Comment mieux vivre avec son diabète ?

En France, deux millions de personnes sont touchées par cette maladie. Et 800 nouveaux cas annuels sont dépistés chez les enfants. Complexe et mal connu, le diabète s'exprime sous deux formes très différentes : le diabète dit maigre ou insulinodépendant (type 1) qui concerne 10 % des diabétiques et le diabète "gras" ou non-insulinodépendant (type 2), le plus courant. Ces deux types de diabète sont graves, et tout particulièrement le premier.

homme senior se piquant pour mesurer son diabete
© istock

Le diabète insulinodépendant

« J'ai su que j'avais le diabète à l'âge de 14 ans », raconte Roselyne D., 35 ans. « Ce fut un véritable choc à l'époque. J'ai dû apprendre à me faire quotidiennement des piqûres d'insuline, à établir un emploi du temps et des régimes équilibrés.

Bref, à vivre "avec"... Il est vrai que c'est une maladie très contraignante, mais l'on peut mener une vie quasi normale. La preuve ? Je suis mariée et j'ai trois beaux enfants ! »

A l'origine du diabète insulinodépendant ?

Une insuffisance ou une absence de production d'insuline. Cette hormone, élaborée par le pancréas - ou, plus exactement, par les îlots de Langerhans, ces petits paquets de cellules disséminés dans le pancréas -, permet normalement au sucre d'être utilisé par les cellules. Elle contribue ainsi à la bonne santé de l'organisme.

Si l'insuline manque totalement ou en partie, le sucre n'est plus ou pas assez assimilé. Son taux s'élève alors dans le sang, entraînant toutes sortes de complications dans l'organisme à plus ou moins long terme : problèmes vasculaires (artérite des membres inférieurs avec risques de gan- grène, angine de poitrine, hypertension artérielle), rétinopathies diabétiques et pathologies rénales (néphropathie diabétique) et nerveuses (névrites).

Il faut savoir, en effet, que 50 % des cas de cécité sont dus au diabète. Que le nombre d'infarctus et de maladies cardiovasculaires est multiplié par six chez les diabétiques, que les risques d'amputation des membres inférieurs le sont par 15, et qu'une atteinte rénale sur trois est d'origine diabétique. En l'absence d'insuline, les cellules, qui habituellement consomment du glucose, se "nourrissent" alors de corps cétoniques dont l'acétone (lipides transformés par le foie).

L'acétone augmentant dans le sang passe dans les urines, dégageant une odeur (type dissolvant) bien particulière. Toxique pour l'organisme, l'acétone peut mettre la vie du diabétique en danger, entraînant un coma pouvant être mortel.

Une personne est diabétique lorsqu'elle a une glycémie, à jeun, supérieure ou égale à 1 ,2 g" (ce qui veut dite que la concentration de sucre dans le sang est supérieure à ce chiffre). Ce taux doit être vérifié plusieurs fois sur quelques semaines.

Premiers symptômes

L'impossibilité pour le sucre de ne pouvoir pénétrer dans le foie engendre une hyper- glycémie, qui se traduit par une soif intense, une grande fatigue, un besoin fréquent d'uriner, un amaigrissement et des malaises pouvant aller jusqu'au coma.

Les premiers symptômes (soif et besoin d'uriner) n'apparaissent que lorsque 80 à 90 % des cellules fabriquant l'insuline sont détruites. Le malade peut brusquement passer sans transition d'un excès (hyperglycémie) à un manque (hypoglycémie) de sucre dans le sang. Cela résulte du fait que le foie, normalement chargé en sucres de réserve sous la forme de glycogène, n'assure plus sa fonction compensatrice de tampon.

La maladie apparaît souvent de façon brutale à partir de 7-8 ans ou à l'adolescence, d'où le nom qui lui est parfois donné de diabète juvénile, bien qu'elle puisse survenir à l'âge mûr.

La moitié des diabètes insulinodépendants présente, au début, une phase de rémission qui dure environ six mois. La baisse ou la réduction de l'insuline est alors possible, mais uniquement de façon transitoire.

Le diabète maigre est une maladie auto-immune. C'est-à-dire que, sans que l'on comprenne véritablement pourquoi, l'organisme fabrique lui-même des anti- corps chargés de détruire les cellules des îlots de Langerhans, celles-là mêmes qui produisent l'insuline. Les facteurs déclenchants de cette réaction (virus, toxiques...) restent encore obscurs.

Seule certitude : la nécessité d'un terrain génétique - ou terrain familial. On sait en effet que les personnes prédisposées au diabète insulinodépendant sont porteuses d'une information particulière située sur le chromosome six. Donc transmissible.

Un traitement à vie

Le traitement consiste en des injections quotidiennes d'insuline couplées à une hygiène de vie parfaitement équilibrée.

Sport, alimentation, sommeil : tout doit être savamment mesuré et prévu de façon à doser l'insuline et à équilibrer le diabète. Le malade apprend à mesurer lui-même sa glycémie grâce à un appareil autopiqueur, totalement indolore, et à se faire ses injections d'insuline en fonction du résultat.

Différents outils sont actuellement disponibles pour ces injections :

  • la seringue, le plus classique ;
  • le stylo, avec des cartouches d'insuline prêtes à l'emploi ;
  • la pompe à insuline portable. Elle se porte à la ceinture comme un walkman. Une petite pompe, piquée dans le tissu sous-cutané et actionnée par un moteur, injecte de l'insuline. Au moment des repas, on peut programmer la pompe de façon qu'elle envoie davantage d'insuline. Système intéressant, mais peu pratique.
  • la pompe implantable : la première pompe a été implantée en France en 1981 arrêtée en 2019. Cette technique nécessite une intervention sous anesthésie locale ou générale. Un tuyau conduit l'insuline directement dans l'abdomen. Le débit est commandé par onde-radio. Seul inconvénient : le cathéter se bouche parfois, ce qui oblige à une nouvelle intervention. Par ailleurs, la technique ne supprime pas l'obligation d'une glycémie plusieurs fois par jour.

Le diabète non insulinodépendant

Il survient généralement chez des personnes obèses (d'où le nom de diabète gras), ayant par ailleurs des prédispositions génétiques : 80 % des personnes atteintes de diabète gras sont ou ont été obèses. Et 20 à 30 % des obèses âgés de plus de 40 ans auront ce type de diabète. La plupart du temps, la production d'insuline serait suffisante si le poids n'était pas excessif par rapport au fonctionnement du pancréas.

L'essentiel du traitement consiste à faire maigrir le malade, à lui prescrire un régi- me sans sucre à absorption rapide, et des médicaments hypoglycémiants. Un exercice physique régulier est conseillé, une trop grande sédentarité liée à une sur- charge pondérale pouvant engendrer la maladie. Ce diabète survient à l'âge adulte.

Il peut être dépisté à l'occasion d'une vi- site médicale de routine. Plus le dépistage sera précoce, plus le profil évolutif des tendances diabétiques du malade pourra être modifié tôt.

L'amaigrissement améliore sans conteste la maladie. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, quelques kilos en plus déclencheront à nouveau la maladie.

Autres sujets à risque : les femmes mettant au monde des enfants pesant à la naissance plus de 4 kilos, celles qui ont eu des enfants morts in utéro inexpliqués et les personnes ayant eu une période d'hyperglycémie due à différents facteurs (grossesse, pilule contenant des estrogènes et des progestatifs de synthèse, cortisone, et chocs opératoires, trauma- tiques, cardiaques ou affectifs...).

Attention ! s'il n'est pas traité - et c'est là l'aspect pernicieux de ce type de diabète que l'on peut ignorer durant de longues années puisque l'hyperglycémie modérée ne donne aucun signe clinique le diabète non-insulinodépendant peut entraîner à terme de nombreuses maladies vasculaires, rénales et nerveuses. En périodes "délicates" (intervention chirurgicale, forte émotion, traitements médicamenteux, grossesse...), de l'insuline pourra être prescrite de façon transitoire.

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