Éviter l’infarctus du myocarde : des solutions simples

Chaque année, en France, 120 000 personnes ont un infarctus. Pourtant de grands progrès ont été réalisés dans la prévention et le traitement. Éviter et prévenir l’infarctus et ses récidives, c’est aujourd’hui possible.

représentation du coeur humain

L’homme et la femme : inégaux devant le risque d’infarctus

À facteurs de risques égaux, l’infarctus du myocarde touche plus souvent les hommes (5 à 10 fois plus) que les femmes non ménopausées. L’inégalité des chances devant cette maladie s’explique par une protection naturelle des femmes par leurs hormones ovariennes, les œstrogènes.

Après la ménopause, si la fréquence des infarctus est sensiblement identique dans les deux sexes, le pronostic est plus mauvais chez elles.

Les femmes sont généralement plus âgées (de 10 ans) que les hommes au moment de l’accident cardiaque, leur état général est donc moins bon. Par ailleurs, elles cumulent plus souvent qu’eux des pathologies à risques pour le cœur. Les recherches se poursuivent et de nouvelles données se profilent tant sur l’origine que sur les moyens de prévenir cette maladie parfois mortelle. Agir efficacement consiste à dépister précocement mais aussi à corriger les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, tabac, hypercholestérolémie, diabète, obésité…).

Une modification du style de vie, une activité physique entretenue, une alimentation équilibrée adoptant les traditions méditerranéennes, la prise de certains médicaments sont autant de mesures indispensables à une bonne prévention de l’infarctus ou de ses trop nombreuses récidives.

1. Faire des exercices de cardio-training

Pour être profitable à votre cœur, l’exercice physique doit être régulier, de faible intensité sur une longue durée, autrement dit un sport d’endurance. Footing, vélo, natation, mais également ski de fond, roller, patin à roulettes… toute activité sportive qui fait travailler en priorité vos jambes est recommandée par les cardiologues.

Les exercices de cardio-training ne nécessitent pas forcément de matériel.

Très en vogue, le cardio-training reproduit en salle la réalisation de ces sports d’endurance. Le choix du matériel : rameur, vélo, tapis roulant… est une simple question de goût, car l’effet sera pour vous identique.

L’exercice physique a une action reconnue sur les facteurs de risque cardiovasculaire. Il diminue votre pression artérielle, augmente un peu votre bon cholestérol, abaisse légèrement votre sucre dans le sang, améliore votre performance cardiaque.

Globalement, les bénéfices sont reconnus à partir d’une heure par semaine fractionnée selon vos dispositions.

Vous êtes a priori en bonne santé

Si le sport est, en général, avantageux pour votre santé, seuls les sujets prédisposés seront protégés des maladies coronaires qui se manifestent généralement dès 40 ans chez l’homme, ou 50 ans chez la femme (où il existe, hors tout facteur de risque, une protection naturelle hormonale jusqu’à la ménopause).

Une heure de pratique à raison de 2 fois 30 mn ou 3 fois 20 mn est la durée conseillée.

La vitesse à laquelle s’effectue votre exercice n’offre aucun atout médical. Seule importe votre fréquence cardiaque maximale autorisée (voir plus bas). Un exercice productif, utile, doit atteindre et maintenir pendant 20 à 30 minutes 80 % de cette fréquence maximale.

Attention ! il ne s’agit pas de prendre la décision soudaine de faire travailler votre cœur sans précaution. Un cœur soumis à l’effort et non surveillé peut être exposé, le temps de l’exercice, à une aggravation d’un état pathologique ignoré.

Cela s’adresse notamment aux anciens sportifs qui prennent subitement conscience à 40 ans que leur silhouette a changé et que le sport manque à leur hygiène de vie !

Vous avez déjà eu un infarctus

La pratique d’une activité physique modérée et progressive (tapis roulant, vélo…) est un excellent moyen de réadaptation qui va vous protéger efficacement des récidives d’accident cardiaque.

Les avantages du cardio-training sont d’ordre psychologique (reprise de confiance en vous, maîtrise de votre angoisse post- infarctus) et physique (amélioration de votre qualité de vie, meilleur indice de longévité). Votre réintégration dans la vie active se fera ainsi dans les meilleures conditions.

Après un infarctus, 20 séances d’une heure environ vous seront prescrites sur tapis roulant, rameur ou bicyclette sous surveillance cardiologique permanente, à raison de 3 à 4 par semaine.

La base de départ de l’exercice est adaptée à votre capacité à la fois physique et cardiaque. Votre seuil de fréquence cardiaque à ne pas dépasser, au-dessous duquel il n’y a ni douleur cardiaque ni anomalie électrique, donc sans risque potentiel cardiaque, sera déterminé pendant ces séances. La puissance de votre effort sera ensuite progressivement augmentée.

Votre fréquence cardiaque doit être impérativement contrôlée pendant l’effort par un appareillage adéquat. Il s’agit d’une petite ceinture élastique à placer autour de la poitrine et d’une petite montre à porter au poignet qui indique en permanence votre fréquence cardiaque.

En théorie, tout le monde devrait être équipé de ce petit appareil (maintenant connecté) dont seul le coût entre 50 et 300€ (pour les modèles les plus récents) dissuade parfois les sportifs de se le procurer.

La poursuite de ces activités sportives à vie vous est vivement recommandée. Toute douleur ou essoufflement doit naturellement vous conduire à l’arrêt de l’exercice.

Comment mesurer votre fréquence cardiaque ?

Le pouls se mesure généralement au poignet (pulsations de l’artère radiale) avant l’effort et après son arrêt. Pour calculer votre fréquence cardiaque maximale, il suffit de sous- traire votre âge au chiffre 220.

Ainsi un homme de 50 ans aura une fréquence maximale de 220- 50 = 170. Un effort égal à 80 % de sa fréquence maximale ne devra pas dépasser 140 (170 X 80/100 = 136).

Pourquoi les artères se bouchent ?

Les artères coronaires (1 et 2), au nombre de deux, nourrissent le muscle cardiaque. Un défaut d’irrigation du cœur par interruption du flux sanguin dans les artères coronaires et c’est l’infarctus (3).

L’athérosclérose, véritable maladie des artères due à la constitution sur leurs parois de plaques fibreuses riches en graisse (4), est le principal responsable.

La paroi des artères, en l’occurrence coronaires, s’épaissit, par conséquent leur calibre diminue et la circulation sanguine se fait moins bien, parfois jusqu’à obstruction complète par un caillot sanguin (5), ou thrombus, qui se forme dans l’artère.

2. Suivre un régime méditerranéen !

Une étude effectuée sur des patients ayant eu un accident cardiaque a démontré que le changement des habitudes alimentaires pouvait réduire de 76 % la survenue d’événements cardiovasculaires (y compris mortels) et une réduction de 70 % de la mortalité, toutes causes confondues.

Un moyen préventif qui offrirait des résultats supérieurs aux autres. Calqué sur le régime crétois, pays où l’espérance de vie est la plus élevée au monde (peu d’infarctus, de cancers…), le régime méditerranéen est pauvre en graisses saturées (beurre, crème, lait…) et riche en graisses monoinsaturées comme l’huile d’olive.

Olive et colza en tête

A base de légumes, de fruits, de pain, de poisson, viandes maigres, mais surtout d’huile d’olive, de colza et de vin rouge à dose modérée au cours des repas, ce régime prévient les maladies cardiovasculaires en agissant sur plusieurs facteurs de risque.

Des résultats prouvés

L’huile d’olive permet notamment une meilleure résistance des LDL (mauvais cholestérol) à l’oxydation, ce phénomène favorisant l’athérosclérose.

L’huile de colza contient, quant à elle, un acide gras, l’acide linolénique qui joue un rôle important dans la prévention de l’infarctus du myocarde mais aussi de la mort subite cardiaque. Deux études américaines confirmeraient que l’acide gras qui prévient la mortalité cardiaque est l’acide linolénique.

Selon les médecins, il reste à expérimenter l’efficacité de ce régime dans d’autres pays. Il pourra alors non seulement être prescrit après un premier infarctus, mais également en prévention de celui-ci.

>> À lire aussi : La digitale : une plante contre l’insuffisance cardiaque

3. N’hésitez pas à faire un test d’effort

L’électrocardiogramme (ECG) au repos reflète une image du passé (séquelles d’infarctus par exemple), l’électrocardiogramme d’effort permet de vous prédire l’existence d’une maladie coronaire, même en l’absence de symptômes. C’est l’examen non invasif le plus facile à réaliser et le moins coûteux. De plus, son efficacité diagnostique est proche de 80 %.

epreuve d effort examen
Avant de reprendre une activité sportive, après 40 ans, pratiquez un ECG d’effort.

L’ECG d’effort doit être pratiqué, quel que soit votre âge, si vous avez un symptôme à l’effort, à l’exercice physique, voire à la marche (essoufflement anormal, douleur dans la poitrine…).

En l’absence de signes, tout homme de plus de 40 ans ou toute femme de plus de 50 ans, qui désire reprendre une activité physique, doit par prudence effectuer cet examen, surtout s’il existe au moins un facteur de risque (HTA, tabac, hypercholestérolémie).

  • L’examen est négatif, la pratique du sport est déclarée pour vous sans risque.
  • Une anomalie coronaire est détectée sur le tracé, une artériographie vous sera prescrite pour objectiver un ou plusieurs rétrécissements de vos artères coronaires.

En quoi consiste-t-il ?

Des électrodes autocollantes sont placées sur votre poitrine. Sous contrôle médical strict, vous allez réaliser un exercice physique (sur vélo ou tapis roulant) d’intensité croissante, en 3 ou 4 paliers successifs.

Chaque étape dure en moyenne 3 minutes. L’objectif est d’atteindre votre fréquence maximale théorique (220 – âge). Une douleur dans la poitrine, un malaise, une élévation forte de la tension artérielle, des troubles du rythme… imposent l’arrêt immédiat de l’examen.

Quand l’ECG d’effort est impossible pour des raisons multiples (impossibilité de pédaIer ou courir, insuffisance musculaire…), il vous sera préconisé une échographie cardiaque de stress. Elle consiste à mettre votre cœur en état d’effort par injection d’un accélérateur cardiaque. Cet examen est l’équivalent de l’ECG d’effort. (Comme l’ECG de repos, l’échographie cardiaque de repos n’offre aucun intérêt en prévention. Simple photographie du passé et du présent, elle permet de visualiser les contractions de votre cœur.)

4. Faut-il prendre des médicaments ?

Seuls ceux qui traitent les facteurs de risque sont utiles en prévention primaire de l’infarctus.

Medicaments infarctusVous êtes a priori en bonne santé

L’aspirine. Son rôle d’antiagrégant plaquettaire intéressant dans l’athérosclérose a conduit à étudier ses effets après absorption quotidienne à dose modérée. Une diminution des événements cardiaques a été notée dans les années suivant son administration, mais hélas… aussi des effets indésirables. L’aspirine n’est donc pas indiquée sans passé cardiaque.

Les antihypertenseurs. Ils réduisent le risque d’infarctus car l’hypertension artérielle altère les vaisseaux et le cœur. Le choix du traitement (bêtabloquants, diurétiques, inhibiteurs de l’enzyme de conversion…) dépendra de l’âge, des contre-indications éventuelles.

Les hypocholestérolémiants. Un taux élevé de cholestérol favorise la survenue d’une maladie coronaire. Une étude, réalisée chez plus de 6 000 personnes présentant une légère hypercholestérolémie sans symptôme de maladies coronaires, en apporte une confirmation. Elle révèle après un suivi de 5 ans qu’un traitement par la pravastatine (hypocholestérolémiant puissant) diminue de 30 % le risque d’accident cardiovasculaire. Ce médicament est donc recommandé chez des sujets d’âge moyen ayant une cholestérolémie un peu augmentée.

Les hypoglycémiants. Ils abaissent le taux de sucre dans le sang. L’athérosclérose débute précocement chez les diabétiques d’où l’intérêt de les traiter rapidement.

Vous avez déjà eu un infarctus

L’association aspirine, hypocholestérolémiants et antihypertenseurs est indiquée chez la plupart des patients ayant eu un infarctus. De même, le traitement des facteurs de risque (diabète, tabagisme, sédentarité) doit être poursuivi. De nombreuses récidives d’infarctus mortels auraient pu être évitées ces dernières années si le traitement avait été mieux suivi. Seuls près de la moitié des patients bénéficient d’une prévention secondaire efficace.

Les hypocholestérolémiants. Les statines sont conseillées en prévention des récidives d’infarctus, même si le taux de cholestérol total est peu élevé. L’Agence française du médicament vient d’autoriser l’utilisation de la pravastatine dans cette indication. Car les patients traités ont une diminution de 25 % des récidives d’infarctus et une baisse significative de la mortalité coronaire.

L’aspirine. Prescrite à vie après un infarctus, sa posologie, modérée, oscille entre 100 et 330 mg par jour.

Les antihypertenseurs. Bêtabloquants ou inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), ils ont prouvé leur utilité après infarctus que vous soyez ou non hypertendu.

L’aspirine détrônée ?

Un antiagrégant plaquettaire « le clopidogrel », est une alternative à l’aspirine en prévention secondaire. Il diminuerait encore le risque de récidive d’infarctus et offrirait une solution en cas de résistance à l’aspirine.

Avez-vous un risque d’infarctus supérieur à la moyenne ?

Vous êtes d’autant plus exposé à un accident cardiaque que vous avez au moins deux de ces facteurs de risque :

  • Votre tension prise après au moins cinq minutes de repos est supérieure à 14/9 lors de plusieurs consultations.
  • Vous avez un cholestérol total supérieur à 2 g/l avec un taux de LDL (mauvais cholestérol) augmenté 1,30 g/l).
  • Vous avez, à jeun, un taux de sucre dans le sang (glycémie) supérieur à 1,10 g.
  • Vous fumez. Votre risque de développer une maladie coronaire est multiplié par deux. Et si vous prenez la pilule, au-delà de 15 cigarettes par jour vos risques sont multipliés par 4.
  • Vous avez des antécédents cardiaques familiaux.
  • Vous êtes sédentaire.
  • Vous avez un surpoids c’est-à-dire un indice de masse corporelle (poids/taille2) supérieur à 25.
  • Votre rapport tour de taille/tour de hanche est égal ou supérieur à 0,85 si vous êtes une femme, à 1 si vous êtes un homme.

8 cl à 12cl de vin par jour, serait bon pour le cœur

Une grande étude, réalisée dans l’est de la France sur près de 34 000 sujets, conclut qu’une consommation modérée de vin rouge (maximum un verre et demi par jour chez la femme et 3 verres chez l’homme) réduirait d’environ 40 % l’accident coronarien ou cardiovasculaire et abaisserait la mortalité de 30 % toutes causes confondues.

Un effet aspirine

  • La protection contre la maladie coronarienne et la mortalité est d’autant plus importante que l’alcool est consommé régulièrement à dose (très) modérée. Une petite quantité de vin (10 à 15 cl) suffit à assurer une protection efficace. En revanche, des consommations plus importantes peuvent procurer l’effet inverse et augmenter les risques d’accidents cardiaques et de cancers, notamment de l’œsophage et du pharynx.
  • L’alcool préviendrait l’infarctus, c’est-à-dire la thrombose coronarienne (formation d’un caillot ou thrombus qui bouche l’artère coronaire). Comme l’aspirine, l’alcool prédispose à l’hémorragie en inhibant l’action des plaquettes sanguines. Celles-ci ont pour fonction principale d’arrêter l’hémorragie lors d’une blessure (phénomène de coagulation).
  • En plus de l’alcool, une substance – « les tanins » – contenue dans le vin rouge serait responsable de son effet protecteur. Sans alcool, le vin n’offrirait aucune protection sur les plaquettes. Les tanins possèderaient en effet des propriétés antioxydantes au même titre que les substances présentes dans les légumes et les fruits. Le vin rouge empêcherait l’oxydation des LDL (mauvais cholestérol) considérée comme facteur de risque de la maladie coronarienne.
  • Le mode de consommation aurait son importance. Boire le vin pendant les repas, comme le font les Français dans leur majorité, serait plus bénéfique qu’en dehors des repas.

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