Troubles urinaires chez l’homme après 50 ans : est-ce la prostate ?

Souvent, les hommes s'en accommodent. Ils considèrent cela normal en raison de leur âge. Pourtant, ces troubles devraient entraîner une consultation médicale. troubles urinaire homme

L'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est un terme médical pour désigner ce que l'on appelle plus couramment l'adénome de la prostate. C'est une affection bénigne, comme son nom l'indique, et courante, qui apparaît chez l'homme dès la cinquantaine. Et trois hommes sur quatre, après soixante-dix ans, en sont atteints.

Sans que l'on sache très bien pourquoi, la prostate se met à grossir (elle fabrique du tissu cellulaire), comprimant le bas de l'appareil urinaire (canal de l'urètre) et entraînant des troubles mictionnels variables.

Besoin fréquent d'uriner, impériosité mictionnelle, faiblesse du jet ou fuites urinaires sont autant de signes de la présence d'un adénome.

« Ça y est, ma prostate fait des siennes, je vieillis », peut-on entendre. Pourtant, messieurs, I'HBP n'est pas une fatalité de l'âge. On en guérit. Et les traitements sont assez nombreux.

On peut même vivre avec, si la gêne est à peine ressentie. A condition, toutefois, de sur- veiller son évolution. Mais un adénome de la prostate ne se transformera jamais en cancer. En revanche, un cancer peut se développer concomitamment à une HBP. Les troubles étant similaires, il n'est pas inutile d'effectuer une visite de contrôle chez un urologue.

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Des médicaments ou une opération ?

C'est la taille et la consistance de la prostate qui décident du traitement à prescrire. Les médicaments, à base de plantes, s'adressent à des patients peu atteints, avec petite hypertrophie ou faible gêne. Ils sont très fréquemment utilisés et agissent essentiellement sur la taille de la prostate.

Mais ces médicaments sont supplantés par les alpha- bloquants, plus efficaces car ils ont pour effet de relâcher la tension musculaire au niveau prostatique. Toutefois, ils risquent de faire chuter la tension artérielle.

Un autre médicament, d'action tout à fait différente, le finastéride, est encore en vogue chez certains urologues. Il s'agit d'un inhibiteur de la 5 alpha-reductase, autrement dit de l'enzyme qui transforme la testostérone, hormone sécrétée par la prostate, en une forme active, responsable de l'hypertrophie de cette glande.

Sous l'effet de ce médicament la taille de la prostate serait réduite de 30 % en quelques mois. Cependant, si le volume de la prostate diminue bien, le taux de PSA diminue également, ce qui peut masquer la présence d'un éventuel cancer. De plus, il fait baisser le taux de la testostérone à long terme, favorisant ainsi les signes d'im- puissance, ou une baisse de la libido.

Deux types d'intervention

La chirurgie, pour beaucoup, reste la meilleure approche pour les adénomes sévères. Elle consiste en l'ablation du tissu prostatique obstructif. Deux types d'opération coexistent.

  • La résection endoscopique, ou résection trans-urétrale :

Elle s'effectue généralement sous anesthésie locale (seule la partie inférieure du corps est endormie). On introduit simplement dans l'urètre un appareil, muni d'un système électrique, qui retire copeau par copeau du tissu prostatique.

On procède ensuite à l'arrêt de l'hémorragie induite. Puis, on place une sonde dans la vessie. Du sérum y est introduit et lave la vessie en permanence afin d'éviter la formation de caillots de sang. La durée d'hospitalisation est courte : Dès le troisième jour, on peut regagner son domicile.

  • L’opération dite 'à ciel ouvert" :  

Au contraire de la résection, elle nécessite une anesthésie générale. Le chirurgien incise l'abdomen, ouvre la vessie et retire le tissu prostatique obstructif.

La durée d'hospitalisation est un peu plus longue, puisqu'elle est de six à dix jours, et correspond au délai normal de cicatrisation. Cette opération ne concerne que les adénomes les plus volumineux.

Autres traitements

D'autres traitements que la chirurgie existent. Ils sont prescrits dès lors qu'un patient ne veut pas être opéré. Mais ils ne s'adressent pas à tous les types d'adénomes.

  • La « thermothérapie » et « l’hyperthermie » sont des techniques utilisant la chaleur pour faire diminuer le volume de la prostate. Un degré de chaleur plus élevé différencie la thermothérapie (45°C à 55°C) de l'hyperthermie (40°C à 45°C).
  • Le laser. Il reste anecdotique, à cause du coût du matériel et, surtout, du fait qu'on n'a pas prouvé une plus grande efficacité par rapport aux techniques classiques. Le laser ne coupe pas, il bifide le tissu prostatique obstructif. Aussi sert-il essentiellement à éviter les complications hémorragiques qui surviennent après la résection endoscopique. Et la durée d'hospitalisation s'en trouve d'autant réduite.

Après l'opération...

Il faut compter six à huit semaines pour retrouver des mictions normales. Le temps que la vessie et l'urètre cicatrisent. Il est fréquent que l'opération, dans le cas de la résection endoscopique, entraîne une éjaculation dite "rétrograde". Au lieu d'être expulsé, par le canal de l'urètre, le sperme refluera vers la vessie et sera éliminé plus tard avec les urines. Ce phénomène n'a, en revanche, aucune incidence sur les sensations orgasmiques. Il entraîne seulement une infertilité. L'opération de la prostate ne modifie pas la qualité des érections.

« J'ai vécu quinze ans avec un adénome. Cela me gênait mais sans plus. Lorsque j'ai vu du sang dans mes urines, j'ai quand même fini par consulter. Trois semaines plus tard, j'étais opéré. Aujourd'hui, j'urine comme un jeune homme de cinquante ans, mes érections n'ont pas été perturbées », plaisante un opéré d'une hypertrophie à soixante-quatorze ans.

Contrairement aux idées reçues, il n'y a pas d'incontinence provoquée par l'opération. À moins que les sphincters n'aient été endommagés. La seule incontinence observée est post-opératoire et il suffit de quelques exercices simples de rééducation pour que les troubles disparaissent.

Conseils des urologues

Pendant la convalescence, réfréner vos activités sportives, évitez les longs déplacements et surveillez hygiène et alimentation. Ensuite, c'est une qualité de vie et une certaine liberté que vous retrouvez. Finis les quatre ou cinq réveils dans la nuit, les envies en pleine ré- union de travail ou le désagrément des pertes urinaires. Les risques de rechute sont inférieurs à 2 % et n'interviennent pas avant quinze ou vingt ans.

Des signes qui ne trompent pas

  • Vous avez de fréquentes et brutales envies d’uriner (pollakiuries), vous vous levez plusieurs fois la nuit pour uriner. La force de votre jet a diminué ou vous urinez en plusieurs fois.
  • Vous avez la sensation de ne pas vider totalement votre vessie ou vous perdez parfois quelques gouttes d'urine.
  • Vous êtes obligé de pousser ou d'attendre longtemps pour déclencher votre jet d'urine.

Si l'un de ces symptômes vous est familier, n'hésitez pas à demander l'avis de votre médecin. Au-delà de la simple gêne quotidienne, ces troubles mictionnels peuvent retentir de manière sensible sur votre qualité de vie. Troubles du sommeil, fatigue permanente, manque d'énergie, désir sexuel diminué. Ne négligez pas ces signes, ils peuvent être directement lié à un problème de prostate.

Quels sont les examens prescrits par le médecin ?

Les examens vont mettre à jour plusieurs choses : La taille, la consistance de la prostate et le risque d'infection urinaire, provoquée par le résidu d'urine dans la vessie. Ce qui est gênant, ce n'est pas tant le volume de la prostate que sa consistance. Une petite prostate trop tonique peut être plus obstructive qu'une prostate plus volumineuse et plus souple. S'il n'y a pas, ou peu, de gêne ressentie, on peut vivre avec un adénome sans le soigner. On recommande juste une surveillance régulière. Car les troubles de I'HBP peuvent aller jusqu'à l'impossibilité totale d'uriner.

examen bactériologique des urines
Un examen bactériologique des urines est souvent demandé.
  • Le toucher rectal : Les hommes n'aiment pas beaucoup cette exploration mais c'est un examen nécessaire au diagnostic du médecin, Il sert à apprécier, de manière simple, à la fois le volume et la consistance de la prostate. D'autres examens viennent confirmer et préciser ce premier diagnostic.
  • L'ECBU, ou examen des urines : Il consiste à rechercher la présence de microbes dans les urines, normalement stériles. La difficulté d'uriner, par exemple, peut signaler l'existence d'une rétention aiguë d'urine, d'un résidu urinaire dans la vessie, après miction, avec risque d'infection urinaire. S'il y a infection, l'ECBU la révèlera.
  • La débitmétrie : Elle mesure le débit urinaire (quantité d'urine émise par seconde). Un débit normal est évalué entre 25 et 35 ml par seconde. Entre 10 et 20 ml par seconde, le canal de l'urètre est sans aucun doute obstrué par une prostate hypertrophiée.
  • L'échographie : Elle précise le volume de la prostate, vérifie l'absence d'anomalie évoquant. un cancer et mesure l'importance du résidu urinaire dans la vessie.
  • Le dosage sanguin du PSA (prostatique spécifique antigène) est un marqueur fiable pour diagnostiquer un éventuel cancer de la prostate. Cette dernière fabrique normalement une substance appelée PSA. Certaines anomalies de la prostate sont responsables d'une augmentation du taux de PSA dans le sang, Si ce taux est supérieur à 4 nanogrammes par millilitres de sang, une biopsie est effectuée, pour confirmer la présence ou non de cancer.

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La prostate : À quoi sert-elle ?

Elle joue un triple rôle. La prostate est une glande située sous la vessie et juste devant le rectum. Elle entoure complétement le canal de l'urètre, par lequel s'écoule l'urine, et explique ainsi la pression qu'elle exerce sur le dit canal lorsqu'elle s'hypertrophie.

La prostate joue un rôle essentiel dans la fertilité de l'homme. Elle participe, en effet, au même titre que les vésicules séminales, à l'élaboration du liquide spermatique. Elle est également un muscle qui contribue, avec les sphincters, au verrouillage de la vessie.

C'est aussi ce muscle qui permet l'expulsion du sperme (éjaculation).

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