Dépression des personnes âgées – que faire quand il s’agit de nos parents ?

Cette maladie est une souffrance pour les malades, mais aussi pour leur famille. Lorsqu’il s’agit de son père ou de sa mère, et qu’il est très âgé, cela peut nous atteindre au plus profond. Jusqu’à modifier nos relations avec lui.parent en souffrance de depression

Les parents des seniors ont pour la plupart dépassé le cap des 80 ans. Or, plus on avance en âge, plus on est vulnérable. La dépression est d’ailleurs quatre fois plus fréquente chez les personnes âgées que dans la population adulte. Plus fréquente, mais aussi moins repérable. Les raisons ? Multiples.

Pourquoi la dépression chez les personnes âgée est-elle difficile a déceler ?

D’abord, on pense à tort que le vieillissement lui-même est source de dépression. Puis, il existe souvent d’autres maladies et on se soucie plus du corps que du psychisme. Enfin, les dépressions à cet âge de la vie ne revêtent pas forcément les signes typiques (tristesse, difficultés de concentration, fatigue, troubles du sommeil…), mais d’autres formes.

Les personnes peuvent avoir des plaintes physiques (mal aux jambes, au ventre…) sans éprouver de sentiments de tristesse. Pour d’autres, la dépression sera masquée par des comportements agressifs et, parfois, un peu délirants. Enfin, une dépression peut être prise à tort pour une démence débutante. Confusion d’autant plus grande qu’une démence peut aussi démarrer par une dépression.

Et, fait aggravant, les personnes âgées consultent rarement pour dépression. De leur côté, les enfants sont souvent stupéfaits d’apprendre que leur parent souffre d’une dépression. C’est ce qui est arrivé l’année dernière à Nadine, 60 ans :

« Ma mère, qui a 88 ans, était pensionnaire d’une maison de retraite médicalisée et ne s’y plaisait pas du tout. Deux mois plus tard, elle tenait des propos étranges du genre « Je suis en haillons et les autres dames qui sont ici sont si élégantes. » J’ai pris cela pour un caprice.

D’ailleurs, même la gériatre de l’établissement n’y a vu que du feu et m’a conseillé de ne pas me laisser marcher sur les pieds ! »

Mais, quelques semaines plus tard, sa mère fait une tentative de suicide. Fort heureusement, elle en réchappe.

« Je m’en voulais terriblement, de ne pas avoir su décrypter les signes de cette dépression, souligne Nadine. Quelques séances avec une psychologue m’ont aidée à ne plus me sentir coupable. »

Des émotions oubliées de l’enfance

Quand on est déprimé, on n’a plus envie de rien et tout ce qui était source de plaisir auparavant ne l’est plus. Les personnes âgées déprimées qui vivent seules chez elles peuvent donc ne plus avoir la force de faire les courses, de préparer leurs repas sans pour autant le dire à leurs enfants pour ne pas avouer leur vulnérabilité.

Par ailleurs, la dépression suppose souvent une inversion des rôles parents-enfants. Les troubles dépressifs affectant le raisonnement et le jugement, donc le comportement, c’est aux enfants que revient la lourde tâche de prendre en main la vie de leur parent malade : prises de décision importantes, règlement des affaires courantes, décision d’hospitalisation…

La dépression fait parfois remonter à la surface des émotions du passé

Il peut s’agir d’émotions fortes éprouvées lorsque la personne âgée était bébé ou petit enfant, alors que la mémoire visuelle et auditive ne fonctionnait pas. Mais la mémoire émotionnelle était déjà active. De fait, elle pourra ressentir un sentiment d’abandon, dont elle ne connaît pas forcément l’origine.

Face à ce sentiment d’abandon, certains enfants ont tendance à culpabiliser et à vouloir en faire toujours plus pour soutenir leur parent souffrant. Et lorsque ce dernier délire, leurs angoisses s’amplifient.

Ils ont l’impression qu’il est devenu fou. Bien sûr, les réactions des uns et des autres diffèrent : tout dépend de la personnalité de chacun et des liens parents-enfants tissés auparavant.

L’équilibre familial est fragilisé

Certains enfants auront tendance à surinvestir le parent pour le protéger, au risque d’instaurer une relation trop fusionnelle. D’autres, au contraire, prennent de la distance car la dépression de leur parent les angoisse trop. Certains parviennent heureusement à trouver un équilibre : ils se dévouent à l’autre, sans sombrer dans le sacrifice. Il est d’ailleurs des enfants qui ont toujours connu leur parent dépressif :

« Dans ma jeunesse, je souffrais beaucoup des dépressions répétées de ma mère car elle me transmettait ses angoisses et on ne fréquentait personne. Au fil du temps, j’ai renoncé à certaines de mes exigences et elle a trouvé en moi une interlocutrice qui ne la juge pas », raconte Sophie.

Face à la dépression de leur proche, les enfants peuvent passer par différents états émotionnels : culpabilité, impuissance, colère, peur… Les psys ont bien pris conscience de l’impact de la dépression sur la famille. C’est pourquoi des services hospitaliers proposent des entretiens familiaux au cours desquels on réunit la famille le parent déprimé, les enfants et leurs conjoints et les petits-enfants. Il s’agit de recréer des liens.

La dépression d’un parent âgé peut aussi exacerber des rivalités entre frères et sœurs et fragiliser les couples, les conjoints pouvant avoir l’impression que l’autre s’occupe trop de son père ou de sa mère et se sentir négligés. Bref, c’est l’équilibre familial dans son ensemble qui est fragilisé, d’où le côté thérapeutique de ces entretiens familiaux.

Et lorsque la famille va mieux, la personne âgée déprimée augmente ses chances de reprendre goût à la vie…

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