La solitude : mieux la comprendre pour mieux la vivre

C'est à la fois un mal de société, un problème relationnel, un manque de confiance en soi. Pourtant, elle est aussi nécessaire à la création. Voyage autour de la solitude. Dans tous ses états.

Homme seul attendant et se sent seul
© istock

La notion de solitude, bien différente selon les individus

Faites un test : demandez à votre entourage de vous définir la solitude. Et vous verrez... Les réponses sont bien différentes !

Pour les uns, elle évoque celle du vieillard qui meurt dans un hospice, pour les autres, celle du célibat difficilement supporté, du couple qui ne s'entend plus, ou encore celle du président face à son droit de gracier un condamné.

« La solitude ? c'est quand on ne l'a pas choisie », affirme Pauline. « C'est n'exister pour personne », répond Lucie. Ou encore « ne pas savoir comment les autres cuisinent un bœuf en daube, ironise Tania, parce que personne ne m'a jamais invitée ».

Si dans son sens le plus courant, c'est "vivre seul, de façon momentanée ou durable", il semble que notre société ait relégué cette définition au placard ou l'ait réduite à la seule solitude psychologique ou affective.

Un manque de confiance en soi

La personne qui nous appelle et dit être seule, est, en réalité, dans l'incapacité d'entrer en communication avec une autre personne, alors même qu'il y a un entourage existant familial, professionnel... Lorsqu'elle dit "je suis seule", cela signifie qu'elle le ressent affectivement de cette façon.

Existe-t-il un profil du solitaire ? (Il serait plus juste de dire de l'esseulé, le terme de solitaire impliquant plutôt une solitude choisie). Pas vraiment, même si, les personnes seules manquent généralement de confiance en elles, ne se sentent pas aimées et se méfient d'autrui. Dans certains cas aussi, l'esseulé peut avoir une personnalité très narcissique et s'entoure alors de gens qui ont besoin de lui.

La solitude est-elle l'apanage des femmes ? A priori non. Même s'il est vrai que les femmes en parlent plus spontanément, celle des hommes - lorsqu'ils la confient - est tout aussi immense. Quoi de plus normal, d'ailleurs, puisque la solitude est inhérente à l'homme (on naît et on meurt seul).

La solitude peut être nécessaire

La solitude n'est pas une maladie. Dans certains cas, notamment après la perte d'un être cher, un divorce, elle est même nécessaire. Nous sommes des êtres à la fois de relation et de solitude. Il faut un juste équilibre. Artistes, écrivains... tous ceux qui ont un travail de créatif en font leur "outil de travail".

Aujourd'hui, dans notre société dite de communication, il faudrait, en permanence, communiquer. Mais encore faut-il avoir quelque chose à communiquer. La solitude est nécessaire pour s'enrichir et avoir quelque chose à dire. Il ne suffit pas que les moyens soient là : ils ne restent que des moyens. La communication avec l'autre commence d'abord par la communication avec soi-même, l'acceptation de la réalité profonde de son existence.

La défaillance actuelle est avant tout l'expression d'une crise de l'intériorité, où chacun, tenté de ne s'occuper que de soi, se retrouve dans un angoissant face-à-face de miroir ce n'est pas un fait nouveau : la peur et la fuite de soi ont souvent été évoquées par les théologiens, les philosophes, les romanciers et les psychologues. L'actualité des interrogations contemporaines se situe davantage dans un manque d'enracinement, dans une quasi-absence de la relation éducative de la vie et dans le refus à faire fonctionner le sens de l'Idéal. Il en découle un appauvrissement de la vie intérieure qui fabrique des personnalités relativement inconsistantes et impulsives.

Alors, que faire lorsque l'on est seul et que l'on se sent seul ?

Réagir. Surtout ne pas s'ancrer dans cet état. Il faut accepter de renouer des fils en soi, de se regarder autrement, cesser de se dévaloriser. Plus vous vous enfermerez, moins les autres voudront vous voir. Il ne faut pas toujours attendre de votre entourage qu'il vous materne, vous chouchoute. Ce n'est pas en se plaignant constamment que l'on change les choses.

Il n'y a que le premier pas qui coûte

En d'autres termes, si vous ne faites pas le premier pas, personne ne le fera pour vous. Un sourire, un "bonjour", une porte tenue sont autant de petits gestes qui comptent et fournissent une entrée en matière. L'inscription à un club (gymnastique, philatélie, musique, théâtre...) permet aussi de nouer des amitiés. Mais encore faut-il y aller avec une idée d'ouverture aux autres. Sinon, la démarche a peu de chance de porter les fruits escomptés. Les nombreuses associations humanitaires donnent aussi l'occasion de ne pas être seul tout en se rendant utile aux autres.

Enfin, avoir une vie intérieure riche et intense permet de prendre conscience de sa solitude et de l'épouser. L'intériorisation correspond à la capacité que possède le sujet d'entretenir un débat à l'intérieur de lui-même, de réfléchir sur sa vie en tenant compte des apports extérieurs et d'établir un système symbolique à partir duquel il va donner sens à sa vie pulsionnelle. La formation de l'intelligence et celle de la conscience sont donc deux domaines à faire travailler si l'on veut que le processus de l'intériorisation s'affirme. Tout est là.

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