Panaris : il faut agir vite !

Au doigt ou à l’orteil, il peut vite devenir grave si la plaie s’infecte. Traitements et précautions pour que le panaris ne reste qu’un « bobo ».panaris pied

Vous êtes en train de tailler vos rosiers, lorsque vous vous enfoncez une écharde dans le doigt. Sur le coup vous n’y prenez pas garde, mais quelques heures plus tard, le pourtour de la plaie a gonflé, est devenu chaud, a rougi. Ce sont les premiers symptômes du panaris.

Affection très courante, le panaris, appelé encore « mal blanc », est dû à la présence de germes – bactérie, virus (rarement) ou bacille dont celui redoutable du tétanos. Ces germes, ayant ainsi pénétré dans les tissus d’un doigt ou d’un orteil, s’y développent d’autant plus si la petite plaie a été mal nettoyée. L’infection gagne la pulpe, l’ongle et, dans les cas compliqués, les tendons et l’articulation.

Bénin de prime abord, le panaris devient sérieux quand la plaie infectée se transforme en abcès et s’étend aux tendons, par l’intermédiaire de la gaine qui les entoure, voire à l’os. Cette gaine qui entoure le tendon sert en effet de chemin à l’infection qui risque alors de se propager à tout le membre.

Comment le traiter ?

Tout dépend du stade de l’infection. Le panaris est au tout début, trempez votre doigt dans de l’eau de Javel diluée (et surtout pas pure !), pendant deux à trois minutes (guère plus pour éviter de brûler la peau), à raison de deux fois par jour, pendant trois à quatre jours.

De l’alcool à 70° peut aussi remplacer l’eau de Javel. Normalement, cela suffit à éviter l’infection.

Si le blessé a eu un rappel de vaccin antitétanique depuis moins de cinq ans, pas de crainte d’un éventuel tétanos secondaire. Sinon, en prévention, on doit envisager un rappel d’anatoxine antitétanique.

Si malgré les soins locaux, le panaris évolue mal, consultez un médecin, il procédera d’abord à un prélèvement bactériologique directement dans le pus de l’abcès. L’analyse de ce prélèvement renseignera sur la nature exacte des germes en cause et permettra un traitement mieux adapté.

En fonction du résultat obtenu, le médecin généraliste ou dermatologue vous prescrira un traitement local : pansement, mais aussi antibiotiques locaux sous forme de pommade, gel… ou un traitement antibiotique par voie générale.

Si les antibiotiques ne suffisent pas…

Les antibiotiques ne sont pas suffisants quand le panaris est collecté (on parle de panaris « mûr ») et que l’heure de la chirurgie est venue.

En aucun cas, des anti-inflammatoires ne doivent être pris, ils empêchent l’organisme de se défendre contre l’infection. Si votre panaris est péri-unguénal (autour de l’ongle) et qu’il est dû à l’ablation d’une petite peau, attention ! Il peut être à l’origine d’une destruction définitive de la matrice de l’ongle qui ne repoussera plus.

Si la douleur est d’emblée pulsatile, c’est-à-dire que vous sentez les battements de votre cœur au bout du doigt, que la plaie est chaude et douloureuse, n’attendez pas pour consulter. A ce stade, c’est un motif de consultation en urgence. Il vous faudra sans doute subir une petite intervention chirurgicale. Cette intervention consiste à ouvrir la plaie pour crever l’abcès et à nettoyer la plaie. L’opération ne nécessite habituellement pas de points de suture.

A noter que, dans les cas sévères, le panaris peut s’accompagner de fièvre, de ganglions et d’insomnies. Des signes qui, là encore, orientent vers une consultation en urgence.

On peut souligner deux cas particuliers :

  • Les panaris dus au virus de l’herpès et qui récidivent ne doivent pas faire l’objet d’intervention chirurgicale. Ils sont soignés par antiviraux.
  • Et le panaris qui apparaît sur un ongle incarné nécessite le soin de l’ongle incarné pour que les récidives soient évitées.

En prévention

Certaines professions ou activités comportent plus de risques que d’autres de développer un panaris. Ainsi, les bouchers, les poissonniers, les équarrisseurs d’animaux, les chasseurs, les pêcheurs, les agriculteurs, etc. Une paire de gants adaptés se révèle alors une sage précaution.

L’autre prévention consiste en une vaccination antitétanique, régulièrement renouvelée en fonction des risques professionnels.

De même, si vous vous baignez dans des eaux où coraux et oursins abondent, il est prudent de porter des chaussures en plastique ou des palmes pour éviter des plaies aux pieds.

Si malgré ces précautions, vous vous blessez légèrement, nettoyez la plaie correctement (de l’eau et du savon suffisent), et dans les meilleurs délais.

Une plaie négligée surtout si elle est profonde et comporte beaucoup de bactéries peut se transformer en panaris. Ce premier soin est encore plus indispensable si vous souffrez de diabète ou si vous êtes fragilisé par une maladie qui diminue vos défenses immunitaires.

A retenir

  • Il faut impérativement écarter tout risque de tétanos.
  • Le germe le plus souvent mis en cause dans cette infection est le staphylocoque.
  • Trop repousser la cuticule de l’ongle peut provoquer un panaris.

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