Sinusite : comment la traiter ?

Douleur vive, pulsatile ou lancinante, attention ! c'est peut-être une sinusite. Il ne faut surtout pas la laisser traîner.

homme atteint sinusite

Si c’est une sinusite aiguë

La muqueuse qui tapisse l'intérieur des sinus est inflammée ! Ces sinus sont des cavités situées dans les os du crâne, des cavités cependant pas totalement closes. Elles sont en effet ouvertes vers l'extérieur par un ou deux conduits qui débouchent, pour presque tous les sinus, dans les fosses nasales. Quand survient une inflammation, ces conduits peu- vent se boucher le sinus devient alors une cavité fermée à l'intérieur de laquelle une pression élevée provoque localement une forte douleur. En général, il suffit que le conduit se débouche pour que la pression s'équilibre et que la douleur cède.

La douleur surtout, la fièvre parfois

Cette douleur change de localisation en fonction du sinus touché. Des maux de tête et des douleurs orbitaires évoquent plus volontiers une sinusite frontale, parfois une sinusite ethmoïdale.

Des douleurs dentaires, dans la joue ou encore dans l'orbite, peuvent correspondre à une sinusite maxillaire.

Des maux de tête peuvent être liés à une sinusite sphénoïdale. Elle est beaucoup plus rare, mais risque d'être la cause de complications sévères. Mais, en plus de la douleur, d'autres signes liés à une inflammation ou à une infection O.R.L. sont évocateurs d'une sinusite : une fièvre, une fatigue, une rhinite, c'est-à-dire un nez bouché, s'accompagnant d'un écoulement souvent sale. D'autres fois, une otite séreuse peut se manifester. La trompe d'Eustache, qui est un fin canal reliant la fosse nasale à l'oreille moyenne, s'est obstruée en raison de l'inflammation. Les sécrétions naturelles de l'oreille moyenne ne peuvent alors plus se vider, provoquant une otite séreuse.

Au cours de l'examen clinique, le médecin se sert d'un petit spéculum pour observer l'état des fosses nasales. Des radiographies sont quelquefois prescrites.

Le spécialiste peut aussi se servir d'un fibroscope pour visualiser l'intérieur du sinus maxillaire douloureux.

Une fine sonde, munie en son bout d'une mini-caméra et d'un système d'éclairage, est introduite dans la fosse nasale, puis dans un méat (petite ouverture naturelle) pour arriver jusque dans le sinus.

Infection et allergie souvent associées

En fonction de tous ces symptômes (de leurs caractéristiques, de leur ancienneté) et de l'examen clinique du médecin, différentes causes peuvent être évoquées. A cette saison, les sinusites infectieuses sont les plus fréquentes. Elles sont généralement bactériennes (staphylocoque, entérocoque, streptocoque...) ou virales. Elles peuvent être aussi d'origine allergique. Bien souvent, elles associent à la fois un problème infectieux et allergique.

Traitement d'attaque

Le médecin prescrit en général des anti-inflammatoires et des antibiotiques (environ douze jours). Beaucoup de praticiens donnent aussi systématiquement un anti-allergique durant quinze à trente jours.

Des traitements locaux sont également ajoutés, avec par exemple des gouttes nasales, des lavages de nez, des aérosols ou des inhalations à base de soufre (elles sont efficaces, mais ont l'inconvénient d'être malodorantes). Dans les sinusites infectieuses importantes, le traitement antibiotique est couplé à de la cortisone donnée durant cinq à huit jours.

Si à la fin de ce traitement, le résultat s'avère insuffisant, des examens complémentaires peuvent être indiqués : un prélèvement local de sécrétions provenant du sinus pour analyser en laboratoire le germe en cause, une prise de sang, des radiographies ou un scanner. En fonction des résultats de ces explorations, différentes solutions existent. Un traitement médicamenteux "plus fort" est prescrit (antibiotique + cortisone + anti-allergique). En raison de la meilleure efficacité des médicaments, le drainage des sinus infectés est aujourd'hui une opération moins souvent pratiquée.

Les complications quand elle est mal soignée

  • Une trachéite ou une bronchite sont les complications infectieuses relativement fréquentes. Certaines sécrétions provenant des sinus gagnent les fosses nasales pour s'écouler vers l'arrière dans la trachée et les bronches.
  • Une sinusite chronique peut être aussi le résultat d'une sinusite aiguë négligée.

À haut risque !

Un mal de tête quasi permanent, profond, localisé derrière un Œil, peut être le signe d'une sinusite sphénoïdale. Si, en plus, il existe un écoulement postérieur dans la gorge, il est justifié d'effectuer un scanner,

Si le diagnostic est confirmé par cet examen, un traitement aux antibiotiques est indispensable au risque de complications parfois graves : baisse d'acuité visuelle, paralysie d'un muscle oculaire, méningite.

Si c'est une sinusite chronique

La douleur sinusienne est plus ou moins persistante. Des sinusites se manifestent aussi de façon récurrente, tous les deux à trois mois. Le processus inflammatoire est auto-entretenu et la muqueuse reste œdématiée. En cas de sinusite chronique, la muqueuse se trouve endommagée. Les cils vibratiles, normalement présents à la surface de cette muqueuse, disparaissent. Ces cils vibratiles ne peuvent plus expulser mucus sécrété par la muqueuse. Cette accumulation de sécrétions favorise la présence d'agents allergènes et la prolifération bactérienne.

A ce phénomène s'ajoute une obstruction quasi permanente du nez et des conduits qui communiquent dans les sinus.

Résultat : A l'intérieur des sinus, l'air reste confiné, ne se renouvelle pas, ce qui favorise aussi la prolifération bactérienne. Une des premières solutions consiste à prendre des médicaments pour désobstruer le nez et restaurer une bonne circulation de l'air dans les fosses na- sales et les sinus.

D'autres médicaments sont indiqués, ils sont choisis par le médecin en fonction de la cause spécifique de la sinusite.

Bénéfices des vitamines et oligo-éléments

La sinusite chronique se complique souvent de problèmes allergiques. D'après certains docteurs, ce phénomène, qui s'observe de plus en plus, serait en grande partie lié à la pollution atmosphérique des villes. Il peut s'agir d'une prédisposition, autrement dit la constitution d'un terrain allergique. Les facteurs déclenchants sont les allergènes classiques : des acariens, les pollens au printemps, etc. Des températures basses de l'air extérieur risquent également de déclencher des réactions de type allergique.

Plusieurs solutions peuvent être proposées. Des antibiotiques en cas d'infection chronique. Et encore des antiinflammatoires. Il faut également favoriser une meilleure réaction de défense de l'organisme contre les agents infectieux, grâce à des sortes de "micro-vaccins" qui sont des immunomodulateurs actifs.

Des médecins ajoutent encore, durant deux à trois mois, des vitamines et des oligo-éléments comprenant de la vitamine C, du cuivre et de d'argent.

Risque de polypose

Une sinusite chronique allergique se complique souvent d'une polypose naso-sinusienne (polypes qui se développent à partir de la muqueuse du sinus ou des fosses nasales).

En plus d'un examen clinique O.R.L., voire d'une exploration fibroscopique à l'intérieur du sinus, il est parfois demandé un bilan allergique et un scanner.

Le praticien prescrit généralement de la cortisone, durant cinq jours minimums, un anti-allergique, des oligo-éléments et des vitamines pendant environ deux mois, et, bien sûr, un traitement local.

Une désensibilisation à effectuer chez un allergologue peut être également indiquée.

Quand se faire opérer ?

L'intervention n'est jamais proposée en première intention. Elle est justifiée si un ou plusieurs polypes sinusiens ne régressent pas sous médicaments, ou s'ils récidivent. L'échec des médicaments conduit à effectuer un scanner dans l'éventualité d'une opération, qui se fait sous anesthésie générale. Certains OR.L. utilisent le laser pour détruire les polypes. Une sonde, munie en son extrémité d'une source de rayonnement laser, est introduite dans le sinus maxillaire par la fosse nasale.

Généralement le patient est opéré le matin et peut ressortir le soir-même„ Malheureusement, même après une opération (par laser ou non), les polypes récidivent dans 60 à 70 % des cas.

Les traitements des sinusites chroniques pouvant s'avérer décevants, il est important de s'adresser à un médecin d'expérience,

Il proposera des thérapeutiques au cas par cas. C'est encore parfois l’association de plusieurs traitements (médicaments + oligo-éléments + thermalisme, par exemple) qui apportera la meilleure solution.

>> La trachéite c’est quoi ?

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