Aider ses parents à choisir leur maison de retraite

Lorsque rester à domicile n’est plus possible pour les parents, les enfants partent en quête d’une maison de retraite. Une démarche à laquelle les intéressés doivent toujours être pleinement associés.

Entrer en maison de retraite, c’est pour les personnes âgées comme subir une sorte d’exclusion, alors que leurs proches l’envisagent comme une protection. Ceci, notamment quand on a épuisé toutes les solutions de maintien à domicile, en particulier la nuit. C’est à la personne elle-même, si elle dispose encore de toutes ses facultés, de décider. Même si ce n’est plus le cas, elle doit en être informée. La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, entrée en vigueur au 1er janvier 2016, prévoit de mieux accompagner l’expression du consentement des personnes lors de l’entrée en établissement.

Bon à savoir
Tous les établissements utilisent désormais un dossier national unique d’admission en Ehpad. (A télécharger sur vvww.service-public.fr)

Le bon moment, c’est aussi d’agir avant que l’entourage ne « craque » car l’urgence est toujours mauvaise conseillère. Enfin, il est préférable qu’une personne entre en maison de retraite tant qu’elle est encore capable de se réinvestir dans un autre mode de vie, un autre environnement.

Les résidences spécialisés

Logements-foyers ou résidences services, cette formule permet au résident d’être comme chez lui, avec des services collectifs d’aide (restaurant, ménage, blanchisserie, soins). L’inconvénient est qu’il ne peut y rester quand il perd son autonomie.

Les logements-foyers (ou résidences autonomie). Ce sont des établissements médico-sociaux, gérés par le Centre communal d’action sociale (CCAS) ou une association, destinés aux personnes âgées autonomes (seules ou en couple) et situés le plus souvent en centre-ville.

Un appartement équipé où l’on peut emménager avec ses meubles et ses effets personnels est mis à disposition, conformément à un contrat de séjour qui définit les obligations des occupants et celles du gestionnaire de l’établissement (prestations, tarifs). Comme à domicile, on peut avoir recours à des services extérieurs (aide à domicile, infirmiers).

La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement prévoit pour eux un nouveau souffle.

Rebaptisés « résidences autonomie », ils seront rénovés et bénéficieront d’un forfait permettant de financer des actions visant à préserver l’autonomie de leurs résidents.

Les résidences services. Proposées par des promoteurs privés, elles s’adressent à une population de retraités plutôt aisée et autonome. Elles se composent d’appartements groupés autour de services à la carte (blanchisserie, restauration, ménage, personnel de garde 24 heures/24…) Implantées elles aussi en centre-ville, elles fonctionnaient historiquement en copropriété. Mais ce type d’offre est de plus en plus abandonné, notamment à cause de la difficulté à revendre les appartements.

Réflexion : Mieux vaut entrer en maison de retraite quand on est encore capable de se réinvestir dans un autre mode de vie.

Depuis quelques années, un modèle différent se développe : les « résidences services seniors ». Il fonctionne en articulant des investisseurs immobiliers (individus, banques), les exploitants des immeubles et des services, et enfin des locataires.

Dépôt de garantie, ce que dit la loi

Le montant du dépôt de garantie éventuellement demandé lors de l’entrée en maison de retraite doit être fixé en fonction de la partie du tarif « hébergement» restant à la charge du résident, déduction faite, le cas échéant, de l’Aide sociale à l’hébergement (ASH) attribuée par le département.

Réponse ministérielle n°76066, JOAN du 15 décembre 2015

Entre privé et public

Privés ou publics, les établissements d’accueil répondent à des caractéristiques diverses.

Le privé libéral. Ce sont souvent des groupes qui peuvent rapidement trouver une solution. L’architecture des bâtiments est séduisante, l’aspect hôtelier est soigné. L’accent est porté sur l’aspect sécurité.

Le privé associatif. Il s’agit souvent d’une bonne solution car les associations sont impliquées sur le plan local. En revanche, ce secteur est plus lent à réagir.

Le public hospitalier. Son point fort, c’est le soin ; son point faible, le volet hôtelier.

Le public territorial. Les promoteurs de ces établissements sont les communes. Le principal avantage est que la culture locale y est très respectée. L’inconvénient est qu’il peut y avoir des lourdeurs administratives.

L’hébergement en famille d’accueil. La personne âgée est accueillie par une famille à titre payant. Les accueillants bénéficient d’une formation spécifique et d’un agrément délivré par le conseil départemental. Un contrat écrit, conclu de gré à gré, définit les conditions matérielles et financières de l’accueil, ainsi que les droits et devoirs de la personne âgée et de l’accueillant.

Les Maisons d’accueil rurales pour personnes âgées (Marpa). Situées en milieu rural, ces petites unités de vie proposent à leur vingtaine de résidents un logement privatif ainsi que des espaces de vie collective. Chacun dispose d’un vrai « chez soi » tout en conservant ses activités et relations sociales antérieures. Une équipe professionnelle coordonne les services autour des personnes accueillies.

Des accueils temporaires

Ces formules « entre deux» permettent aux accompagnants de se préserver un peu de temps libre.

Quelques semaines en maison de retraite. Les personnes âgées peuvent être hébergées quelques semaines, voire quelques mois, dans un établissement public ou privé. Une bonne alternative pendant la réfection d’un logement, à la sortie d’hôpital, en l’absence momentanée de l’aide à domicile ou pour des vacances.

Pour la journée. Les personnes âgées vivant à domicile peuvent aussi être accueillies pour une ou plusieurs (demi) journées par semaine. L’accueil de jour est soit autonome, soit rattaché à une maison de retraite ou à un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Chacun y bénéficie d’un projet individualisé de prise en charge, avec des activités adaptées: exercices physiques, stimulation de la mémoire…

À chaque situation sa solution

Trois types d’établissements existent. D’une part, les établissements de long séjour, très médicalisés, qui sont rattachés à un hôpital. D’autre part, les Ehpad (Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), maisons de retraite conventionnées qui signent une convention tripartite de cinq ans avec le département et l’Etat, ce qui les oblige à avoir une démarche qualité.

Une nouvelle évaluation de l’offre que propose l’établissement est faite tous les ans. Un résident entrant peu dépendant dans un Ehpad est sûr d’y rester, même si sa dépendance s’accentue. Enfin, les maisons de retraite non-conventionnées, qui ne peuvent recevoir les bénéficiaires de l’aide sociale et n’ont pas le droit de soigner des personnes dépendantes ou qui le deviennent.

Le coût à payer

La facture varie fortement selon les régions et le type d’établissement. Depuis 1 500 € par mois jusqu’à 3 000 € et même au-delà à Paris. Le prix comprend deux éléments : le tarif hébergement et le ticket modérateur qui représente la part de la dépendance non couverte par l’Allocation personnalisée d’autonomie, l’APA. Plus ce dernier est élevé, plus la présence de personnel soignant (hors infirmiers) est importante.

A la recherche de financements. Les revenus moyens d’une personne âgée ne permettent généralement pas la prise en charge en établissement sans un financement extérieur. Les aides sont de deux types: une allocation logement traditionnelle et, si c’est un Ehpad ou un long séjour, l’Apa, versée directement à l’établissement. On peut aussi essayer d’obtenir des aides des caisses de retraite complémentaire. Enfin, les personnes ayant de très faibles ressources peuvent bénéficier de l’aide sociale.

Se renseigner et se déplacer

Trois documents sont à lire absolument: le contrat de séjour, le règlement de fonctionnement et le livret d’accueil. Mais le mieux est de prendre rendez-vous et de se déplacer plusieurs fois avec son parent.

Diverses normes qualité concernent les maisons de retraite: AFNOR (norme NF), Qualicert (s’appliquant aux activités de services), Label Humanitude (pour les établissements accueillant des malades Alzheimer). Quand ils accueillent des personnes malades et fragilisées, les Ehpad doivent mettre en œuvre une évaluation interne et externe, contrôlées par l’Agence régionale de santé (ARS) et le conseil départemental.

Enfin, il ne faut jamais oublier qu’une maison de retraite n’est pas une prison. On peut toujours en sortir.

Attention fausse idées : Il ne faut pas se laisser impressionner par une apparence médicalisée. Une structure est médicalisée parce qu’elle emploie du personnel médical, ce qui n’est pas forcément synonyme de chrome ou de blouses blanches. En fait, le médical ne se voit pas. Soigner est indispensable, mais dans un univers familier et confortable.

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