Herpes génital : dépister vite c’est important

Pour les spécialistes, l’herpès un l’un des fléaux du XXIe siècle ! Mais on en sait plus sur les modes de contamination. Et de nouveaux moyens existent pour améliorer le dépistage. herpes guide

Sujet tabou, manque de précautions, formes sans symptôme, difficultés de diagnostic… un nombre très important de personnes ignorent leur maladie, donc les risques de la transmettre. Due au virus Herpès simplex, c’est la plus fréquente des maladies sexuellement transmissibles. Elle se situe sur la sphère génitale et/ou anale.

L’herpès génital est une maladie sous- diagnostiquée qui progresse de façon constante. Une enquête montre que très peu de personnes reconnaissent l’herpès comme une maladie virale contagieuse ou comme MST et beaucoup en ignorent le caractère chronique. Or en France environ 17 % de femmes et 12 % d’hommes sont infectées par le virus HSV2.

En France, la loi n’impose pas au médecin de déclaration obligatoire auprès des services sanitaires. Ainsi, seulement 347 000 cas ont été diagnostiqués sur une année pour environ 2 millions de personnes estimées porteuses du virus.

Par ailleurs, une étude réalisée dans 10 pays industrialisés révèle que sur 107 millions de personnes infectées par le virus, 80 % restent méconnus !

Une autre approche

Une étude a montré que cette pathologie entraîne un sentiment d’inquiétude et d’anxiété. Les personnes ayant de fréquentes récidives ont souvent un sentiment de dévalorisation, en raison du caractère contagieux et persistant de la maladie. Les poussées récidivantes ne sont pas sans répercussion sur la « qualité de vie » affective, sexuelle et professionnelle.

Cette notion assez récente de « qualité de vie » tenant compte de l’impact négatif de la maladie, impose désormais une prise en charge globale (à la fois thérapeutique et psychologique). Cette nouvelle approche passe par un dialogue entre le médecin et le patient. L’appui d’un dermatologue, d’un gynécologue, d’un psychologue, sexologue ou psychiatre permet de mettre en place un accompagnement à long terme pour aider les patients à mieux gérer leur maladie.

Des tests précis

Le diagnostic est difficile en raison du caractère parfois atypique des lésions et souvent parce que les malades consultent trop tard, après les poussées. C’est pourquoi au moindre symptôme, il faut en parler avec un médecin, gynécologue ou dermatologue.

Pour confirmer le diagnostic, un prélèvement au niveau de la lésion vésiculeuse avant le stade des croûtes, peut s’avérer nécessaire. La mise en culture se fait dans un laboratoire spécialisé ; elle permet d’isoler et d’identifier le virus.

Depuis une vingtaine d’années, de nouveaux tests sérologiques (HSV type spécifique) sont disponibles en France. Ils dosent « les anticorps spécifiques » du HSVI et HSV2. Ces tests ne sont pas à visée diagnostique ; ils indiquent uniquement qu’une personne a été en contact avec l’un ou l’autre virus mais ne constituent pas pour autant une preuve formelle que les lésions sont dues à ce virus.

En revanche, ces tests spécifiques ont un intérêt chez les femmes en début de grossesse pour savoir si elles et/ou leur partenaire, sont porteurs du HSV 2 (en raison du risque de transmission materno-fœtale) et chez des personnes ayant des antécédents de MST. Ils sont surtout intéressants sur le plan épidémiologique car ils donnent un reflet de la fréquence avec laquelle la population est infectée.

Première rencontre avec le virus

La contamination se fait par contact direct de deux muqueuses lors d’une relation sexuelle ou par des sécrétions et plus rarement, par du linge de toilette.

Quand le malade est-il contagieux ?

Après la première rencontre avec le virus. La maladie passe inaperçue dans la majorité des cas, ce qui ne supprime pas pour autant les risques de contamination. Seulement 20 % des personnes contaminées, développent environ 7 jours après le contact avec le virus, une primo-infection

  • Dès l’apparition des signes précurseurs : brûlures, démangeaisons, picotements qui précèdent l’apparition des vésicules.
  • Lors des poussées. Des chercheurs suggèrent que les personnes seraient plus contagieuses au moment de leur première crise quand elles n’ont pas encore développé d’anticorps.
  • En dehors des poussées. De récentes études ont établi que les malades peuvent faire des excrétions asymptomatiques (sans lésion visible) du virus entre les poussées. Ces excrétions sont plus importantes pendant la première année qui suit la primo-infection.

Leur contagiosité est ensuite fonction du rythme des poussées ; quand celles-ci s’espacent, la contagiosité diminue.

Quelque 70 % des transmissions se font pendant ces phases où, cliniquement, il n’y a aucun symptôme.

Les symptômes qu’il faut reconnaître

La première poussée dure 2 ou 3 semaines. Violente et douloureuse, elle provoque fièvre, maux de tête, démangeaisons, courbatures et, surtout chez la femme, des brûlures urinaires. L’éruption de multiples vésicules qui éclatent en petites ulcérations, affecte les organes génitaux et parfois la région anorectale.

Les épisodes récurrents, presque toujours situés dans la même zone cutanée, sont plus courts (2 à 10 jours), plus modérés et moins douloureux.

Peut-être y a-t-il une prédisposition à l’atteinte virale, mais des facteurs comme un stress psychique ou émotionnel, la fièvre, la fatigue, les règles, des partenaires multiples, un système immunitaire défaillant… peuvent déclencher une poussée. Le traitement a bénéficié d’importants progrès avec l’arrivée de nouvelles molécules antiherpétiques. Aujourd’hui, deux médicaments sont utilisés : l’aciclovir et plus récent, le valaciclovir. Pris suffisamment tôt (dans les  premiers jours), ils empêchent le virus de se multiplier, réduisant ainsi les symptômes, l’intensité, la fréquence et la durée des poussées. Certaines études semblent même montrer qu’ils pour- raient limiter la durée de contagiosité, mais cela reste encore à confirmer.

Les précautions au quotidien

  • Ne prêtez pas votre linge de toilette.
  • Lavez les lésions à l’eau et au savon et séchez-les ; un sèche-cheveux, à faible chaleur, aide à cicatriser.
  • Pour ne pas transmettre le virus à d’autres parties du corps et en particulier aux yeux, lavez-vous les mains après tout contact avec les lésions.
  • Réduisez au maximum les situations de stress et évitez les grandes fatigues qui affaiblissent le système immunitaire et favorisent le déclenchement des poussées.
  • Lors d’une crise, évitez les vêtements serrés (jeans, collants) et portez des sous-vêtements en coton.
  • Parlez de votre maladie à votre partenaire et n’hésitez pas à poser des questions à votre médecin.
  • Utilisez un préservatif, même en dehors des poussées, si votre médecin vous le conseille.
  • Évitez tout rapport sexuel pendant les poussées jusqu’à cicatrisation complète.
  • Dans l’année qui suit la primo infection et/ou si les poussées sont fréquentes, les rapports sexuels doivent être protégés en permanence.

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