Après 50 ans : Le cœur, les artères sont à surveiller

Le cœur et les vaisseaux vieillissent très tôt. A 35 ans, le sportif n’a déjà plus les capacités qu’il avait 10 ans auparavant. Si l’on doit surveiller sa tension à tout âge, c’est encore plus utile après 50 ans car le risque d’hypertension est accru. Outre cette évolution naturelle, il faut prendre en compte les variations individuelles liées aux facteurs génétiques et au style de vie.

Le cœur

Le nombre de cellules musculaires du cœur diminue dès l’âge de 25 ans, mais son volume demeure constant parce que les cellules restantes se dilatent. Le cœur devient moins élastique et moins contractile. Il est encore très efficace au repos, mais sa capacité d’adaptation à l’effort décroît. La fréquence cardiaque maximale et le débit sanguin baissent naturellement chaque année.

A partir de 40 ans, le cœur doit aussi lutter contre la résistance accrue des vaisseaux à la circulation sanguine, un des mécanismes de l’hypertension. A terme, les parois du ventricule gauche augmentent de volume, ce qui diminue le volume de sang qu’il peut éjecter à chaque contraction.

Les vaisseaux

L’évolution naturelle des vaisseaux sanguins fait qu’ils durcissent (artériosclérose) par perte des fibres élastiques de leur paroi, un phénomène accentué par l’hypertension. L’artériosclérose est accélérée par le tabagisme, l’excès de sucre, de sel ou d’alcool dans l’alimentation, le stress permanent. Les dépôts de calcium et de cholestérol épaississent les parois artérielles (athérome) et aggravent la sclérose naturelle.

Un cercle vicieux s’installe : plus les artères durcissent et plus la tension artérielle s’élève pour forcer le passage du sang ; mais plus la tension s’élève et plus les artères durcissent. Les organes vitaux (cœur, cerveau, reins) reçoivent moins de sang et leur vieillissement s’accélère. Il faut savoir qu’il est assez simple de prévenir ces inconvénients par une bonne hygiène de vie.

L’artérite des membres inférieurs

Cette maladie est souvent associée à d’autres pathologies artérielles telles que l’angine de poitrine, dont les lésions, favorisées par l’excès de cholestérol et le tabagisme, sont identiques.

Le mécanisme

L’artérite oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est une obstruction des artères de la jambe et de la cuisse par des dépôts de cholestérol plus ou moins calcifiés. Les artères sont rétrécies et le flux sanguin diminue. Cette défaillance passe inaperçue au repos, car le débit est suffisant en l’absence de sollicitations musculaires. Elle se manifeste en revanche au cours de l’activité physique, car le débit ne suffit plus pour alimenter les muscles en oxygène et en nutriments au moment d’un effort, même s’il s’agit d’une simple marche.

Les manifestations

Les symptômes majeurs sont une claudication intermittente survenant au cours de la marche, ou des crampes qui obligent à l’arrêt immédiat et cèdent après quelques minutes de repos. Les douleurs se produisent sur une distance courte (parcourir moins de 200 mètres ou monter trois étages) et le périmètre de marche diminue au fil du temps.

A terme, les crampes apparaissent même au repos. La gangrène gagne peu à peu les pieds et les orteils, ou touche brusquement tout le membre inférieur quand un caillot obstrue l’artère. Les pieds sont froids, la peau des jambes est fine, leurs poils tombent, les ongles des orteils sont cassants. Les différents points qui permettent de prendre le pouls au niveau des pieds disparaissent.

Examen et traitement

L’examen de référence est l’échographie-doppler. Lorsque l’artérite est modérée, un traitement médical associant des dilatateurs artériels, un anticholestérol et un antiagrégant plaquettaire (aspirine…) est longtemps efficace. Un régime pauvre en graisses et l’arrêt du tabac sont indispensables.

En revanche, les formes sévères nécessitent une intervention chirurgicale afin d’éviter que la gangrène n’impose une amputation. L’opération permet de reconstruire la lumière de l’artère (son diamètre intérieur) ou d’effectuer un pontage, c’est-à-dire de réunir deux vaisseaux sanguins par un greffon ou une prothèse pour pallier l’obstruction.

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L’hypertension artérielle

L’hypertension artérielle (HTA) touche 25 % de la population âgée de plus de 50 ans. La probabilité augmente encore après 65 ans, et la maladie concerne 40 % de cette tranche d’âge. Elle est le premier facteur de risque dans l’occurrence des maladies artérielles graves (infarctus, accident vasculaire cérébral).

L’hypertension commence par une pression artérielle au repos supérieure à 140 mmHg pour la maximale et/ou 90 mmHg pour la minimale. Selon les pressions mesurées, l’ HTA est légère, modérée ou sévère.

Le mécanisme

L’hypertension résulte souvent du durcissement des artères, accéléré par l’âge, l’excès de poids, la sédentarité, le stress, l’excès de cholestérol, le tabagisme. Dans moins de 5 % des cas, elle est secondaire à une maladie des artères, des reins ou des glandes surrénales, ou encore à un abus de réglisse ou d’anis.

Les manifestations

C’est une maladie très discrète. Seules les poussées très fortes donnent des maux de tête, des bourdonnements d’oreilles et des troubles visuels. Les dangers de l’hypertension résident dans ses complications cardiaques, vasculaires, oculaires, cérébrales ou rénales, succédant au durcissement des artères.

Examens et traitement

Le médecin traitant est le mieux placé pour évaluer et surveiller une HTA. Le bilan complet comporte une exploration cardiaque (électrocardiographie, échographie), un fond d’œil, des examens du sang (sodium, potassium, glucose, lipides, urée, créatinine). L’hypertension elle-même, mesurée au brassard à deux reprises au moins, est évaluée nuit et jour par une mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) impliquant le port d’un appareil pendant 24 heures.

C’est en fonction des différents résultats que le médecin choisit les médicaments les mieux adaptés à chacun. La lutte contre la sédentarité et le stress, la suppression du tabac et de l’abus d’alcool complètent le traitement.

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Que représentent les chiffres de la tension ?

La mesure de la tension consiste à calculer la pression du sang dans les artères. Celle-ci est étroitement liée au travail du cœur, qui fonctionne comme une pompe.

  • Le premier chiffre (le plus élevé) correspond à sa contraction, ou pression systolique.
  • Le second chiffre (le moins élevé) enregistre la pression exercée au moment du relâchement du muscle cardiaque, ou pression diastolique.

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L’infarctus du myocarde

Après 50 ans, c’est la première cause de mortalité. Il frappe chaque année 88 hommes et 16 femmes sur 100 000 personnes de 35 à 44 ans. La fréquence augmente régulièrement entre 45 et 54 ans, et la maladie touche 462 hommes et 107 femmes sur 100 000 personnes de 55 à 64 ans.

Le mécanisme

L’infarctus du myocarde correspond à la mort d’une partie des cellules du muscle cardiaque, qui ne reçoivent plus d’oxygène. Ce phénomène survient lorsqu’une artère coronaire ou l’une de ses ramifications est brusquement obstruée par un caillot sanguin, ou thrombus. Le décès, effectif dans 40 à 50 % des cas, se produit quand la localisation ou l’extension des lésions bloquent le fonctionnement du coeur.

Les manifestations

Le signe majeur est une douleur située au milieu du thorax, derrière le sternum, parfois perçue dans le creux de l’estomac, le cou, l’épaule ou le bras gauche. Qu’elle survienne à l’effort ou non, elle n’est calmée ni par le repos ni par la prise de médicaments nitrés contre l’angine de poitrine. Elle s’accompagne d’angoisse, d’une sensation de mort imminente, de nausées, d’une chute de tension, parfois d’un pouls rapide ou irrégulier. Mais l’infarctus peut aussi survenir sans signe extérieur et n’être découvert que plus tard, par hasard.

Que faire ?

Toute douleur suspecte impose l’appel immédiat des secours médicalisés. Après une éventuelle réanimation sur place, le malade est hospitalisé et reçoit un traitement qui dissout les caillots sanguins (thrombolyse). Il peut aussi bénéficier d’une angiographie coronarienne, un examen radiologique qui permet de visualiser la lumière des vaisseaux sanguins et au cours duquel le cardiologue débouche l’artère encombrée.

Après une phase de réadaptation, et sous traitement protecteur à vie, il est possible de reprendre une activité souvent proche de la normale, en s’abstenant toutefois de fournir des efforts violents.

La prévention

Il est possible de réduire les risques en évitant le tabagisme, la sédentarité, l’excès de poids, l’hypertension artérielle et l’excès de cholestérol LDL (de l’anglais Iow density lipoproteins, protéines de basse densité), communément appelé « mauvais cholestérol ».

Il faut également surveiller le diabète. L’effort intense et le stress sont les facteurs déclenchants les plus fréquents.

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Varices et jambes lourdes

Les varices et les jambes lourdes sont la conséquence d’une insuffisance veineuse des membres inférieurs qui touche 36 % des hommes et 53 % des femmes âgés de 50 à 60 ans.

Une varice est la dilatation permanente d’une veine dont la paroi.

Le mécanisme interne est altéré.

Les veines, vaisseaux qui remontent vers le cœur, sont munies d’un système de valvules qui empêche le sang de descendre vers les pieds en position verticale. Lorsque les parois s’altèrent, les veines se dilatent en profondeur (90 % du flux sanguin) comme en superficie (10 % du flux sanguin).

Il existe une prédisposition génétique à ce trouble. Les autres facteurs de risque sont la grossesse chez la femme, l’excès de poids, le port de vêtements et sous-vêtements serrés, le travail debout prolongé, la sédentarité, l’exposition au soleil, la chaleur et le chauffage par le sol.

Les manifestations.

Les premiers signes sont une gêne douloureuse, une sensation de lourdeur des jambes, un gonflement des chevilles et des pieds le soir.

Puis le gonflement devient permanent et des veines dilatées sont visibles sous la peau. Au stade majeur, la peau très fragilisée développe eczéma et ulcères variqueux. A tous les stades, le risque majeur est celui d’une phlébite par formation d’un caillot sanguin qui peut migrer vers les poumons (embolie pulmonaire).

Que faire ?

Le traitement des varices dépend de l’évolution et du bilan, pour lequel on peut demander un doppler. Outre les médicaments ou plantes veinotoniques, d’efficacité contestée, le médecin prescrit une contention veineuse (collants de contention, bandes élastiques), pratique des injections sclérosantes ou propose une intervention chirurgicale.

Pratiquer la marche ou la natation, se méfier de la chaleur et du soleil, perdre du poids, éviter les activités en respiration bloquée (tennis, port de charges lourdes) permet de lutter contre les jambes lourdes.

Les maladies prolifératives

A partir de 50 ans, la prolifération anormale de cellules sanguines peut atteindre divers organes ou cellules :

  • les globules rouges (maladie de Vaquez) ;
  • les plaquettes (thrombocytose) ;
  • les monocytes, un type de globules blancs (leucémie) ;
  • la rate (transformation possible en leucémie aiguë) ;
  • les lymphocytes, un type de globules blancs (leucémie lymphoïde chronique).

Les leucémies

La leucémie lymphoïde chronique (prolifération des lymphocytes) est le cancer sanguin le plus fréquent après 50 ans. La leucémie myéloïde chronique, plus sévère, est plus rare. On ignore encore les causes précises de ces cancers.

Les signes d’alarme

La leucémie lymphoïde chronique (LLC) peut être révélée par la découverte de nombreux ganglions indolores et mobiles, palpables sous la peau dans le cou, à l’aine ou aux aisselles. Les ganglions profonds ne sont détectables que par le scanner. L’attention du médecin peut être attirée par la présence d’un foie ou d’une rate plus gros que la normale chez un sujet qui se plaint de fatigue, d’infections répétées, de fièvre inexpliquée.

Parfois, une analyse de sang systématique montre une augmentation imprévue des lymphocytes chez un quinquagénaire qui ne se plaint de rien et ne présente aucun signe. Le diagnostic est confirmé par une ponction de moelle osseuse.

L’évolution

Lors de la phase chronique initiale, le traitement permet de contrôler la maladie et le patient peut mener une vie normale. Puis, au bout de 4 ans en moyenne, le processus s’accélère et une leucémie aiguë de plus en plus difficile à maîtriser s’installe. Les infections se multiplient et constituent la cause majeure des décès prématurés.

Le traitement

Il associe une chimiothérapie, une radiothérapie avec irradiation de tout le corps, une éventuelle ablation de la rate et, de plus en plus souvent, une greffe de moelle osseuse après élimination des cellules leucémiques. Les résultats sont encore mitigés.

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