Comment reconnaitre la maladie d’Alzheimer ?

Le malade n'en ayant pas conscience, les premiers signes d’Alzheimer sont, en général, constatés par l'entourage. Quels sont-ils ? femmes souffrant d'Alzheimer

Douleurs, fièvres, déficits moteurs ou sensoriels, ce sont là des manifestations qui justifient plaintes, inquiétudes et appels de soins de tous ceux qui les éprouvent. Il en va ainsi pour pratiquement toutes les affections. Les malades savent, en général, et les tout premiers, qu'ils le sont.

Avec la maladie d'Alzheimer, rien de tout cela. Nulle doléance particulière du patient. Nul trouble d'emblée évident. Nulle preuve biologique ou radio- logique patente. Nulle revendication thérapeutique de l'intéressé car lui-même ignore son mal... Et ce dernier demeure pourtant l'un des plus partagés au-delà d'un certain âge. Plus de 400 000 cas actuellement dénombrés en France, et à l'évolution d'autant plus inexorable qu'à ce jour la maladie d'Alzheimer reste encore sans réel traitement curatif. Seul l'entourage et cela bien plus que le médecin peut détecter l'affection en ces débuts.

Divers états et surtout comportements sont particulièrement révélateurs. Parmi ses proches les plus âgés, savoir ne pas les confondre avec des signes de simple vieillissement et bien les détecter à temps pour conduire à une consultation sans retard.

Trous de mémoire

Qui, selon les jours, ne se lamente pas plus ou moins de sa mémoire ? un nom qui échappe, une date précise impossible à se remémorer, rien de plus commun. Avec les années, de telles défaillances se multiplient et il est habituel de les mettre sur le compte de l'âge.

L'entourage ne s'en inquiète guère. Or, parmi les symptômes initiaux de la maladie d'Alzheimer, les "trous" de mémoire sont les plus fréquents.

Mais ce sont là des troubles dont les malades ne se plaignent pas. Tout au contraire, si le "trou" de mémoire s'accompagne de plaintes, c'est qu'il ne relève nullement de la maladie redoutée. Le sujet a conscience de sa défaillance et il en souffre.

Pour préciser avec exactitude l'origine des troubles de mémoire, il existe désormais des tests psychométriques, permettant de détecter une maladie d'Alzheimer de façon très précoce. (Voir notre article.)

Désintérêt à table et amaigrissement

Voici, par exemple, le cas de Louis. Jusqu'alors toujours l'un des premiers à table, il faut désormais insister pour qu'il s'y rende. Bon mangeur habituel, il ne finit plus son assiette, refuse certains plats ou ne veut, par périodes, consommer que le même aliment. Une perte de poids plus ou moins rapide ne manque pas de s'ensuivre.

A la recherche d'une maladie organique, digestive ou autre, on ne décèle absolument aucune lésion particulière. Tout amaigrissement progressif et pouvant devenir important, sans aucun état pathologique susceptible d'en être la cause évidente, mérite d'être considéré comme un signe d'alerte de la maladie d'Alzheimer.

Des actes insolites

Cet homme jusqu'alors si parcimonieux de son argent, voire assez avare, qui s'en vient, certains jours, à donner des billets de banque à la première personne rencontrée. Ou cette femme qui se complaît, des heures durant, à baigner dans un lavabo une poupée en chiffon. Ou cette autre qui, à la moindre sortie hors de chez elle, s'empresse de placer son sac dans une grande valise qu'elle porte avec difficulté.

De semblables comportements, plus ou moins répétitifs, ne manquent évidemment pas d'inquiéter l'entourage. Evocateurs d'un syndrome psychiatrique, ils risquent parfois de conduire à un internement abusif alors qu'ils relèvent d'une maladie d'Alzheimer déjà avancée.

"Il ne me reconnaît plus" "Bonjour, madame, qui êtes-vous donc pour venir ainsi chez moi ?"

Et d'un sombre regard inquisiteur, Marcel a longuement dévisagé, tout en la repoussant, celle qui venait de lui répondre, avec tendresse : "Mais, je suis Simone, ta femme. Un semblable dialogue illustre l'une des plus déchirantes situations que peut vivre un couple dont l'un des deux présente une maladie d'Alzheimer déjà assez évolutive.

Les fausses reconnaissances avec méprises sur l'identité des personnes rencontrées et jusqu'aux méconnaissances totales, comme dans le cas évoqué, sont particulièrement fréquentes lors de certaines évolutions de la maladie. Elles peuvent conduire à des altercations, voire à des sévices lorsque la rencontre a lieu avec un inconnu.

Autres signes d'alerte

Bien d'autres troubles sont susceptibles pour l'entourage d'être révélateurs d’une maladie d'Alzheimer. Et certains de ces signes peuvent être confondus avec d'autres maladies qui, elles, demeurent justiciables de traitements actifs. Aussi importe-t-il qu'un diagnostic formel soit porté avant d'affirmer que l'une ou l'autre des manifestations suivantes procède bien d'une maladie d'Alzheimer :

  • Une apathie, un repliement sur soi-même, associé ou non à de fortes réticences à toute conversation ou à tout geste de communication.
  • une confusion de vocabulaire, un langage incompréhensible, une jargonaphasie (propos incohérents) ou, tout au contraire, mutisme complet.
  • Des maladresses de plus en plus fréquentes, mais aussi de soudains trébuchements avec de possibles chutes.

Les "fausses" maladies d'Alzheimer

De 10 à 15 % de diagnostics de maladie d'Alzheimer seraient portés à tort ! D'après les statistiques, ce pourcentage d'erreur résulte du fait que bien des manifestations, semblables à celles de cette maladie, se constatent pareillement pour des causes très diverses, notamment toxiques, endocriniennes, infectieuses et surtout circulatoires. En psychiatrie, des états dépressifs sévères prennent parfois l'aspect de pseudo-démences.

Mais les causes les plus fréquentes sont d'ordre iatrogène, c'est-à-dire secondaires à la prise de certains médicaments.

Nombre de ces derniers, prescrits sur de longue durée et après un certain âge, sont susceptibles d'induire des troubles indésirables, très évocateurs de ceux de la maladie d'Alzheimer, avec pertes de mémoire, désorientation temporo-spatiale ou fausses reconnaissances Il en va ainsi avec des sédatifs hypnotiques, tels que benzodiazépines ou barbituriques, des antispasmodiques tels qu'atropine et ses dérivés de synthèse, des anti-hypertenseurs ou de bien d'autres produits.

À lire aussi : Maladie d’Alzheimer : écouter et comprendre

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