Maladie d’Alzheimer : écouter et comprendre

Alzheimer senior-min

Spécialiste du maintien à domicile et fondateur des structures d’accueil et d’hébergement Parentés, le Dr Marc Leron, médecin gérontologue, répond à nos questions.

La maladie se résume-elle à des troubles de la mémoire ?

Les troubles de la mémoire sont toujours présents et précoces dans cette maladie… Au début de sa maladie, la personne ressent une sensation de mal-être et une véritable souffrance.

Elle est à tout moment angoissée par son trouble. Son comportement, ses questions ou le déni de sa maladie traduisent cette angoisse, qui va s’exprimer sous forme soit de tristesse, d’apathie et de retrait, soit d’énervement et d’excitation quasi permanente.

L’entourage dissimule mal son impatience et son inquiétude, la tension va s’accroître et les troubles du comportement vont s’accentuer. À cet instant, on peut voir apparaître des manifestations telles que des cris, une agitation, une agressivité.

Quelle prise en charge proposez-vous ?

Dans un premier temps, il faut consulter son médecin, qui orientera éventuellement vers un centre spécialisé pour poser un diagnostic précoce.

On pourra ainsi mettre en route une prise en charge dynamique. À mon sens, celle-ci est essentiellement psychologique et comportementale, les médicaments n’ayant en général que peu d’action sur les troubles du comportement. Ils sont utiles dans deux cas : pour ralentir l’évolution de la maladie et pour traiter une éventuelle dépression réactionnelle. Tout en prenant garde à ne pas aggraver l’état de confusion du malade par l’utilisation de certains calmants.

Plusieurs principes de base aident à bien gérer ces troubles du comportement. Rassurer et communiquer, avec une voix douce et des gestes apaisants. Ne pas forcer la personne à mettre la table si elle ne le veut ou ne le peut pas ; ne pas lui demander de s’exprimer là où elle était performante, comme jouer du piano. Favoriser le maintien des activités physiques. Ne pas prendre des mesures contraignantes (enfermement) pour se rassurer face à un risque d’errance ou d’agitation. Corriger tous les déficits sensoriels : appareiller une personne malentendante permet d’améliorer sa communication et de diminuer ses angoisses.

Concrètement que peut faire l’entourage ?

Tout d’abord, prendre du recul et des avis auprès du corps médical et des associations de famille. Ne pas s’isoler, prévoir des moments de répit et de temps libre sans culpabiliser, parce que les proches – notamment le conjoint — devront tenir sur le long terme.

Ensuite, il faut chercher à éliminer tous les éléments perturbateurs susceptibles de déclencher un trouble du comportement. Par exemple, un lieu mal éclairé, une télévision bruyante, ou une nappe à fleurs que le malade va tenter de cueillir… Pour s’y retrouver, l’aidant peut consigner sur un carnet la façon dont a commencé puis s’est arrêté une manifestation inhabituelle… Car, bien souvent, les mêmes conditions provoquent les mêmes effets.

On doit aussi considérer le malade comme une personne à part entière : ne jamais oublier de lui demander son avis et en tenir compte. S’il ne veut pas manger à midi pile, c’est son choix et il faut respecter son rythme. L’important, c’est qu’il mange à un moment de la journée.

En observant quelques règles simples, on évite un bon nombre de situations conflictuelles et on protège à la fois le malade et sa famille.

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