Grâce à l’opération, 50 % des lymphœdèmes modérés sont guéris

À quel moment survient un syndrome du "gros bras" ou de la "grosse jambe" ? Au niveau du membre supérieur, le risque existe après un cancer du sein, si on a dû enlever les ganglions (curage ganglionnaire) et s'il a été traité par radiothérapie. Au niveau des membres inférieurs, un lymphœdème - c'est le terme médical - peut également survenir après enlèvement des ganglions, mais aussi après toute forme de radiothérapie pour traiter un cancer. Et ce, même des années après. Enfin, chez l'enfant ou l'adolescent, une insuffisance du système lymphatique est responsable de lymphœdèmes congénitaux.

Female Hand Holding Blue Ribbon Isolated.
© istock

À qui s'adresse cette technique ?

Tout d'abord, il faut préciser que la physiothérapie, le traitement standard des lymphœdèmes qui consiste en un drainage lymphatique éventuellement associé à des bandages, est efficace chez trois patients sur quatre si elle est pratiquée par un kinésithérapeute qui connaît bien la technique. Je propose de recourir à l'autogreffe de ganglions

Le Dr Becker, micro-chirurgien, a mis au point la technique d’autogreffe de ganglions pour améliorer les cas difficiles. Pour les patients qui ne répondent pas à ce traitement, et chez ceux qui sont victimes d'infections chroniques.

Quel est son principe ?

Par microchirurgie, on prélève une masse graisseuse, qui contient quelques ganglions vivants nourris par une altère et une veine, près de la hanche, dans le creux de l'aisselle ou dans le cou. On greffe ensuite ces ganglions là où ils pourront pomper, filtrer et stériliser la lymphe à la place des ganglions manquants. L'intervention est pratiquée sous anesthésie générale. Elle dure entre 1 heure 30 et 2 heures et requiert une hospitalisation de deux à trois jours.

Une précision : après ablation du sein, les ganglions peuvent être prélevés avec de la peau de l'abdomen pour une reconstruction simultanée du sein.L'intervention dure alors cinq heures.

Quels sont les résultats ?

Dans les lymphœdèmes modérés, d'installation récente (moins de cinq ans), on a 50 % de guérison et 40 % d'amélioration à deux ans (car plus le temps passe, plus le membre s'améliore). Pour les cas les plus sévères, les patients peuvent perdre jusqu'à 30 cm de circonférence sur une jambe, même si le membre ne sera jamais vraiment normalisé. L'opération réduit également de manière considérable le taux d'infections, sans antibiotiques, et peut soulager la douleur ressentie dans certaines situations.

L'opération comporte-t-elle des risques ?

Pour la pratiquer, il faut être micro-chirurgien et bien connaître l'anatomie afin de ne pas créer un nouvel œdème au niveau du site donneur. Mais une intervention chirurgicale présente toujours un risque infectieux, et ce d'autant plus que les lymphoedèmes contiennent des germes.

Est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

À l'hôpital, l'opération en elle-même est remboursée à 100%, mais il y a un an de liste d'attente. En clinique, l'attente est de trois mois, mais il faut compter un dépassement de 1 000 à 1 500 €, qui peut être pris en charge partiellement ou totalement par la mutuelle. Néanmoins, on fait passer en priorité les cas très délicats, même si les personnes n'ont pas les moyens financiers.

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