La sexualité des femmes après 50 ans

À 50 ans, les femmes entrent dans la période critique de la ménopause. Cette étape autrefois rédhibitoire, qui marquait la fin de la fécondité, annihilait aussi le désir sexuel. Dans un contexte qui fait suite à 40 années d'utilisation de la contraception et du traitement hormonal substitutif, les femmes sont beaucoup plus libérées et cette étape symbolique est moins douloureuse.

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Les facteurs culturels et sociaux

Les progrès de la médecine et de la cosmétique repoussent sans cesse I âge de la « vieillesse sexuelle », autrefois vécue aux alentours de 50 ans. Ils prolongent aujourd'hui la maturité sexuelle jusqu'à 70 ans au moins, et les premières bénéficiaires en sont les femmes.

Lire notre autre dossier : La sexualité des hommes après 50 ans

La religion

Les trois religions du Livre lient étroitement la sexualité féminine à la reproduction, une tradition transmise de mère en fille au fil des générations.

Toute vie sexuelle active a longtemps été considérée comme indécente, voire coupable, chez la femme ménopausée, cantonnée à son rôle de mère ou de grand-mère. Les échanges amoureux étaient bien souvent maintenus à l'initiative du conjoint, et la femme s'y pliait non par plaisir mais par devoir.

Dans la loi musulmane, la sexualité est essentiellement liée à la procréation et le viol d'une femme de plus de 50 ans est condamné lourdement car l'agresseur n'a pas l'excuse de vouloir faire un enfant.

En Occident, le poids des religions a diminué et la libération sexuelle a profondément modifié ces traditions millénaires. Les femmes modernes ont conquis le droit au plaisir à tout âge.

Les normes sociales

Un siècle après le triomphe de La Veuve joyeuse, l'opérette de Franz Lehar (1 905), et malgré le succès de Harold et Maude, un film d'Hal Ashby (1971) qui met en scène la rencontre d'un jeune homme et d'une femme de 80 ans, de nombreux procès (de celui de Marie Besnard à celui de Simone Weber) ont montré à quel point prendre un ou des amants après 50 ans restait un élément à charge aux yeux des jurés.

Dans les années 1970, aborder la sexualité des femmes de plus de 50 ans était considéré comme une provocation. Aujourd'hui, la publicité n'hésite plus à utiliser ce concept pour toucher cette nouvelle cible d'avenir, les seniors. On peut enfin être une femme amoureuse ou une amante passionnée sans être une vieille dame indigne.

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Le culte de l'apparence

Parfois excessive dans notre société moderne, l'attention extrême portée à l'apparence physique a néanmoins des effets positifs.

Il y a seulement 50 ans, les femmes d'un certain âge se distinguaient par des tenues vestimentaires aux couleurs sombres. Aujourd'hui, quel que soit leur âge, les femmes ont toute liberté pour se vêtir.

Dans cette posture dynamique et séduisante, entretenir ses atouts de séduction renvoie une image positive de soi qui peut avoir un impact stimulant sur sa propre sexualité.

Les effets physiologiques du déficit hormonal

La diminution du taux d'œstrogènes entraîne des effets divers plus ou moins gênants, qu'il convient de connaître.

  1. La muqueuse vaginale devient sèche en raison d'un déficit en sécrétions lubrifiantes, ce qui crée une gêne pendant les rapports sexuels. La paroi du vagin est moins souple et plus sensible aux irritations mécaniques. Ces modifications entraînent une diminution de la flore vaginale qui favorise les infections.
  2. La vulve commence à se décolorer, la muqueuse devient plus fine et fragile, l'orifice vaginal rétrécit un peu.
  3. Des fuites urinaires apparaissent ou s'aggravent, surtout à l'effort ou parfois pendant les rapports.
  4. Des bouffées de chaleur peuvent survenir environ 3 mois après l'arrêt du cycle menstruel. Elles se produisent généralement pendant quelques mois, mais peuvent persister plusieurs années sans que ce soit inquiétant. Elles sont souvent mal vécues par les femmes, car elles peuvent surgir à tout moment, particulièrement la nuit, et laissent apparaître des manifestations physiques visibles : transpiration du visage, rougeur du cou, vertiges...

Ces phénomènes sont d'une intensité très variable d'une femme à une autre. Heureusement, des traitements et des comportements préventifs enrayent la majorité des effets indésirables.

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Les conséquences sur la sexualité

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Même quand le désir reste intact et la sexualité épanouie, la ménopause peut générer quelques difficultés. L'échange sexuel peut être source de douleurs en raison de la sécheresse du vagin, des infections vaginales ou urinaires, de l'irritation vulvaire.

La sécheresse vaginale, également ressentie par le partenaire, ne disparaît pas meme après de longs préliminaires. Les démangeaisons vulvaires liées à l'atrophie de la muqueuse et le rétrécissement relatif mais possible de l'orifice vaginal rendent la pénétration plus difficile et parfois impossible. Lorsqu'elles se répètent, les infections urinaires ou génitales constituent un obstacle supplémentaire.

Une succession de rapports douloureux finit parfois par détourner les femmes de toute activité sexuelle.

Le couple et la ménopause

Une femme sur deux admet avoir moins de plaisir que 10 ou 20 ans plus tôt et s'en attribue la responsabilité trois fois sur quatre.

Un tiers seulement des femmes qui n'ont plus d'activité sexuelle après la ménopause le regrettent, les autres y sont indifférentes ou se disent même soulagées, ce qui n'est le cas d'aucun homme (enquête Sofres).

Quels sont les remèdes ?

Le traitement hormonal substitutif (THS) peut être envisagé avec ou sans maintien des règles. II limite ou retarde les effets génitaux de la ménopause. Le THS est donc bénéfique pour la sexualité, car il supprime les désagréments liés à la ménopause. Une étude américaine qui montrait l'incidence de ce traitement sur l'occurrence du cancer du sein a généré une polémique. Mais elle a récemment été démentie, car les hormones utilisées en France sont différentes. En outre, les effets secondaires sont aujourd'hui mieux maîtrisés.

L'application locale d'une crème ou de gélules contenant des œstrogènes, associés ou non à de la progestérone, restaure la souplesse et l'élasticité de la paroi vaginale, et stimule à nouveau les sécrétions lubrifiantes. C'est un traitement de fond néanmoins contre-indiqué, comme le T HS, lorsqu'il existe des antécédents de cancer du sein ou de l'utérus, ou de phlébite.

Pour parer aux effets de la sécheresse vaginale, si l'on n'a pas recours au THS, il est conseillé d'utiliser un gel lubrifiant, à appliquer juste avant le rapport ou au moment de l'intromission. Ces produits, en vente libre en pharmacie et en parapharmacie, ne présentent pas de contre-indication.

L'impact psychologique de la ménopause

La ménopause est une période de bouleversements que chacune supporte de manière variable. Il faut en parler à son médecin, généraliste ou gynécologue, ou consulter un psychologue pour trouver des solutions.

Le deuil de la jeunesse

Pour quelques-unes, il faut accomplir un deuil de la jeunesse, de la séduction et de la maternité. La fin des règles n'est pas seulement la marque d'un vieillissement annoncé, c'est aussi l'impossibilité de continuer à sentir corporellement la trace de la fonction maternelle. Ce renoncement imposé est parfois ressenti comme une atteinte à l'identité féminine.

Le départ des enfants et parfois I annonce de la naissance de petits-enfants obligent la femme à renoncer au statut de mère pour celui de grand-mère. Ces différentes phases peuvent s'inscrire dans un contexte d'anxiété ou de dépression, doublé par les carences hormonales. Elles risquent alors d'affecter la libido et le désir.

Une nouvelle liberté

Cependant, pour la majorité des femmes, la ménopause n'est pas un drame mais une période de transition qu'il est possible de vivre comme une nouvelle liberté. Elles peuvent satisfaire leurs envies sexuelles sans les contraintes imposées par les menstruations ou le risque de grossesse. Elles peuvent enfin s'occuper d'elles-mêmes, relancer un projet professionnel, trouver un nouveau dynamisme dans une vie associative et culturelle.

Cet élan se produit d'autant plus que la femme est bien structurée et a une vie de couple équilibrée. Il peut aussi se faire sentir lorsqu'un divorce ou un veuvage l'a libérée d'une relation conjugale pesante ou lorsque, passé une période difficile, il lui a donné une nouvelle autonomie.

La séduction

A partir de 50 ans, elle devient le moteur essentiel de la sexualité, et compte bien plus que la performance. Prendre soin de son corps, parIer avec son conjoint des attentes réciproques permet d'entretenir une sexualité active et de surmonter les inquiétudes liées à l'évolution physique.

>> Ménopause : Quel impact sur la vie amoureuse ?

L'évolution de la libido

Malgré les désagréments liés à la ménopause, nombre de femmes poursuivent leur vie sexuelle avec le même bonheur qu'auparavant. Certaines s'épanouissent ; chez d'autres, le désir s'émousse. La baisse des sécrétions hormonales est une des causes de ce désintérêt, parfois accentué par d'autres facteurs.

Les manifestations

Après 50 ans, une absence de pulsions ou d'envies peut se manifester. De plus en plus de femmes réagissent contre ce manque d'appétence sexuelle, même si beaucoup continuent à le considérer comme une fatalité. Certaines utilisent parfois le prétexte de l'âge pour se libérer des exigences sexuelles de leur conjoint.

Les autres facteurs

Les états dépressifs permanents ou passagers, liés aux aléas de la vie professionnelle et familiale, entament les sentiments et le désir.

Par ailleurs, une lassitude générée par des rapports sexuels monotones et peu satisfaisants, une mésentente conjugale supportée jusqu'à l'envol des enfants, le regard moins amoureux ou le comportement peu attentif du conjoint font décliner l'énergie sexuelle des femmes, qui trouvent moins facilement que les hommes des compensations extérieures ou autoérotiques.

Pour se donner le droit d'aimer et de vivre avec son âge sans vouloir ressembler aux modèles idéalisés de la publicité, il faut vaincre l'image négative de soi. Les femmes qui se retrouvent seules ont du mal à se rassurer sur leurs capacités de séduction : une sur quatre seulement retrouve une liaison sexuelle.

Les solutions

Elles doivent être évaluées avec un médecin sexologue : un traitement hormonal, une psychothérapie individuelle ou de couple, des antidépresseurs peuvent aider à surmonter une crise passagère. La première étape consiste à reprendre soin de son corps et a revaloriser sa propre image.

L'absence de plaisir

Vieillir ne supprime pas le plaisir. Cependant, outre les modifications génitales qui rendent parfois les rapports douloureux, l'âge peut révéler ou aggraver des difficultés préexistantes à ressentir du plaisir.

Les facteurs aggravants

Les rapports douloureux sont sans conteste le premier obstacle vers l'orgasme. Les causes les plus fréquentes sont liées aux déficits physiques évoqués plus haut.

Des facteurs psychologiques tels que la mésentente conjugale, l'infidélité supposée ou avérée du conjoint, l'anxiété de ne plus satisfaire son partenaire sont d'autres motifs qui détournent du plaisir. L'abus d'alcool, de tranquillisants ou de somnifères inhibe également les capacités sexuelles.

Les solutions

Les femmes peuvent stimuler leurs capacités érotiques par la masturbation et les fantasmes, expérimenter de nouvelles positions, oser créer un dialogue sensuel avec leur partenaire amoureux. Elles peuvent interroger leur partenaire sur ses fantasmes et livrer les leurs, imaginer des scénarios érotiques hors du chez-soi et du quotidien. II ne faut pas hésiter à se surprendre l'un l'autre !

La sexualité perturbée par la maladie

Les maladies au long cours génèrent souvent des handicaps physiques qui retentissent sur le psychisme ; la sexualité s'en trouve alors perturbée. Des conflits surgissent parfois lorsque le partenaire n'est pas compréhensif. Chacun doit, dans la mesure du possible, faire des concessions.

Le cancer

L'annonce d'un cancer, quel qu'il soit, place l'individu en état de lutte pour sa survie et fait passer la sexualité au second plan pendant de longs mois. Ce retrait est parfois mal compris par l'homme, qui considère les rapports sexuels comme une marque de vitalité : il supporte mal cette absence d'énergie à un moment où sa partenaire a essentiellement besoin de tendresse et de soutien.

L'ablation de l'utérus et des ovaires compromet moins la fonction sexuelle que l'opération d'un sein. Lorsqu'elle est pratiquée par voie abdominale, elle laisse une cicatrice, mais la mutilation interne n'est pas visible. Sur le plan psychologique, le choc de la stérilité et d'une ménopause brutale est très difficile à accepter pour une jeune femme, mais semble en général mieux supporté par les femmes de plus de 50 ans.

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Le cancer du sein

La mutilation partielle ou complète d'un sein provoque un traumatisme identitaire qui touche à la fois l'intégrité corporelle et la féminité. La phase active du traitement, associant chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, bouleverse profondément la vie, d'un point de vue psychologique, professionnel et sexuel.

Après des semaines d'une abstinence due à l'hospitalisation ou aux conséquences du traitement (fatigue, nausées, diarrhée, chute des cheveux, fièvre), le couple doit reconstruire une relation. Il faut du temps et de la patience.

La reconstruction mammaire est une étape largement positive. Certaines femmes complexées par leur poitrine trouvent là l'occasion de se refaire un buste séduisant. Cette nouvelle plastie réenclenche le désir et l'activité sexuelle.

L'incontinence urinaire

Elle touche au moins 40 % des femmes de 50 ans, une incidence qui augmente avec l'âge. La plupart des femmes n'osent pas en parler à leur médecin. Les modifications des tissus urogénitaux rendent la vessie plus sensible au besoin d'uriner et altèrent les mécanismes de rétention urinaire. Les troubles vont de l'émission de quelques gouttes d'urine à l'effort, y compris pendant un rapport sexuel, à la vidange complète et incontrôlable de la vessie, qui devient un véritable handicap.

Diverses solutions permettent cependant de résoudre ce problème, comme la rééducation des muscles du plancher pelvien qui peut se faire chez un kinési- thérapeute, la prise de médicaments ou la chirurgie.

Les rhumatismes

Les arthrites inflammatoires et les poussées d'arthrose rendent douloureuses certaines positions, qui impliquent une souplesse des genoux ou des hanches par exemple. Le couple doit alors progressivement modifier sa pratique en fonction des capacités de chacun. En cas de difficultés, une rééducation sportive adaptée ou les conseils d'un sexologue peuvent être utiles.

Les problèmes de poids et le diabète

L'obésité n'est pas un handicap pour mener une vie sexuelle active, mais peut limiter la variété des pratiques.

A l'inverse, un amaigrissement important peut freiner l'énergie sexuelle. Lorsqu'il se produit, ce phénomène est d'ordre hormonal et psychologique car il arrive que le sujet ne se reconnaisse plus dans cette nouvelle image corporelle. Par ailleurs, le tissu gras sécrète des hormones indispensables à la sensation de désir : trop maigrir supprime ces sécrétions et diminue l'appétit sexuel tout comme l'appétit alimentaire.

De même, un diabète mal équilibré accentue la baisse du taux d'œstrogènes et augmente l'impact sexuel de la ménopause : il est indispensable de suivre scrupuleusement le traitement et de respecter le régime établi par le médecin pour limiter les conséquences.

S'informer

L'information des femmes sur l'intérêt physique et moral d'une sexualité épanouie, sur les moyens d'en surmonter les effets indésirables et d'adapter ses pratiques à l'évolution physique ou affective du couple est essentielle. Les magazines féminins et des émissions de radio informent largement sur ce sujet.

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