Crise d’asthme : que faut faire en urgence ?

Une crise peut évoluer très rapidement et nécessiter une hospitalisation. En France, 4 % des adultes et 8 % des enfants sont touchés. Près de 2 000 décès par an dont beaucoup pourraient être évités. Apprenez à réagir vite en cas de crises.

crise asthmatique les geste d'urgence

Quels signes ?

Le rétrécissement brutal des voies respiratoires (spasme bronchique) provoque une importante gêne respiratoire. Déclenchée par des causes diverses et variables, la crise apparaît soit "spontanément", soit sous l'effet d'agresseurs (allergènes, produits irritants, atmosphère enfumée, infections virales ou bactériennes, voire une forte émotion, un effort physique important, etc.).

La respiration est bruyante, sifflante. Le malade, angoissé, cherche désespérément l'air.

On le retrouve souvent assis, le dos courbé. La crise peut être précédée d'une toux sèche très particulière, pénible, sans expectoration (qui n'apparaît qu'une fois la crise passée). Il peut s'agir parfois aussi d'un serrement dans la poitrine qui va en s'amplifiant. Les crises d'asthme surviennent souvent la nuit (réveillant le malade).

Certains signes évoquent une crise grave :

  • tachycardie (cœur très accéléré),
  • bleuissement des lobes des oreilles, des ongles et des lèvres (cyanose),
  • sueur,
  • épuisement pendant la crise,
  • disparition des sifflements alors que la crise reste très intense (les bronches sont encore plus serrées et l'asphyxie s'aggrave).

Important  ! Si les médicaments utilisés pour la "gommer" restent inefficaces et que la crise devienne alarmante, des secours d'urgence s'imposent. Ces soins consistent en aide ventilatoire, oxygène, médicaments bronchodilatateurs administrés en injection pour obtenir une meilleure efficacité.

Ce qu'il faut faire

  • Ne pas paniquer (l'angoisse augmente avec l'intensité d'une crise). S'il s'agit d'une tierce personne, notamment d'un enfant, il faut rassurer car une crise est très anxiogène.
  • Ne pas allonger un malade en crise (si celle-ci survient la nuit, la position assise sera d'ailleurs spontanément adoptée). Ayez des gestes lents, des paroles rassurantes et faites-lui prendre immédiatement le médicament (spray ou poudre pour inhalation buccale) prescrit par le médecin pour stopper la crise. Ce bronchodilatateur doit être pris dès les premiers symptômes de la crise. En spray, il doit être inhalé au cours d'une inspiration profonde, suivie d'un bref arrêt respiratoire de quelques secondes.

Attention ! En cas de toux importante, ne donner ni sirop antitussif (il risquerait de déprimer les centres respiratoires), ni "calmant" pour diminuer l'anxiété. Seul le bronchodilatateur doit être administré.

  • Ouvrez la fenêtre pour faire entrer de l'air tout en veillant à ce que la personne n'attrape pas froid (attention, en hiver, l'air froid risque d'accentuer le bronchospasme !). Placez-vous derrière l'asthmatique et posez vos mains sur ses épaules en accompagnant sa respiration de façon plus lente pour éviter la crispation sur l'expiration.
  • Si la crise survient à l'extérieur, il faut tenter de s'isoler (porte cochère, etc.) pour essayer de contrôler sa respiration et utiliser immédiatement son inhalateur de poche.
  • Les bronchodilatateurs sont des produits très actifs qui doivent agir rapidement (en quelques minutes). Si ce n'est pas le cas, il faut renouveler la prise au bout de dix minutes. Si la crise ne cède toujours pas, appelez tout de suite les secours d'urgence : c'est une crise grave...
  • Après la prise du bronchodilatateur, si vous êtes chez vous, attendez que la crise soit un peu calmée pour mesurer le "débit expiratoire de pointe" à l'aide d'un "débitmètre de pointe" (peak flow), petit appareil indispensable à tout asthmatique.

Chez l'adulte, un chiffre au-dessous de 180 l/mn exige d'appeler les secours de toute urgence. (Il y a néanmoins des différences individuelles : tout asthmatique doit donc connaître où se situe sa cote d'alarme.)

Chez un enfant, tout dépend de l'âge et de la taille (le médecin vous aura indiqué où se situe ce "feu rouge"). Si malgré la prise du bronchodilatateur, le débit de pointe n'indique pas d'amélioration, il y a urgence.

À surveiller après la crise d'asthme

La crise a cédé, surveillez le débit expiratoire de pointe qui doit s'améliorer peu à peu.

Soyez vigilant ! une crise traduit une période d'instabilité. Si vous avez un traitement de fond de l'asthme (anti-inflammatoire, notamment corticoïde en inhalateur), n'oubliez surtout pas de le prendre très régulièrement sans sauter de prise.

Si le nombre de vos crises augmente, ou si elles deviennent plus intenses, ou ont tendance à réagir moins rapidement ou moins bien au bronchodilatateur, si les mesures du débitmètre de pointe sont inférieures à celles que vous avez d'ordinaire, si vous vous sentez oppressé, essoufflé, consultez sans tarder votre médecin pour faire réajuster votre traitement de fond. Si vous n'en avez pas, vous en avez sans doute besoin.

À retenir sur la crise d'asthme

  • Ne négligez jamais tout signe indicateur d'une aggravation de votre asthme.
  • Tout asthmatique doit être régulièrement suivi et savoir reconnaître les signes de gravité d'une crise nécessitant alors des soins de toute urgence.
  • En cas de crise, prendre Immédiatement le bronchodilatateur prescrit par votre médecin et qui ne doit jamais vous quitter ; elle devrait normalement être enrayée en quelques minutes.

Voir aussi : Kiné respiratoire : les seniors aussi

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