Coup du lapin : attention aux lendemains !

Si vous avez subi un choc en voiture, méfiez-vous du “coup du lapin”. Il peut être responsable de douleurs différées dans le temps. Le point sur ce traumatisme.

coup du lapin mal au coupAlors que, cet été, plus de 40 millions d’automobilistes ont empruntés les routes des vacances, la prudence est bien sûr de rigueur : D’autant que le danger peut venir aussi de l’arrière.., et même à faible vitesse, le coup du lapin, c’est vite arrivé !

Selon une étude récente de la Prévention routière, il serait même en constante augmentation et concernerait plus de 50 % des cas de dommages corporels provoqués par une collision entre deux voitures. Et les chocs arrière, bien que ne concernant que 16 % de l’ensemble des accidents, ont beaucoup augmentés ces deux dernières décennies. Avec leur corollaire : le coup du lapin.

Même s’il est difficile de donner les chiffres exacts de ce traumatisme qui est trop souvent mal diagnostiqué, il est certain qu’on le rencontre fréquemment. Avec une prévalence chez les femmes, plus “vulnérables” car moins musclées que les hommes.

C’est avant tout la conduite de ville qui est responsable des chocs arrière et des coups du lapin. Une priorité à droite vue au dernier moment ou un feu qui passe au rouge et on pile... sans penser à la voiture qui nous suit et qui, elle, nous emboutit !

La tête fait un “avant-arrière”

On peut définir le coup du lapin - nom imagé qui vient de la méthode utilisée pour tuer le lapin en lui brisant les cervicales - comme étant une cervicalgie aiguë post-traumatique : les docteurs préfèrent parler d’une douleur d’origine plurifactorielle.

En effet, ce que certains regroupent sous l’ensemble des lésions cervicales peut venir d’une atteinte des ligaments, des articulations, des muscles, voire des rameaux nerveux de la région charnière du cou.

Sans compter qu’il arrive que l’on retrouve des lésions à plusieurs niveaux.

Pour mieux comprendre, voyons ce qui se passe lors d’un coup du lapin. En cas de collision par derrière, l’occupant de la voiture est d’abord enfoncé violemment dans son siège puis projeté vers l’avant. Et c’est ce mouvement en “coup de fouet” (whiplash) comme l’appellent les Anglo-Saxons, qui provoque le traumatisme.

Or, même à vitesse réduite, en cas de choc, l’accélération est telle que quand la tête “part en avant” puis est projetée vers l’arrière, le poids du crâne représente vite plusieurs dizaines de kilos : Le cou s’allonge, les vertèbres cervicales et les muscles résistent difficilement à cette traction. Un tel étirement, souvent associé à des micro déchirures, provoquera ces sensations de raideur et ces douleurs caractéristiques du coup du lapin.

Une grande échelle de gravité

Bien sûr, il y a des coups du lapin plus ou moins sévères.

Une fracture cervicale avec section de la moelle est un cas gravissime qui cause la mort immédiate ou la quadriplégie définitive de la victime.

Heureusement, ce cas est exceptionnel. Selon une récente étude suédoise, 90 % des cas de coup du lapin n’entraînent que des lésions cervicales légères et passagères, 10 % se soldant par un inconfort prolongé allant de maux de têtes, raideurs, contractures, vertiges, mobilité réduite, jusqu’à une incapacité permanente.

Le problème des coups du lapin dits “bénins” c’est que, hormis une entorse cervicale visible à la radio, les autres éventuelles lésions ligamentaires ou musculaires n’étant pas osseuses, ne sont pas facilement identifiables.

Ainsi, nombre de victimes de coups du lapin quittent très vite l’hôpital où elles ont été admises en urgence afin d’être examinées, avec un compte rendu radiologique de prime abord satisfaisant puisque mentionnant “pas de lésion osseuse”. Bien qu’elles sentent leur nuque endolorie, elles ne s’en inquiètent pas, ayant été rassurées par cette absence visible de lésion.

Conseil : Réglez bien votre appui-tête

Nombreux sont les automobilistes qui se croient à l’abri du coup du lapin grâce à leur appui-tête. Il est vrai que celui-ci va limiter les dégâts en minimisant le choc en retour. Encore faut-il que l’appui tête soit bien réglé.

Alors, suivez le mode d’emploi :

  • Asseyez-vous bien au fond du siège en adoptant la position de conduite la plus confortable possible.
  • Réglez votre appui-tête afin qu’il ne soit ni trop bas ni trop éloigné de votre nuque. Pour ce faire, le bord supérieur du coussin doit se situer au niveau du sommet de votre crâne.
  • Par ailleurs, l’appui-tête doit être réglé le plus verticalement possible, l’angle d’inclinaison ne devant pas dépasser 25°.
  • N’oubliez surtout pas de boucler votre ceinture... Et bonne route !

Coup du lapin : Des symptômes différés

Mais, dans les 48 heures qui suivent, la plupart des patients ne se plaignent plus seulement d’endolorissement mais d’une mobilité du cou de plus en plus réduite et de contractures. Ils se disent “bloqués” comme s’ils avaient un torticolis.

Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin qui commencera par vous mettre la nuque au repos en vous faisant porter un collier en mousse, de jour comme de nuit (si nécessaire).

Pensez aussi à privilégier toutes les sources de chaleur en appliquant des serviettes chaudes autour du cou, en vous faisant masser avec un baume chauffant, etc. ,

En même temps, le médecin vous aura prescrit des antalgiques à prendre matin, midi et soir, ainsi que des décontractants musculaires. Il est important de suivre le traitement au moins 5 à 8 jours, même si l’on se croit guéri. Car il ne faudrait pas se mettre en situation de “rechute” en interrompant son traitement prématurément.

Si au bout de 8 jours, la personne se plaint toujours, il faudra la réexaminer afin d’être sûr qu’il ne s’agit pas d’une entorse cervicale, passée inaperçue à la radio, voire d’une hernie discale. Face à une douleur précise ou irradiante, un examen neurologique devra être pratiqué.

Le port d’une minerve sera peut-être nécessaire.

Décontractants et antidépresseurs pour soulager

Maintenant, si vous avez été victime d’un coup du lapin et que des semaines ou des mois plus tard, vous souffrez de maux de tête à répétition ou de sensations vertigineuses, il s’agit probablement de troubles dits de tension consécutifs à votre traumatisme cervical. Des séances de kinésithérapie compléteront votre traitement médical.

⇒ N’hésitez à consulter un médecin : Il est indispensable d’identifier la cause de vos céphalées ou de vos vertiges.

En cas de douleurs “post coup du lapin” persistantes, mieux vaut donc s’adresser à un spécialiste : Ne soyez pas étonnés si votre rhumatologue vous prescrit alors des antidépresseurs ou des antiépileptiques pour une durée de 8 à 15 jours.

Certains antidépresseurs (famille des imipraminiques...) pris à faibles doses, tout comme les décontracturants (famille des anti-épileptiques) ont fait leurs preuves comme antalgiques et “relaxants” efficaces et sont souvent prescrits par les rhumatologues et les neurologues pour soulager de telles douleurs.

Un dernier conseil : Si vous avez été victime d’un accident de voiture - même très léger – et que c’est votre nuque qui “a pris”, allez voir un médecin. Vous vous mettrez ainsi à l’abri de problèmes qui pourraient se déclencher plus tard. Certaines personnes ont, en effet, à partir de 40 ans, des problèmes d’arthrose aggravés à cause d’un accident articulaire survenu des années auparavant.

Toute douleur ou tout inconfort post-traumatique doit être traité dès le début. Sinon, c’est demain que vous risquez de payer cher votre “négligence” d’aujourd’hui.

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