Le cancer de la prostate en 10 questions

 

Les hommes sont nombreux, à partir de 60 ans, à souffrir de divers troubles urinaires. Ces signes sont-ils les témoins d’un cancer de la prostate ? 10 questions.., et leurs réponses sur cette maladie, fréquente et pourtant mal connue.

Le cancer de la prostate est-il fréquent ?

Oui. C’est le deuxième cancer de l’homme (après le cancer des bronches). Il apparaît dès 50 ans et augmente de fréquence avec l’âge.

Ce cancer présente une particularité: si un très grand nombre d’hommes risque de présenter un jour un tel cancer (des études après autopsie montrent, en effet, qu’à partir de 80 ans, deux hommes sur trois ont des cellules cancéreuses dans la prostate), seuls certains d’entre eux auront une traduction clinique de ce cancer. Et l’on ne sait toujours pas, aujourd’hui, pourquoi, chez les uns, les tumeurs se mettent à grossir et à se manifester, alors que chez les autres, elles n’évoluent pas ou si lentement qu’on ne  connaît jamais leur présence.

Quels en sont les signes?

Les manifestations de ce cancer traduisent son stade d’évolution. Il reste longtemps silencieux (quand il est petit et localisé à la glande).

Quand il grossit, il peut donner des signes urinaires (qui sont les mêmes que ceux d’un adénome) : besoins fréquents d’uriner, surtout la nuit, difficultés à uriner pouvant aller jusqu’à une rétention complète. Jusqu’à ce stade, rien ne différencie un adénome d’un cancer. Des examens seront donc in dispensables pour faire le diagnostic.

Les stades ultérieurs d’évolution traduisent une extension de la tumeur hors de la prostate.

Cette extension peut être locale (insuffisance rénale, phlébite de la jambe) ou générale (envahissement de ganglions ou apparition de métastases surtout osseuses se manifestant par des douleurs dans les vertèbres ou des fractures spontanées).

Comment être sûr du diagnostic?

Plusieurs examens permettent d’explorer la prostate. Le plus classique, et le plus simple, est le toucher rectal. Cet examen, effectué par un médecin généraliste ou spécialiste (urologue), re cherche une irrégularité, une dureté de la glande, signes fortement évocateurs de malignité.

Le principal examen biologique est le dosage du PSA (antigène spécifique de la prostate), dont l’élévation révèle une souffrance de la prostate: cancer mais aussi adénome, prostatite… L’élévation de cet antigène n’est donc pas spécifique de cancer ; néanmoins, plus la hausse est importante, plus la présence d’un cancer est probable. On peut s’aider également du dosage des PAP, phosphatases acides prostatiques.

Enfin, l’échographie prostatique permet de “voir” la prostate et ses tu meurs. Elle doit être endorectale, c’est-à-dire que la sonde d’échographie est mise dans le rectum, afin d’avoir la vue la plus proche possible de la glande prostatique. L’échographie (dont les signes ne sont malheureusement pas totalement fiables) apprécie le volume de la prostate, repère les zones anormales et surtout permet de guider une biopsie.

En effet, la seule preuve absolue de la présence d’un cancer de la prostate est la mise en évidence de cellules cancéreuses. Une biopsie est donc nécessaire ; elle se fait par voie endorectale sous contrôle de l’échographie ou du doigt, grâce à un pistolet à ponction mécanique, qui rend le geste très rapide et donc pratiquement indolore.

Le dépistage systématique: une nécessité ?

Vu la lente évolution d’un grand nombre de cancers de la prostate, certains médecins désapprouvent la pratique d’un dépistage systématique. Néanmoins, étant donné la mortalité liée aux cancers de l’homme relativement jeune, il semble raisonnable de faire un dépistage à partir de 60 ans (55 en cas de signes urinaires) et ce, jusqu’à 75 ans. Le toucher rectal, fait annuellement, est, seul, le meilleur examen à effectuer dans un but de dépistage, s’il est fait par une personne compétente et entraînée. Beaucoup de médecins recommandent, en plus du toucher rectal, un dosage annuel des PSA. La confrontation des résultats de ces deux examens repère un très grand nombre de cancers.

Y a-t-il d’autres circonstances de découverte d’un cancer?

Oui. Lors d’un simple examen de dé pistage systématique ou au cours d’une intervention faite pour traiter un adénome. Dans ce dernier cas, la lésion est systématiquement analysée et il arrive que l’on découvre alors qu’en plus de l’adénome existait un cancer.

Un adénome peut-il dégénérer ?

Non. Ces deux maladies se développent à des endroits différents de la glande : le cancer sur la partie périphérique, appelée coque, l’adénome sur la partie centrale. Lorsque l’on enlève un adénome, on laisse en place cette coque et la surveillance ultérieure devra être identique à celle faite chez un homme n’ayant jamais été opéré.

Comment traite-t-on un cancer de la prostate?

Le traitement dépend du stade d’évolution du cancer mais aussi de l’âge du malade. Chez les gens relativement jeunes, les cancers peu évolués se traitent par radiothérapie ou par chirurgie.

Celle-ci se fait par voie abdominale haute et non par les voies naturelles. Le chirurgien enlève la prostate, une partie du col de la vessie et des vésicules séminales; il vérifie les ganglions.

Au-delà de 70-75 ans, l’évolution est souvent tellement lente que, lorsque le cancer est peu évolué, certains médecins préconisent la surveillance seule (s’il n’y a pas de signes cliniques évidemment).

De plus, des essais sont en cours pour étudier l’effet d’un traitement hormonal (voir plus loin) dans ces cancers précoces.

Quelles sont les séquelles de l’opération ?

La stérilité est inévitable puisque la prostate est indispensable à la reproduction (voir ci-dessous).

Il existe rarement une incontinence urinaire (dans 1 à 5 % des cas).

Quant aux problèmes sexuels, ils sont variables. Il survient une impuissance (par perte d’érection) dans un cas sur deux et, dans la quasi-totalité des cas, la perte de l’éjaculation.

Que faire quand il s’agit d’une tumeur évoluée ?

Le principal traitement à ce stade est l’hormonothérapie. Pourquoi un tel traitement? Le cancer de la prostate étant hormono-dépendant, il faut supprimer la sécrétion de l’hormone “mâle” – ou testostérone. Deux solutions existent: opérer (on réalise alors l’ablation d’une partie des testicules, la pulpe, celle-ci étant le lieu de production d’hormones) ; ou donner des médicaments. Encore récemment, on administrait surtout des œstrogènes, efficaces mais à l’origine de gynécomastie (poussée des seins) et surtout de thromboses ou d’embolies.

Aujourd’hui, on préfère prescrire des analogues de la LH-RH (qui ont pour principal effet secondaire, tout comme la chirurgie, des bouffées de chaleur) ou des anti-androgènes, qui semblent avoir moins d’effets indésirables.

Dans tous les cas, pour soulager les malades qui souffrent de troubles urinaires, on peut faire une résection endoscopique (donc par les voies naturelles) de la prostate.

Après le traitement, quelle surveillance effectuer ?

Le suivi de ces cancers se fait régulièrement par un toucher rectal et un dosage des PSA. Celui-ci est un excellent marqueur de l’évolution. En cas de récidive, il s’élève bien avant que des signes cliniques n’apparaissent.

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