Souffrez-vous du syndrome du canal carpien ?

Informaticiens Caissières Coiffeuses Kinés… des professions souvent à risques. Main engourdie, fourmillements, picotements… il peut s'agir du syndrome du canal carpien. C'est gênant, mais des traitements permettent de récupérer toute la mobilité de la main.

Vieille femme souffre de douleurs de poignet
© iStock

Le fait d'avoir une main engourdie après être resté dans la même position pendant un certain temps n'est pas inquiétant : en bougeant, on "libère" le nerf comprimé, le sang se remet à circuler et l'engourdissement disparaît. Mais si cette manifestation devient fréquente, voire chronique, il faut en chercher la cause : il s'agit souvent du syndrome du canal carpien.

Syndrome du canal carpien : qu'est ce que c'est au juste ?

Situé à l'intérieur de la paume et du poignet, le canal carpien est un espace limité par les os du poignet et par un ligament rigide qui relie certains de ces os les uns aux autres (ligament transverse ou annulaire antérieur). Ce canal abrite les tendons permettant de fléchir les doigts, et le nerf dit "médian". Ce dernier transmet les sensations de certains doigts et commande en partie la mobilité du pouce, de l'index et du majeur. Il arrive que le nerf médian soit comprimé à l'intérieur du canal carpien. Ce qui entraîne des sensations de picotements, d'engourdissements et de fourmillements au niveau des trois premiers doigts.

Au début, la gêne survient surtout la nuit. Puis les symptômes se manifestent aussi dans la journée, déclenchés par certains mouvements : conduire, téléphoner... Comme la sensibilité des doigts n'est plus optimale, une certaine maladresse peut apparaître pour des gestes précis.

Il est favorisé par des gestes répétitifs

Le syndrome du canal carpien peut apparaître en l'absence de tout facteur particulier. C'est d'ailleurs le plus souvent le cas

On l'observe plus fréquemment chez les femmes, habituellement au moment de la ménopause.

Il peut aussi être provoqué par des maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, l'arthrose au niveau des os carpiens, ou encore la répétition de certains gestes ou une mauvaise posture. C'est le cas notamment dans les professions où les poignets sont très sollicités. Le syndrome du canal carpien est d'ailleurs reconnu maladie professionnelle, en France, depuis 1978.

Principales victimes : les mécaniciens, les bouchers, les peintres, les serruriers, les caissières, les coiffeuses, ainsi que les musiciens, les kinés et tous les utilisateurs assidus d'ordinateur.

Une main souvent en position tendue sur la souris et l'autre sur le clavier de l'ordinateur la posture devant les écrans n'est pas naturelle, d'autant que les claviers sont souvent posés trop haut. Travailler sur écran expose avant tout à des atteintes du poignet et de l'épaule, qui vont de simples douleurs sans diagnostic précis à la tendinopathie au niveau de l'épaule ou à un véritable syndrome du canal carpien.

Consulter un généraliste ou un rhumatologue

Face à des engourdissements persistant plus de trois semaines, il faut consulter un médecin, généraliste ou rhumatologue. Plus celui-ci intervient tôt, de préférence dans les six mois suivant l'apparition des symptômes, plus la récupération est facile et rapide.

Au terme d'un interrogatoire précis(symptômes ressentis, localisation...), le praticien va chercher un trouble de la sensibilité en faisant certains tests (caresser vos doigts, piquer légèrement la pulpe des doigts...). Puis il va provoquer les symptômes par certaines manœuvres (vous faire fléchir le poignet au maximum pendant une minute, percuter le canal carpien à l'aide d'un petit « marteau à réflexes »...). Le plus souvent, cela suffit à poser le diagnostic. En cas de doute, on pratique un électromyogramme : des électrodes placées sur la main et l'avant-bras mesurent la vitesse de conduction à l'intérieur des nerfs. Cet examen, un peu désagréable, permet de confirmer un syndrome du canal carpien, ou d'évoquer un autre diagnostic.

De la petite attelle à l'opération

Si vous ne ressentez que des fourmillements et engourdissements, le traitement consiste à porter pendant plusieurs semaines une petite attelle durant la nuit, à modifier votre posture de travail, et à recevoir une ou deux infiltrations de corticoïdes espacées de trois semaines. Rhumatologues et chirurgiens sont unanimes : en cas de récidives, il faut envisager la chirurgie, seul moyen de régler le problème.

chirurgien opération du canal carpien
Avec près de 80 000 opérations par an, le syndrome du canal carpien est la première cause d'intervention chirurgicale en France ! © iStock

Cette solution est aussi adoptée quand il existe des troubles sensitifs (difficulté à manipuler des petits objets) et/ou des troubles moteurs, ou bien quand l'électromyogramme a montré une compression importante du nerf. Avec près de 80 000 opérations du canal carpien par an, il s'agit de la première cause d'intervention chirurgicale en France.Elle consiste à sectionner le ligament transverse qui forme le canal carpien pour décomprimer le nerf médian.

Il existe deux méthodes : endoscopique ou classique. Chacune nécessite en général une journée d'hospitalisation et une anesthésie locale.

Dans la chirurgie endoscopique, le médecin pratique d'abord un orifice d'entrée (de 2 cm) au niveau du poignet et un autre de sortie, dans la paume de la main.

Cela lui permet d'introduire une caméra minuscule dans le canal carpien. Cette caméra est munie d'un scalpel qui ouvre le canal de l'intérieur afin de décoincer le nerf médian. Atout de cette technique la personne opérée récupère très rapidement. Plus d'un tiers des patients reprennent une activité normale avant la fin de la première semaine. Même si le poignet garde une certaine faiblesse pendant quelques semaines, il finit par retrouver sa pleine capacité.

Choisissez toutefois un chirurgien très expérimenté : les complications après endoscopie - section du tendon ou du nerf, hématome... - sont loin d'être exceptionnelles.

Dans l'autre méthode, une incision verticale est faite dans la paume sur quatre à cinq centimètres. Certes moins esthétique que les deux petits trous de la méthode endoscopique, cette incision permet au chirurgien de bien voir le canal carpien durant l'opération et de pouvoir rechercher un éventuel kyste, un tendon ou muscle "en trop". Après une observation minutieuse, le chirurgien dégage le nerf en coupant les tendons et les muscles qui font pression. La convalescence est un plus longue (jusqu'à trois semaines), tout comme la récupération de la mobilité du poignet et de la main.

Malgré ces inconvénients, la technique chirurgicale classique s'impose face à une raideur du poignet ou aux syndromes du canal carpien secondaires à des déformations anatomiques, à des lésions tumorales ou traumatiques locales. A long terme, les résultats sont identiques avec l'une ou l'autre technique.

Conseils de prévention

  • Surveillez votre posture. Assurez-vous que votre chaise de travail est à la bonne hauteur, pour que vos bras et vos poignets ne soient pas en sur-extension.
  • Si vous tapez souvent sur un clavier, sachez qu'il existe des coussinets (petits coussins gonflables attachés au poignet par une bande velcro) pour aider à garder le poignet dans un axe naturel, En vente dans les magasins d'informatique.
  • Faites des pauses de cinq minutes toutes les heures, surtout si vous effectuez des tâches répétitives sollicitant vos poignets,
  • Stabilisez vos poignets. Couturières, utilisateurs d'outils à mouvements répétitifs (comme le marteau-piqueur) et musiciens peuvent utiliser des orthèses de poignets ("bracelets de force") pour empêcher tout mouvement d'hypertension.
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