Préserver la santé de vos jambes face aux risques d’insuffisance veineuse

Menace sur vos jambes : la « maladie veineuse ». Au 18ème congrès mondial de phlébologie, les médecins ont rappelé comment l’éviter. Pour avoir le plus longtemps possible des jambes belles et en bonne santé.jambes souffrant d'insuffisance veineuse

Dans les pays développés, la maladie veineuse touche près de la moitié de la population. Mais en France, cette affection a beaucoup reculé depuis une trentaine d’années grâce aux progrès médicaux, à la prévention et à l’association de mesures appropriées.

Le 18e congrès mondial de l’Union internationale de phlébologie qui s’est tenu à Melbourne début février a permis de tirer à nouveau la sonnette d’alarme sur une maladie considérée souvent comme banale, surtout lorsqu’elle débute : la maladie veineuse.

D’après une récente enquête effectuée par la Sofres chez des femmes de plus de 25 ans, 33 % disent souffrir ou être gênées par le mauvais état de leurs jambes dans leur activité quotidienne. Parmi elles, 89 % ont déjà consulté pour ce motif. Lorsqu’un traitement a été prescrit, il s’agit d’un médicament pour les deux tiers et d’une méthode chirurgicale pour 10 % d’entre elles.

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Tout commence par des lourdeurs

La maladie veineuse peut se présenter sous différentes formes. Il s’agit d’une affection évolutive pouvant s’aggraver lorsqu’elle n’est pas traitée.

Les veines, qui permettent le retour du sang vers le cœur, sont des tuyaux extensibles, contractiles et élastiques, dont la paroi musculaire est peu importante, contrairement à celle des artères. Ce retour sanguin du membre inférieur est assuré par un double réseau veineux, profond et superficiel.

Afin d’assurer pleinement leur fonction, les veines profondes possèdent des valvules, disposées à intervalles réguliers sur la face interne de leur paroi, qui jouent un rôle de dispositif anti-reflux ; l’altération de ces valvules peut entraîner ou aggraver la maladie veineuse.

La maladie veineuse peut se décomposer schématiquement en quatre stades. A chacun d’eux correspond un traitement spécifique qui, appliqué à temps, évitera, dans la majorité des cas, de passer au stade suivant.

  • Le stade I est celui que beaucoup d’entre nous connaissent. On l’appelle le stade pré-variqueux. Jambes lourdes, congestion, pesanteur au niveau des chevilles et des mollets, fourmillements, brûlures sont les signes typiques. Ils sont parfois légers, parfois très invalidants. Ils sont caractéristiques de l’insuffisance veineuse surtout si l’un de vos parents souffraient lui aussi de ces troubles. Le travail debout, le chauffage par le sol ou les grossesses sont souvent des facteurs dits aggravants.
  • Le stade II est celui des varices chez des personnes programmées génétiquement. Un traitement précoce au stade 1 les retardera, sans les éviter.
  • Le stade III : longtemps après, et si les varices n’ont pas été traitées, apparaît l’eczéma variqueux.
  • Le stade IV, plus rare, est celui des ulcères de jambe.

La part de l’hérédité

La maladie variqueuse évolue très lentement avec des poussées du premier âge jusqu’à la vieillesse. C’est pourquoi elle doit être surveillée, surtout en cas de facteurs héréditaires déterminants. L’enfance est une période de latence. A l’adolescence, les veines se distendent et le stade I fait son apparition. Certains adultes voient des varices apparaître, leur causant des douleurs et un handicap.

Après cinquante ans et sans soin, les ulcères ou le risque thrombo-embolique (occlusion d’un vaisseau sanguin résultant du passage successif de caillots) ne sont pas négligeables.

Vous pouvez agir

La mauvaise circulation du sang dans les veines conduisant celui-ci à stagner au niveau des pieds et des mollets est à l’origine de l’insuffisance veineuse.

D’autres facteurs peuvent être évoqués comme une certaine hérédité – il existe en effet des familles de variqueux -, mais aussi une désorganisation de la paroi veineuse qui conduit à l’apparition de varices qui n’a rien à voir avec le vieillissement de la paroi veineuse, dans laquelle les éléments sont altérés mais la structure conservée.

Si l’on ne peut agir sur le « terrain » favorisant l’insuffisance veineuse, des conseils peuvent être donnés afin d’éviter, si possible, les facteurs extérieurs qui entretiennent ou aggravent la maladie.

Il convient d’éviter :

  • L’immobilité debout ;
  • Le port de vêtements trop serrés : jeans, culottes, chaussettes ou bas ;
  • L’obésité ;
  • L’élévation prolongée de la température : bains trop chauds, bains de soleil, chauffage par le sol.

Sont conseillés :

  • La marche, la gymnastique rééducative contrôlée, le golf, le ski, la position couchée avec les pieds surélevés, une douche à l’eau fraîche ;
  • La gymnastique respiratoire ;
  • Les semelles orthopédiques.

L’examen médical

Aux moindres signes douloureux ou esthétiques, consultez votre médecin généraliste qui vous indiquera un spécialiste si besoin est. Un interrogatoire approfondi permet de détecter une insuffisance veineuse qui s’accompagne de jambes lourdes, de crampes et d’impatiences » nocturnes.

Ces signes augmentent dans la journée, avec une station debout ou assise prolongée, la fatigue, le chauffage par le sol ou encore par temps lourd et humide. Parfois s’ajoutent un œdème de la cheville en fin de journée, des varicosités (petits vaisseaux qui éclatent).

Un examen clinique vient enfin compléter cet interrogatoire. Il se pratique debout afin d’inspecter, de palper les veines et de repérer d’éventuelles varices.

L’échographie-Doppler qui associe deux examens donne de bons renseignements sur l’état veineux profond en permettant de distinguer des varices sans atteinte des veines profondes ou d’autres faisant suite à une phlébite. Il permet aussi de repérer un éventuel caillot.

Les remèdes

Pour soulager et traiter la maladie veineuse, les médicaments et la contention donnent de bons résultats.

Il existe différents médicaments qui sont d’autant plus efficaces qu’ils sont prescrits tôt.

Appelés phlébotropes, phlébotoniques ou veinotoniques, ils aident à lutter contre :

  • la douleur,
  • la sensation de pesanteur,
  • les crampes nocturnes,
  • l’œdème des chevilles.

Ils sont recommandés à tous les stades de la maladie veineuse, seuls aux stades I et II, et en association avec d’autres moyens thérapeutiques aux autres stades. Ils soulagent de façon notable et ont un effet préventif reconnu pour empêcher l’évolution de la maladie. Ces médicaments sont prescrits soit en cure continue (deux par an, à l’automne et au printemps), soit en cures discontinues de 20 jours par mois.

La contention élastique a pour effet de réduire le calibre des veines. Selon le degré de contention, cet effet concernera les veines superficielles et/ou les veines profondes. Ces collants de contention :

  • évitent donc une dilatation progressive de la veine et des veinules,
  • favorise une meilleure vascularisation de la peau
  • et contribue à résorber un éventuel œdème.

Suivant le stade de la maladie veineuse, l’angiologue vous conseillera une contention plus ou moins forte.

On parle de classes : la classe 1 traite les troubles sans varices, la 2 les varices constituées, la 3 les ulcères de jambes et la 4 les lymphœdèmes. Ces bas ou collants sont vendus en pharmacie ou dans les maisons spécialisées en orthopédie, voire en grandes surfaces où l’on en trouve d’aptes à soulager et à rendre la jambe légère.

Le drainage veinolymphatique, mais aussi la mésothérapie ou les cures thermales (Barbotan, Evaux-les-Bains, La Léchère, Luxeuil, etc.) sont souvent proposés. Dans d’autres cas, il faut avoir recours à la chirurgie des veines. Bien que faisant toujours un peu peur, elle est de mieux en mieux maîtrisée et se pratique le plus souvent en ambulatoire, ne nécessitant pas d’hospitalisation. Dans tous les cas, il est indispensable d’avoir recours à un spécialiste.

Les femmes, concernées au premier chef, sont de plus en plus conscientes qu’il ne s’agit pas d’une fatalité, mais qu’elle peut être traitée tôt afin d’éviter l’aggravation.

L’angiologie est une spécialité à laquelle s’intéressent non seulement les médecins, mais aussi les généralistes et les médecins du travail qui sont les plus confrontés à cette pathologie.

VRAI ou FAUX ?

  • La grossesse favorise la maladie veineuse : vrai !

La grossesse concourt à provoquer, révéler ou aggraver l’insuffisance veineuse. En effet, les hormones augmentent la distension veineuse et le volume sanguin est plus important, etc. La contention élastique adaptée, la marche, la natation et les veinotoniques doivent être largement utilisés aussi bien préventivement que pour traiter. Certaines varicosités ou même varices peuvent disparaître après la naissance.

  • Il faut arrêter de prendre la pilule en cas de maladie veineuse : faux !

Il y a quelques années la pilule ; fortement dosée en œstrogènes, pouvait constituer un risque. Aujourd’hui, tes contraceptifs oraux (minidosés) sont beaucoup moins nocifs. Néanmoins, en cas de problèmes, il faut impérativement dire au médecin que vous prenez la pilule, Lui seul pourra vous conseiller.

  • Les talons hauts sont mauvais pour les jambes : vrai ! 

Toutes celles qui comptent suivre la mode de près en portant des talons aiguille vont être déçues !

En effet, le port de talons supérieurs à 5 cm est fermement déconseillé pour les femmes souffrant de maladie veineuse.

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