Maison en bois : quels bienfaits et comment faire le bon choix ?

Les maisons en bois ont toujours été appréciées pour leur charme et leur atmosphère chaleureuse. Mais au-delà de l'aspect esthétique, ces demeures sont-elles bénéfiques pour notre santé ? Cet article explore les nombreux avantages de vivre dans une maison en bois.

Construction Maison Bois

Les bienfaits des maisons en bois sur la santé

Intuitivement, nous savons qu'une maison en bois procure un bien-être inégalable. Sa couleur chaude et son odeur boisée contribuent à créer une atmosphère apaisante.

Le bois crée un sentiment de bien-être qui n'est pas toujours rationnel, car il existe une relation très forte entre les hommes et les arbres. Comme nous, ils ont un cœur, ils respirent, et perdent leurs feuilles comme nous nos cheveux !

Maison en bois : une atmosphère saine et sèche

« Construire en bois permet de répondre aux besoins biologiques de notre corps, analyse Jean-Marc Guillet, architecte DPLG (diplômé par le gouvernement). Pendant trente ans, on a privilégié les critères techniques d'étanchéité, de confort sanitaire. Aujourd'hui, les clients veulent que l'on respecte aussi leur santé. »

Et les professionnels du bois (les maisons en bois représentent 30,5 % de parts de marché) se frottent les mains : Le bois n'est plus seulement un choix esthétique, mais de plus en plus un choix de santé et une démarche écologique.

Maison En Bois

Mais quelles sont les raisons objectives de ce bien-être ressenti par tous ceux qui vivent dans ces drôles de maisons ? En fait, elles sont liées aux qualités hygroscopiques du bois (qui absorbe l'humidité de l'air).

Une étude finlandaise confirme qu'en maintenant un taux d'humidité largement inférieur à 50 % (contre 65 % dans une maison traditionnelle en parpaing), le bois réduit considérablement les risques d'allergies, de rhinites, de propagation de champignons et de bactéries.

Il régule le taux d'humidité dans les pièces et contribue ainsi à un environnement sec et sain. C'est en cela qu'on peut comparer le bois à une troisième peau, isolante mais respirante.

« C'est un matériau dans lequel on se sent bien, confirme Sandrine Le Douarin, propriétaire d'une maison en bois à Québriac, en Bretagne. Dans notre ancienne maison en parpaing, on devait chauffer à 20 °c pour se sentir bien. Ici, à 18 °c, cela suffit. »

Une aubaine pour tous ceux qui souffrent de maladies amplifiées par l'humidité, comme l'arthrose, la polyarthrite ou les rhumatismes. A condition, toutefois, de l'associer à un bon isolant, car le bois a très peu d'inertie thermique, c'est-à-dire qu'il est très perméable à l'atmosphère extérieure.

Attention, toutes les essences de bois ne se valent pas pour votre maison

Tous les bois ne se valent pas. Les panneaux de poussières de bois comme les agglomérés, les stratifiés ou les mélaminés, reconstitués à grand renfort de colle, ne sont plus vraiment du bois. Et les colles utilisées, des résines urée-formol, contiennent du formaldéhyde, un composé volatil classé cancérigène depuis juin 2004 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC.).

Le formaldéhyde est présent dans de nombreux produits industriels (colles dans bois, mais aussi vernis, moquettes, tissus d'ameublement...).

Si vous devez utiliser des panneaux d'agglomérés et de MDF (bois panneaux de fibres de moyenne densité), choisissez au minimum le marquage E1 qui désigne les produits faiblement émissifs en formaldéhyde ou, encore mieux, E0 (marquage européen obligatoire depuis 2003). Les autres bois utilisés pour la construction, type "lamellés-collés" ou "OSB' sont peu émissifs.

La meilleure solution, c'est d'opter pour du bois massif, qui ne contient pas de colles, ou des panneaux à faible émission en vente chez les distributeurs d'éco-produits pour l'habitat.

Maison en bois : attention aux traitements

En ramollissant le bois, l'eau favorise le développement des champignons et des insectes.

Les bois sont donc classés en cinq classes, selon leur contact avec l'eau, de la classe 5 (pilotis, ponton sur la mer...), à la classe 1 (aucun contact avec l'eau) où tous les bois peuvent être utilisés. Certains bois sont naturellement imputrescibles (teck, ipé, Red Cedar...), et n'ont besoin d'aucun traitement. D'autres nécessitent un traitement partiel (mélèze...) ou total (la plupart des résineux).

Or, certains traitements peuvent contenir des toxiques. Et même si le PCP (pentachlorophénol), ou le lindane, très nocifs, de même que le CCA (cuivre, cadmium, arsenic) sont interdits, mieux vaut connaître leur contenu et consulter la liste établie par le CEBA (Centre technique du bois et de l'ameublement) des produits dits P+, qui ne contiennent pas de toxiques. Bricoler en utilisant des bois traités ou, pire, les brûler pour faire des barbecues, n'est vraiment pas recommandé.

Certaines essences, expurgées de leur aubier (partie claire située entre le cœur et l'écorce, qui attire les insectes), n'ont cependant pas (ou peu) besoin de traitement. Ce sont notamment le chêne, le châtaignier, le mélèze, le robinier, le douglas, le red cedar, ou certains bois exotiques. Ils sont plus coûteux, mais permettent d'économiser le prix du traitement et les risques...

« Si on choisit bien ses essences, on peut éviter 80 % des traitements, affirme Yves Perret, architecte DPLG spécialisé dans le bois. Et s'il faut traiter, on utilise de plus en plus l'huile de lin, la cire d'abeille. Ces produits écologiques et sains nec coûtent pas toujours plus chers. »

À noter : Dans une maison habitée, bien chauffée, et ventilée, dont la toiture est en bon état, aucun traitement des bois intérieurs ne s'avère indispensable. Et en vieillissant, le bois va de moins en moins attirer les insectes...

Maison en bois… habiter autrement !

La plupart des propriétaires de maisons en bois s'impliquent beaucoup dans la construction. Ils choisissent les matériaux, les essences. Ils connaissent leur maison par cœur. Pour eux, il est donc logique de vérifier tout ce qui rentre dans la composition de leur nid.

Souvent, ils préfèrent des isolants écologiques, comme le chanvre ou l'ouate de cellulose, des systèmes d'énergie renouvelable (poêle à bois, géothermie, panneaux solaires) et de gestion des eaux (récupération de l'eau de pluie pour le circuit d'eau non potable...).

« Au début, j'ai choisi le bois pour des raisons esthétiques, dit Sandrine Le Douarin. Mais, finalement, je me suis documentée et j'ai opté pour des lasures écologiques à base d'huile de lin, de la géothermie, ou des peintures naturelles pas plus chères que les classiques. »

Une maison en bois permet de concilier le bien-être, la santé, et la maîtrise de l'énergie. On évolue dans un matériau qui a vécu une centaine d'années, qui respire, qui est un bloc de mémoire. Mais cela n'est pas facile dans toutes les régions, car les constructeurs n'ont pas toujours la culture du bois.

Ne négligeons pas l'aménagement intérieur

Le bois n'est cependant pas la panacée à tous nos maux. D'abord, certaines essences, en particulier les résineux, émettent aussi des composés organiques volatils, les terpènes, allergisants et irritants, surtout pour les enfants.

Interieur Maison En Bois

Et n'oublions pas qu’une maison est composée d'un ensemble de matériaux. Si l'on choisit le bois et que l'on multiplie les traitements toxiques, les sols en PVC, les peintures avec solvants, ça ne sert à rien ! Une maison est saine non seulement en raison de sa structure, mais aussi de ses aménagements intérieurs et, surtout, du comportement des habitants. La cigarette est une des plus grandes sources de formaldéhyde...

La maison en bois n'est pas une île. Même saine, elle ne vous protégera ni de la pollution extérieure, ni des substances nocives émises à l'intérieur. En effet, ce n'est pas uniquement la maison, mais tout l'environnement intérieur et extérieur qui doit être sain.

Il faut utiliser des produits à faible impact environnemental, des essences de proximité, refuser les bois tropicaux qui contribuent à la déforestation, et veiller à la qualité de l'air intérieur, des eaux, du sous-sol. Et, surtout, choisir des bois massifs, vivants, et pas des bois reconstitués.

Traiter sans produits chimiques sa maison en bois

Choisir des bois naturellement durables, expurgés de leur aubier pour la charpente, appropriés au climat et adaptés à leur usage, bien secs, et coupés en période demos végétal.

  • Les sels de bore : effets fongicides et insecticides. Peu coûteux, mais de mise en œuvre délicate. À utiliser de préférence pour les bois intérieurs, car ils sont lessivables à l'eau (mais des recherches sont en cours sur l'imperméabilisation). Ou prévoir ensuite une protection de surface (lasure, peinture) pour les bois exposés aux intempéries.
  • La rétification : le bois chauffé, torréfié, est rendu imputrescible, insensible aux champignons et résistant aux insectes (sauf les termites). Une bonne alternative aux bois exotiques. Ce procédé a été inventé à l'École des mines de Saint-Étienne. Utilisé surtout pour les bois extérieurs.
  • L'oléothermie : le bois est trempé dans un bain d'huiles chaudes. Coût assez élevé. Contre les insectes et les termites, le wood-bliss, dérivé d'huile de colza et de tournesol. Cher, mais prometteur.

Les conseils de pro pour une maison en bois saine

  1. Priorité n°1 : l'étanchéité. Éviter le contact du bois avec le sol et construire des fondations maçonnées, pilotis en béton, dalle en bois ou en béton, par exemple. Prévoir un bardage bien choisi et un pare-pluie.
  2. Priorité n°2 : le renouvellement régulier de l'air intérieur. Ouvrir souvent les fenêtres, installer une ventilation efficace, surtout dans les pièces humides. Choisir un isolant qui absorbe l'humidité (chanvre, fibres de bois, cellulose...) et des peintures ou lasures micro-poreuses pour ne pas bloquer les échanges entre l'air et le bois.
  3. Priorité n°3 : la protection du bois contre les insectes, termites et champignons. Choisir des produits non toxiques ou utiliser des essences naturellement protégées comme le chêne, le châtaignier, le mélèze, le douglas, le cyprès, le robinier…
  4. Priorité n°4 : l'isolation électrique. Le bois est un conducteur de champs électriques, surtout quand il est humide : prévoir des gaines blindées reliées à une prise de terre, séparer les réseaux d'alimentation et de commande.

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