Syndrome du gros bras : les solutions

Ce problème est encore trop souvent sous-estimé par les médecins, parfois mal informés sur sa prise en charge. Les conseils pour qu'il ne soit plus une gêne.

femme soutien cancer du sein
© iStock

Le syndrome du gros bras est en fait un lymphœdème du membre supérieur. C'est une des complications les plus courantes du traitement du cancer du sein. Il apparaît dans 30 à 40 % des cas lorsque le traitement porte atteinte au bon fonctionnement du réseau lymphatique. La technique opératoire de plus en plus utilisée est celle du ganglion sentinelle. Elle évite l'ablation systématique des ganglions lymphatiques, et semblerait réduire le risque d'apparition du lymphoedème.

Pourquoi un Œdème du bras ?

Sous l'effet du curage des ganglions de l'aisselle, le système lymphatique du bras, du côté opéré, est endommagé.

Enlever des ganglions au cours d'une opération du sein perturbe la circulation lymphatique.

Plus "fragile", le bras se défend moins bien face à une éventuelle infection cutanée (panaris, plaie...). De plus, le réseau lymphatique étant moins efficace, il s'engorge de lymphe plus facilement. Cette accumulation sous la peau entraîne une augmentation du volume d'abord du bras, puis de la main.

Après l'opération, on constate toujours un œdème transitoire, qui disparaît dans les jours suivants. « Mais il peut réapparaître secondairement, le plus souvent entre douze et dix-huit mois après, certains peuvent même se révéler dix-huit ou vingt ans après le traitement, à la suite d'un léger traumatisme ou d'une infection cutanée.

C'est pourquoi il est indispensable de suivre quelques conseils d'hygiène préventifs. Par ailleurs, les infections cutanées (érysipèle ou lymphangite), facteurs d'aggravation du lymphœdème, doivent être traitées en urgence par des antibiotiques.

À quel kiné s’adresser ?

Tous ne sont pas formés aux techniques de drainage lymphatique manuel et de bandages. Informez-vous auprès de votre médecin ou angiologue, ou adressez-vous à l'association Vivre mieux le lymphœdème qui met à disposition des listes des kinésithérapeutes formés à ces techniques,.

Les règles à suivre pour le prévenir

  • Sécher soigneusement le bras, la main (entre les doigts), les plis de l'aisselle sous le sein après la toilette, afin d'éviter l'apparition de mycose. Bien hydrater la peau.
  • Éviter toute blessure du bras ou de la main du côté concerné : égratignure, coupure, coup, piqûre d'insecte ou de rosier, écharde, brûlure... Porter des gants de jardinage, de bricolage ou de cuisine. Et pas de manucure des cuticules...
  • Fuir la chaleur sur le bras : coup de soleil, eau de bain trop chaude, feu de cheminée, sauna et hammam.
  • Ne pas mettre la peau au contact de produits agressifs, produits ménagers ou de bricolage. Attention aux cosmétiques qui pourraient provoquer une allergie.
  • Ménager le bras touché : ne pas porter d'objets lourds, ne pas faire de mouvements brusques et/ou répétitifs comme tirer une porte lourde ou tricoter de longues heures.
  • Bannir les vêtements et accessoires qui compriment la circulation : sac en bandoulière du côté atteint ou sac à dos, bijoux serrés autour du bras ou des doigts, bretelles de soutien-gorge étroites...
  • Signaler aux soignants de ne pas faire une prise de sang ou de ne pas prendre la tension artérielle sur le bras concerné. Si on souffre d'un lymphœdème bilatéral, faire vérifier sa tension à la cheville. Ne pas pratiquer de mésothérapie ou d'acupuncture sur ce bras.
  • Faire de l'exercice, type natation, marche à pied, vélo, yoga... afin de garder une bonne mobilité de l'épaule.
  • Porter en avion un manchon de compression (qui permet de réduire la douleur et l'œdème).
  • Ne pas prendre trop de poids, car le lymphœdème risque de "s'engraisser et de résister à tout traitement doux. Avoir une alimentation équilibrée en fibres et en protéines.
  • Savoir qu'il y a des médicaments contre-indiqués : les diurétiques.

Le drainage lymphatique manuel stimule la circulation

Si un lymphœdème apparaît, il faut consulter impérativement un médecin pour vérifier s'il ne s'agit pas d'une récidive ou d'une métastase ganglionnaire. Si ce n'est pas le cas, la patiente doit être adressée rapidement à un kinésithérapeute formé aux techniques de drainage lymphatique manuel et de bandage.

C'est un massage doux, destiné à stimuler la circulation de la lymphe. Il s'effectue avec les doigts et la paume de la main sur l'ensemble du corps. Les appareils mécaniques de pressothérapie de drainage doivent être proscrits : le massage doit être manuel.

Selon l'importance du lymphœdème, le traitement est plus ou moins intensif. On associe le plus souvent au drainage lymphatique manuel une contention à l'aide de bandages façonnés à même le bras, de la gymnastique sous bandage, ainsi que le port d'un manchon de compression bien adapté. Le but est de faire diminuer rapidement le volume du bras pour récupérer le maximum de mobilité et de fonction, d'éviter la survenue de toutes les complications infectieuses et dermatologiques, et de retrouver un membre le plus esthétique possible.

Dans un deuxième temps, le kinésithérapeute apprend au patient l'auto drainage et l'auto-bandage pour lui permettre de se traiter en cas d'augmentation du volume du bras dû à une imprudence.

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