valve officie pour empêcher les aliments de remonter. C’est sa défaillance qui caractérise la hernie hiatale avec reflux : brûlures ou aigreurs se font sentir le long de l’œsophage, surtout quand on est allongé ou penché en avant. En dormant, des régurgitations alimentaires peuvent survenir et faire tousser. Des bronchites à répétition, “crises d’asthme”, hoquets, nausées peuvent également être liés au reflux.

Si la hernie est volumineuse, on constate même des signes cardiaques (palpitations ou troubles du rythme) ou une fragilité O.R.L (pharyngite, angine, laryngite, otite).

Des examens au choix

L’endoscopie, permet de voir l’intérieur de l’œsophage, de l’estomac, et les éventuelles lésions inflammatoires (œsophagite, ulcération ou hémorragie), provoquées par les reflux acides. Le transit oeso-gastroduodénal (TOGD), détermine le volume, la forme et la position de la hernie hiatale.

Il s’agit de clichés radiographiques au cours desquels le radiologue exerce, parfois, une pression sur le ventre pout provoquer le reflux.

La manométrie, mesure les pressions à l’intérieur de l’œsophage et de l’estomac, pour détecter un éventuel problème de mobilité œsophagienne.

La pH-métrie, quantifie l’acidité œsophagienne et évalue l’importance du reflux. L’examen dure de 18 à 24 heures dans sa version longue, ou seulement 3 heures, après un repas-test, chez le patient assis, debout et couché.

Qui suit un régime ?

Pour les hernies sans complication, un traitement médical est associé à des règles diététiques et d’hygiène. Il est préférable de se passer d’épices, chocolat café, graisses, alcool, tabac et boissons gazeuses, qui sont nocifs pour la muqueuse œsophagienne.

Toute pression sur l’estomac, aggravant le reflux, doit être évitée. Exit ceintures et corsets; les excès d’embonpoint sont surveillés ; on ne fait plus d’effort ni de sport violent.

Il est aussi recommandé de manger à heures fixes :

Trois repas quotidiens, en petites quantités, vont réguler les sécrétions acides et faciliter la digestion.

Freiner l’acidité

Des médicaments, les « anti-sécrétoires », freinent la production de suc gastrique et le rendent moins corrosif pour l’œsophage. Le reflux continue mais le patient ne le sent plus.

Il existe deux familles : les IPP, “inhibiteurs de la pompe à protons” (ornéprazole, lansoprazole) et les “anti-H2” (cimétidine, ranitidine, famotidine). Leur action est rapide et notoire sur les brûlures.

Pour être efficace, le traitement doit être rigoureusement suivi pendant huit semaines. Les risques de rechute a posteriori ne sont cependant pas exclus.

Une méthode opératoire performante

On ne pratique l’intervention qu’en cas d’échec du traitement médical.

Plusieurs techniques ont cours, dont l’opération de Nissen (plus de 95 % de réussite sans récidive).

On enveloppe le bas de l’œsophage au moyen d’un manchon, réalisé avec la partie haute de l’estomac. Une soupape est recréée et autorise à nouveau le passage, à sens unique, des aliments.

« C’est une intervention très intelligente dans son principe, presque toujours efficace et qui change la vie des gens », rassure le professeur Renaud Courey.

« L’inconvénient, après l’opération, est une certaine difficulté à avaler (dysphagie). On observe aussi un phénomène de flatulences. Mais ces troubles disparaissent en quelques semaines. » Si la dysphagie est, au contraire, due à une valve trop serrée, il suffit de la relâcher par simple dilatation endoscopique.

Une hospitalisation réduite

L’opération “classique” implique une ouverture. Soit abdominale, du nombril jusqu’au sternum, soit thoracique. Elle dure environ une heure et l’hospitalisation, une semaine.

Pour une cœlioscopie, le chirurgien pratique cinq incisions, de 5 à 10 millimètres, par lesquelles il introduit de longs instruments, dont un muni de fibres optiques.

« La cœlioscopie est une petite révolution. Elle permet une grande précision, limite les risques d’infection et surtout, le patient est chez lui en moins de trois jours », souligne le Pr Courey. Au lendemain de son opération, le malade constate qu’il n’a plus de brûlures et peut s’alimenter presque normalement, dès le surlendemain. En outre, il n’est astreint à aucun régime, une fois passée la période de convalescence.

Chez les bébés

Pour lutter contre le reflux, le pédiatre prescrira :

  • Un couchage en orthostatisme ventral, sur un plan incliné à 300 minimum.
  • L’épaississement des biberons par des laits anti-reflux pré-épaissis.
  • Des pansements gastriques à prendre avant et après chaque repas afin de protéger la muqueuse œsophagienne.
  • Des modificateurs du comportement gastrique favorisant l’évacuation du contenu de l’estomac.

Si le traitement ne donne pas de résultat, une intervention chirurgicale sera nécessaire.

Deux hernies communes

La plus virulente est la hernie “par glissement”.

La partie inférieure de l’œsophage (œsophage abdominal) s’ouvre dans l’estomac par le cardia. En amont, le sphincter inférieur de l’œsophage, joue un rôle déterminant : II agit comme une valve anti-reflux, empêchant les aliments ; de remonter. Quand il y a glissement, le cardia glisse au-dessus du diaphragme, l’œsophage abdominal disparaît et la valve devient inefficace.

Dans la hernie “par roulement”, une poche de l’estomac glisse au-dessus du diaphragme. Mais Le cardia conserve sa place, évitant le reflux. En revanche, la poche gastrique, à présent logée entre cœur et poumons, peut entrainer des palpitations cardiaques ou une gêne respiratoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. - * Champs obligatoires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

mi, eget sit efficitur. quis, Donec mattis dapibus ipsum