Coronavirus : comment se passent les obsèques durant cette crise ?

La pandémie de coronavirus bouleverse notre manière de vivre. La pratique du confinement, décidée pour freiner la contamination, modifie toutes nos habitudes sociales. C'est le cas des obsèques, dont le déroulement ne peut suivre son cours normal. De telles contraintes frappent durement les familles.

Coronavirus cercueil
© istock

La préparation du corps et la mise en bière

Dans ce domaine, les prescriptions des pouvoirs publics ont d'abord été très strictes. Elles proscrivaient, en effet, tous les soins de préparation et de conservation du corps. La mise en bière étant immédiate, le corps ne pouvait plus être présenté à la famille. Il devait être placé dans une housse désinfectée et composée d'un matériau spécifique et déposé dans un cercueil d'un modèle standard.

Ces opérations sont effectuées à l'hôpital par le personnel soignant et par des personnes qualifiées dans des établissements funéraires qui, de par leur nature de service public, restent ouverts. De leur côté, les communautés juive et musulmane ont également dû renoncer à des rites aussi importants pour elles que ceux de la toilette funéraire.

Ces instructions se sont ensuite un peu assouplies. Les pratiques de thanatopraxie, qui permettent de préserver le corps de la décomposition, ont de nouveau été autorisées, dans certaines conditions. De même, les proches ont désormais la possibilité de voir le visage du défunt dans le cercueil installé dans la chambre funéraire de l'hôpital ou dans celle d'un établissement funéraire.

Ils doivent le faire dans le strict respect des gestes barrières et des précautions sanitaires prises par la direction de l'hôpital ou de l'établissement funéraire.

Ce changement de pied des autorités sanitaires plonge dans l'incertitude le personnel des pompes funèbres. Les responsables d'agences funéraires s'interrogent sur le degré de contagiosité du corps des personnes décédées et déplorent le manque de protection de leur personnel.

Des cérémonies réduites

La même volonté de réduire la propagation du virus a incité les autorités à limiter les cérémonies habituelles, à l'église ou dans un autre édifice religieux.

C'est ainsi que, si les lieux de culte restent ouverts, les messes catholiques et les cultes protestants sont suspendus. La pratique eucharistique, essentielle aux célébrations chrétiennes, est ainsi proscrite. De ce fait, aucune cérémonie de ce type ne peut accompagner des funérailles.

Les familles peuvent seulement demander au prêtre une prière de bénédiction. Dans ce cas, seul le célébrant peut asperger le cercueil d'eau bénite. Cet ecclésiastique ne peut avoir plus de 70 ans, auquel cas il ne doit plus participer à des cérémonies publiques.

Par ailleurs, la présence des personnes assistant aux obsèques est strictement réglementée. D'une manière générale, les obsèques doivent se dérouler dans la plus stricte intimité.

Aussi, l'assistance aux funérailles est-elle limitée à 20 personnes, qui composent l'entourage immédiat du défunt. Elles doivent se placer dans l'église ou le temple assez loin les unes des autres, de manière à respecter les distances de sécurité. En pratique, seulement une chaise sur deux est occupée. Cette circonstance est particulièrement pénible pour des personnes qui, dans un tel moment, éprouvent un besoin de contact.

Durant la cérémonie, les assistants ne pourront plus se déplacer, notamment pour toucher le cercueil. À la fin de la célébration, les proches ne seront pas non plus autorisés à se rapprocher, afin de signer le registre de condoléances.

Enfin, comme les prêtres dans le même cas, les personnes âgées de plus de 70 ans, par nature plus fragiles, doivent éviter de se rendre à l'église. Cette précaution permet de les protéger et de préserver les autres personnes d'une éventuelle contamination.

Les responsables religieux, dans certains diocèses, pourront cependant, et à titre exceptionnel, autoriser certaines de ces personnes à assister à la cérémonie. Dans ce cas, ils devront prendre les mesures propres à les isoler suffisamment pour leur assurer une protection optimale.

Dans la communauté juive, certains rituels peuvent être respectés, malgré le contexte épidémique. C'est le cas du kadich, la prière des morts prévue par le culte juif, qui peut être prononcée en présence de dix hommes. Malgré tout, ce rituel doit s'effectuer, là encore, dans le respect des distances de sécurité.

Inhumation et crémation : des règles strictes

Si le défunt doit être inhumé dans un cimetière, ses portes s'ouvriront pour faire place au cortège funéraire. Dans tous les autres cas, les cimetières demeurent fermés.

L'inhumation peut se faire en présence des proches, mais leur nombre est encore plus limité qu'à l'église. En effet, il ne peut pas dépasser 10 personnes. Et encore leur présence n'est-elle tolérée que si la disposition des lieux permet de maintenir entre elles les distances de rigueur.

Dans ce contexte, le rapatriement du corps dans le pays d'origine, pratique très répandue dans la communauté musulmane, est déconseillé par le Conseil français du culte musulman.

De leur côté, les crémations obéissent à des règles encore plus strictes. Désormais, personne n'est plus autorisé à entrer dans les funérariums.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. - * Champs obligatoires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

libero velit, venenatis venenatis, dapibus sem, sit commodo