Crise de goutte : comment et pourquoi la traiter en urgence ?

La crise de goutte menace les trop bons mangeurs. Ce sont les hommes qui sont les plus concernés. Une alerte à ne pas prendre à la légère. Soudaine et de survenue nocturne, telle se manifeste presque toujours une première crise de goutte. En sont le plus souvent victimes des hommes de 30 à 60 ans, en pleine santé apparente, sans nul passé pathologique particulier. Les femmes paraissent moins menacées.

homme qui a mal au pied a cause de la crise de goutte
© istock

Cette crise initiale débute, en général, aux premières heures du sommeil par une vive douleur au niveau du gros orteil d'un pied, alors que celui de l'autre pied demeure indolore. En quelques heures, l'orteil gonfle de plus en plus, devient rouge et brûlant. La douleur est vite intolérable et s'exaspère au moindre mouvement ou frottement de drap. A l'examen, on dirait un abcès et pourtant il ne s'agit nullement d'un tel mal.

Crise de goutte : des cristaux sous un aspect trompeur

L'orteil en crise prend tellement l'apparence d'un abcès que bien souvent, et surtout autrefois, on faisait usage du bistouri avec l'espoir d'évacuer un pus qui, en vérité, n'existait pas. Loin de soulager, une semblable intervention ne faisait qu'accroître les douleurs.

De nos jours, le processus d'un accès goutteux est désormais bien connu. Il s'agit d'une réaction inflammatoire de l'articulation de l'orteil, provoquée par la présence et l'accumulation de cristaux d'urate de sodium dans la cavité articulaire. De tels cristaux sont constamment retrouvés dans le liquide d'une fluxion goutteuse. Leur provenance résulte d'un excès d'acide urique, substance tout à fait normale dans l'organisme mais qui, au-delà de certaines teneurs, cesse d'être dissous dans le sang et 'précipite" sous forme de cristaux dits uratiques. La goutte ne relève donc nullement des maladies infectieuses, parasitaires ou tumorales, mais d'un déficit métabolique, c'est-à- dire d'une auto-intoxication, presque toujours d'origine nutritionnelle.

Comment traiter la crise de goutte ?

  • Repos au lit avec, si possible, un arceau au-dessus du pied souffrant, afin d'éviter le poids du drap et des couvertures.
  • Localement, compresses froides ou vessie de glace.
  • Allopathie : Colchicine, uniquement sur prescription médicale, à doses fortes d'emblée puis dégressives sur 3 à 7 jours, tout au plus. Savoir que ce médicament de première urgence peut provoquer d'importantes diarrhées. Anti-inflammatoires de type non stéroïdien, tels qu’indométacine ou diclofénac, avec prises au cours des repas, et à poursuivre jusqu'à complète rémission de la crise.
  • Phytothérapie : Feuilles fraîches de bouleau bardane ou cassis, à écraser et à appliquer localement en cataplasme. Rhizomes de fougère mâle en décoction d'au moins 3 litres, pour adjonction à un bain de pied calmant.

Boissons indispensables (2,5 à 3,5 l sur 24 heures)

  • Eaux bicarbonatées sodiques (sauf si hypertension), en tout premier : Vichy Célestins, Vals, Regina, Hydroxydase.
  • Autres eaux minérales, en abondance (1,5 à 2 par jour) Evian, Contrex, Vittel, Volvic, Quézac, et Eaux de source.

De la crise de goutte à la maladie du trop bien manger

La crise goutteuse ayant été dominée et parfois non sans difficulté, au terme de trois à cinq jours voire dix jours, la guérison est fort loin d'être acquise. Les douleurs cessent, mais l'excès d'acide urique reste, et de nouvelles crises menacent.

La crise survenue n'a été que révélatrice d'une pathologie plus profonde, la maladie goutteuse, qu'il va s'agir de traiter avec persévérance et surtout privation de la plupart des plaisirs de la table, presque toujours inhérents à ce type d'affection.

En effet, connue depuis les temps les plus anciens, la goutte a toujours été considérée, au cours de l'histoire, comme une "maladie royale". Seuls les riches et les repus de ripailles ou beuveries pouvaient en souffrir. Misère et pauvreté en préservaient. En France, lors de l'Occupation, les crises goutteuses furent presque inexistantes.

De nos jours et dans la plus grande majorité des cas, la goutte mérite bien son surnom de "maladie du trop bien manger". Bons vivants, habitués de festins arrosés ou « gueuletonneurs » impénitents sont particulièrement menacés. L'obésité, de même que les états hypertensifs, favorisent aussi la maladie goutteuse.

Une fleur toxique mais salvatrice

Médecine douce que celle par les plantes, a-t-on coutume de dire. C'est là un pernicieux axiome. Nombre de végétaux, loin d'être anodins, ne sont autres que de redoutables poisons. La colchique, aux corolles automnales d'un tendre violet, en constitue l'un des meilleurs exemples par son alcaloïde majeur, ayant pour nom colchicine.

Cette dernière, bien que hautement toxique, demeure - et cela depuis des temps immémoriaux - l'un des plus actifs de tous les produits aptes à dominer une crise de goutte. Son administration, dès les premières douleurs d'une crise goutteuse, permet d'apaiser rapidement cette dernière.

Son action est tellement spécifique de la goutte que, lorsqu'il y a poussée d'arthrite à un pied et que l'on doute de sa cause, le diagnostic s'en trouve ou non confirmé par un 'test à la colchicine . D'autres médicaments peuvent compléter le traitement (voir plus haut).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. - * Champs obligatoires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

quis venenatis, ut leo Praesent vulputate, risus ut