Jardiner au naturel : techniques et astuces

 

Faire son compost, récupérer l’eau de pluie, éviter les pesticides sont des gestes écocitoyen à condition de respecter certaines règles sanitaires.

Faire son compost

Au fond du jardin ou sur son balcon, le compostage est en vogue. Un bon engrais qui ne coûte pas un sou.

Pourquoi c’est écolo ?

Il n’y a rien de plus naturel. « Le compost, c’est le recyclage de matières organiques végétales ou animales, comme cela se fait depuis qu’il y a de la vie sur terre », explique les ingénieurs écologues. Plutôt que de jeter les épluchures de légumes, les coquilles d’œufs et les restes de repas, qui représentent environ 30 % de nos poubelles, pourquoi ne pas les réutiliser ? Ceux qui disposent d’un jardin y ajoutent les tontes de gazon et les feuilles mortes. Après quelques mois de décomposition, il se forme un humus prêt à fertiliser le sol.

Le compost est mûr au bout de six mois, s’il est démarré au printemps ; en neuf mois s’il est démarré à l’automne.

Quelles précautions prendre ?

Pour éviter les odeurs, le bac à compost doit être installé à l’ombre. Il suffit de mélanger régulièrement l’ensemble pour bien l’aérer.

Pour ne pas attirer les animaux, on ne laisse pas les restes de viande ou de poisson en surface. Il faut les mélanger sans attendre au reste du compost.

Pour préserver son potager, il faut éviter de contaminer le compost avec les végétaux les plus chargés en pesticides (raisin, poivrons, oranges, poires… quand ils ne sont pas bio). Ceci dit, le processus de décomposition dégrade en partie les résidus chimiques.

Un risque pour la santé ?

La décomposition des matières organiques dégage de la chaleur (jusqu’à 6o “C) qui détruit la plupart des germes pathogènes, mais pas certaines bactéries (actinomycètes, légionnelle…) ou moisissures (aspergillus fumigatus…) qui peuvent être responsables d’inflammations des voies respiratoires ou d’allergies. L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) vient d’ailleurs de lancer une étude sur les effets respiratoires du compostage à l’échelle industrielle, pratiqué dans les plateformes de compostage.

Pour le jardinier amateur en bonne santé il n’y a pas de problème car il n’est pas exposé aux mêmes quantités de contaminants. Néanmoins, nous déconseillerons le compostage aux personnes souffrant d’emphysème ou immunodéprimées. Quant aux asthmatiques ou allergiques, nous ne pensons pas qu’un masque soit nécessaire, mais il faut éviter de s’exposer à trop de poussières.

Récupérer l’eau de pluie

Aux beaux jours, certains départements sont soumis à des restrictions d’eau. Alors, autant profiter de cette manne tombée du ciel.

Pourquoi c’est écolo ?

C’est un geste écocitoyen puisque l’eau de pluie est totalement gratuite. Techniquement, il suffit de raccorder un réservoir à une gouttière. Selon les besoins, le système  et sans risque peut être plus ou moins élaboré: soit un bidon fermé doté d’un robinet ; soit une cuve enterrée dans le jardin (un investissement amorti sur plusieurs années).

Des filtres sont installés pour éviter de récupérer des feuilles et des insectes.

La réglementation française autorise l’utilisation de l’eau de pluie pour l’arrosage du jardin, le lavage des voitures, des terrasses… À l’intérieur des maisons, elle peut alimenter les toilettes et le lave-linge, à condition que les réseaux d’eau potable et d’eau de pluie soient strictement séparés. Mais pour le lave-vaisselle, c’est interdit.

Quelles précautions prendre ?

Bien choisir l’emplacement: la citerne devra être installée à l’abri du soleil et de la chaleur pour éviter la prolifération d’algues et de mauvaises odeurs.

Une cuve en polyéthylène plutôt qu’en PVC. Le polyéthylène est un plastique imputrescible. Donc il n’y a pas de risque de transfert de matières toxiques.

Pour ne pas attirer les moustiques, il faut fermer hermétiquement les ouvertures ou les couvrir avec un grillage-moustiquaire.

Un risque pour la santé ?

L’eau de pluie n’est pas une eau potable ! Elle peut être contaminée par la pollution de l’air ou, lors du ruissellement sur la toiture, par des déjections d’oiseaux, des matières plastifiantes ou des métaux. A priori, il n’y a pas de problème avec les toits de tuiles, mais il vaut mieux ne pas arroser ses légumes avec une eau qui a coulé sur une toiture en zinc ou goudronnée. Elle reste idéale pour arroser les fleurs.

Cultiver sans pesticide

Les herbicides, les fongicides et les insecticides sont toxiques pour la santé.

Nos conseils pour limiter l’exposition.

Pourquoi c’est écolo ?

5 000 tonnes de pesticides sont répandues chaque année dans les jardins français. Cela ne représente que  % du total, mais ces produits phytosanitaires vont contaminer l’air, les sols et les nappes phréatiques. Un exemple: quand on pulvérise un insecticide, 30 à 50 % sont relargués dans l’atmosphère.

Un risque pour la santé ?

Les pesticides sont toxiques pour la reproduction. Certains peuvent avoir des effets neurologiques graves, et cancérigènes (comme les herbicides organochlorés, les thiazines…). Les agriculteurs sont les premiers exposés. Le jardinier amateur l’est aussi, mais dans une moindre mesure. Principe de base: porter des gants et un masque lorsqu’on traite ses plantations.

Comment s’en passer ?

Le meilleur engrais naturel, c’est le compost. Les périodes favorables pour le répandre sont l’automne et le début du printemps. On l’étale à la surface du sol, et on mélange sur dix centimètres.

Pour désherber, il suffit de verser de l’eau de cuisson encore bouillante sur les herbes indésirables.

Contre les limaces, un peu de bière dans une coupelle ou des produits à base de phosphate de fer les dissuadent de s’approcher des salades.

Contre les pucerons, un coup de jet d’eau pour les faire tomber ou des pulvérisations d’eau additionnée de savon noir.

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