Troubles de la vésicule biliaire

Vous souffrez de la vésicule. Pourquoi ? quels sont les risques de calculs ? Quand faut-il opérer ? Toutes nos explications.

Troubles de la vésicule biliaireLa digestion devient difficile. Vous souffrez de ballonnements en fin de repas, de reflux œsophagiens, d’une alternance de diarrhée et de constipation ou parfois aussi de nausées. Vous en êtes venus à supprimer de votre table de plus en plus d’aliments, surtout ceux qui comportent des corps gras, car vous ne les tolérez plus. Et dans certains cas, des douleurs au côté droit, s’accompagnant de vomissements, quelquefois de fièvres, se produisent. A l’origine de ces divers troubles ? Presque sûrement un même organe : votre vésicule biliaire !

À quoi sert-elle ?

Située sous le foie, la vésicule biliaire est un petit sac en forme de poire d’une dizaine de centimètres de long et d’une capacité d’environ 50 millilitres. Cette poche sert à recueillir et à stocker la bile (voir encadré) sécrétée par le foie.

La bile y arrive par un canal appelé le cholédoque et en repart vers l’intestin, par un autre canal, le cystique.

Lors du passage des aliments de l’estomac au duodénum, qui est la première partie de l’intestin, la vésicule se contracte. Il s’ensuit une propulsion de bile, indispensable pour les processus de digestion et, notamment, pour l’émulsion des corps gras ingérés. Mais cette sorte de « vidange » ne se produit qu’au moment des repas. Ce sont ces derniers qui déclenchent l’évacuation biliaire. En dehors des repas, la vésicule ne sert donc que de réservoir à la bile qui y demeure en stock, avec risque d’engorgement ou de stagnation à l’origine d’éventuels calculs.

Qu’est ce que la bile ?

Présente dans la vésicule où elle se trouve collectée, la bile provient des cellules hépatiques qui l’élaborent. C’est un liquide alcalin, de couleur jaune verdâtre et de goût amer.

Sa sécrétion varie de 0,5 à 1 litre par jour chez l’adulte. Dans sa composition on relève diverses substances : de l’eau, différents électrolytes et pigments, des phospholipides, des acides biliaires et du cholestérol. De plus, les médicaments dégradés ainsi que les substances de détoxication, éliminés par le foie, se trouvent dans la bile.

Par ces acides biliaires, la bile émulsionne les graisses en vue de leur absorption.

Par son alcalinité, elle tend à neutraliser les excès d’acidité en provenance de l’estomac et accroît l’activité du suc pancréatique.

Elle assure également la désinfection de l’intestin, car elle agit contre la putréfaction et la fermentation des selles.

Si la bile est de mauvaise qualité, cela engendre une précipitation des sels biliaires, ou du cholestérol… en cristaux, avec formation de « boue » vésiculaire et surtout de calculs.

« Après-déjeuner » douloureux

Dès l’instant où, lots d’un repas, la chasse biliaire, en provenance de la vésicule, s’effectue de façon insuffisante ou avec retard, la digestion de vient difficile. « Cela ne passe pas », dit-on souvent.

L’estomac devient pesant. Des renvois sont fréquents. Des ballonnements distendent le ventre. Parfois quelques nausées se surajoutent à ces pénibles gênes de suites de table.

Les victimes de tels troubles sont souvent des « patraques digestifs » qui, pour ne plus être incommodés, en arrivent à supprimer de plus en plus de mets de leur alimentation. La suppression des corps gras apporte un notable soulagement. Mais c’est là une dangereuse solution, tout au moins à terme plus ou moins proche.

En effet, un régime trop strict, notamment sans corps gras, sous prétexte d’éviter le moindre trouble, conduit à une non-stimulation vésiculaire avec stagnation accrue de la bile dans la vésicule. Non sollicitée, la vésicule devient de plus en plus paresseuse et engorgée. Cela ne peut que favoriser la formation de calculs.

Un problème mécanique ou infectieux

Les plus sérieuses atteintes dont la vésicule peut être le siège sont d’ordre mécanique ou de nature infectieuse. D’ordre mécanique, c’est ce qui se produit lorsqu’il y a stagnation de la bile et formation de calculs plus ou moins importants.

Cela constitue un état de lithiase vésiculaire, selon la terminologie médicale. Plus d’une fois sur deux, la vésicule calculeuse est silencieuse, sans trouble digestif particulier. Le calcul peut être découvert à la suite d’une radio effectuée pour une tout autre recherche.

Mais, même silencieuse, une telle vésicule représente néanmoins toujours la menace potentielle d’une crise aiguë de « colique dite hépatique« .

C’est ainsi que s’il existe un calcul, tout repas trop copieux, notamment en graisses, va déclencher de fortes contractions vésiculaires, susceptibles de mobiliser le calcul et de l’entraîner dans le canal cystique avec obstruction plus ou moins complète de ce dernier. La digestion devient impossible et s’accompagne alors de violentes douleurs et de vomissements.

Mais comme tout organe, la vésicule biliaire peut aussi être le siège d’infections aiguës ou chroniques. Les germes, en provenance le plus souvent des intestins, déclenchent fièvre et douleurs.

De telles infections correspondent à des états de cholécystites, avec de possibles jaunisses et parfois même des abcès secondaires. Comme toutes les infections, les cholécystites relèvent des antibiotiques.

Pourquoi fait-on des calculs ?

Les calculs se retrouvent-ils chez un type particulier de personnes ? Soulignons d’abord que des antécédents d’hépatite virale altèrent la qualité de la bile.

De même, les gros mangeurs et les diabétiques font partie des personnes à risque. Enfin, toute intoxication hépatique chronique confirme que la vésicule est « victime » du foie.

À noter :
sur un plan statistique, la lithiase vésiculaire domine chez les femmes et cela d’autant plus qu’elles sont obèses. Le diagnostic d’un calcul se fait soit par échographie, soit par cholécystographie ou scanner.

Sur le plan chimique, les calculs peuvent être de deux types, à base soit de cholestérol, soit de pigments de bilirubine ayant précipité sous la forme de sels calciques.

calculs vésiculeA l’état normal, le cholestérol est soluble dans la bile. Mais cette solubilité demeure sous la dépendance d’autres éléments simultanément présents, les sels biliaires et les lécithines. Ces derniers viennent-ils à être en quantités insuffisantes, par mauvaise élaboration hépatique, qu’aussitôt le cholestérol a tendance à précipiter en concrétions dures, réalisant des calculs.

On estime qu’environ 2/3 des calculs sont ainsi à base de cholestérol. Quant à ceux à base de sels de bilirubine, ils procèdent également d’une défaillance des sécrétions hépatiques.

Autrement dit et quel que soit le calcul, toujours un même responsable initial : le foie !

Quand faut-il opérer ?

Si la vésicule comporte des calculs, la thérapie requise sera adaptée en fonction de la taille des calculs, et surtout de leur tolérance. Ainsi, il importe d’enlever par un acte chirurgical ceux qui déclenchent d’incessantes crises de coliques hépatiques.

De même tous ceux qui obstruent de façon permanente les voies biliaires (canal cystique ou cholédoque), avec jaunisse ou infection secondaire.

Le risque de retentissement sur le pancréas impose également d’intervenir afin d’éviter des complications à distance sur d’autres organes.

Différents actes opératoires sont possibles et de choix préférentiels selon chaque cas. Certains calculs peuvent être enlevés :

  • par simple cathétérisme (MTBE – Methyl-Terbutyl-Ether) – il s’agit alors d’une tentative de destruction locale ;
  • par lithotripsie extra-corporelle (ondes de choc) ;
  • ou enfin par cholécystectomie. Dans ce dernier cas, le plus fréquent, il s’agit non plus de l’ablation du seul calcul, mais bien de la vésicule tout entière. Cette intervention se fait classiquement, par ouverture abdominale : on parle de laparotomie. Ou encore, de plus en plus par cœlioscopie.

Cette dernière technique présente de multiples avantages : Elle permet tout d’abord d’éviter les grandes cicatrices, puisque le cœlioscope (appareil optique et chirurgical) se limite à une incision de quelques millimètres.

Par ailleurs, même si l’intervention a lieu sous anesthésie générale, les suites opératoires sont moins longues et moins douloureuses, du fait que les tissus superficiels et profonds ont été moins abîmés.

Dans certains cas, l’intervention peut avoir lieu sous anesthésie locale ou péridurale.

À noter :
Lors de toute cholécystectomie, il ne suffit pas d’enlever la vésicule, il faut aussi simultanément explorer les canaux d’apport et d’évacuation de la bile pour s’assurer de la non- persistance de microcristaux migrateurs.

Peut-on éviter l’opération ?

Depuis ces dernières décennies, plusieurs médicaments, essentiellement à base d’acide urso ou d’acide chénique, permettent de dissoudre certains calculs, sans nul acte chirurgical. Ils ont la propriété de désaturer la bile de ses trop hautes teneurs en cholestérol et de solubiliser cette dernière.

Mais ces produits ne sauraient s’appliquer à tous les types de calcul. Leur emploi demeure limité à des cas très particuliers. Il faut d’abord que le calcul soit d’un diamètre inférieur à 15 millimètres et surtout que la vésicule reste fonctionnelle, c’est-à-dire qu’elle laisse s’écouler la bile sans obstruction complète. De plus, il importe qu’il n’y ait pas d’atteinte grave du foie, ni d’affection intestinale concomitante.

Bien que donnant en général de bons résultats, ces médicaments sont loin d’assurer la complète disparition des calculs. Leur administration régulière exige d’être maintenue sur parfois plus d’une année et des récidives restent toujours possibles. Aussi la chirurgie reste-t-elle encore le plus efficace recours.

Vivre et bien vivre sans vésicule !

Après toute élimination d’un calcul par cholécystectomie, c’est-à-dire par ablation de la vésicule, nul calcul ne peut évidemment se reformer dans un organe n’existant plus. Mais parfois, et cela chez 2 à 3 % des patients ayant été opérés, des microcristaux calculeux risquent de se reconstituer dans les voies biliaires.

Les mêmes troubles qu’auparavant avec d’éventuelles crises de coliques hépatiques sont de nouveau à redouter. Néanmoins, de semblables situations sont heureusement très rares.

Dans la plus grande majorité des cas, la disparition du calcul constitue une véritable libération qui transforme la vie quotidienne. Car on peut très bien vivre sans vésicule et même mieux vivre, car il n’y a plus guère d’interdits de table à respecter.

Des aliments autrefois mal tolérés deviennent parfaitement digestibles, sans aucun trouble à craindre. Il importe toutefois d’éviter le plus possible les nourritures trop génératrices de cholestérol sanguin.

D’autre part, des stimulants de la fonction biliaire méritent souvent d’être conseillés, ainsi d’ailleurs que chez tous ceux souffrant d’insuffisance vésiculaire même sans calcul.

A cette fin, les médications végétales se distinguent par leur efficacité. Diverses plantes sont en effet excitatrices de la sécrétion de bile ou de son écoulement.

Les plantes stimulantes contre les troubles de la vésicule

Traditionnellement utilisées pour faciliter l’élimination de la bile et la digestion :

  • Artichaut, en infusion ou gélules,
  • Boldo, feuilles, en infusion ou gélules.
  • Chicorée, racines, en décoction ou gélules.
  • Fumeterre, parties aériennes fleuries, en infusion ou gélules.
  • Pissenlit/ racines et feuilles, en décoction ou gélules
  • Radis noir, en jus frais avec eau type Vichy ou Vals.
  • Romarin, feuilles et sommités fleuries, en infusion ou géIules.
  • Tilleuls, aubier, en décoction ou macération.

Questions – réponses

L’obésité favorise-t-elle les calculs ?

En principe oui, mais souvent des régimes sévères amaigrissants précipitent aussi des formations calculeuses.

Comment prévenir les crises ?

Par un régime limité en graisses, œufs, fritures etc. Non restrictif, à cause des dangers d’une vésicule non sollicitée.

Peut-on avoir des calculs vésiculaires sans souffrir ?

D’après les plus récentes statistiques, il y aurait en France 10 personnes sur 100 porteuses de calculs vésiculaires, avant tout des femmes. Mais sur ce nombre, seulement de 25 à 30 % en souffrent, Chez les autres, les calculs sont silencieux et dits asymptomatiques, car sans manifestation pathologique particulière, Dans de tels cas, ils ne sont dévoilés que de façon fortuite, à l’occasion d’un examen effectué pour un tout autre organe que la vésicule.

Existe-il une relation possible entre la migraine et les troubles de la vésicule ?

Chez de nombreuses personnes, II a été constaté que le chocolat déclenche à la fois des douleurs dans le flanc droit et des crises de migraines. Cette interférence est contestée par de nombreux migrainologues qui considèrent qu’il n’y a pas de relation dans le sens vésicule-crâne, mais que par contre il existe une relation crâne-vésicule, Ce qui expliquerait les nausées et les douleurs au flanc en cas de migraine.

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