Mal de dos : des solutions à tous les âges

A quinze ans, on porte des cartables trop lourds. A trente, on fait des bébés et, à soixante ans, c’est l’ostéoporose qui nous guette. Bref, le mal de dos nous menace. Autant l’éviter !

Le mal de dos affecte tout le monde, enfants et adultes, hommes et femmes. Mais pas de la même façon. Selon une étude récente menée par la Société française de rhumatologie, si les deux tiers de la population française souffrent de douleurs du rachis, les hommes sont plus affectés que les femmes.

Plus précisément, il existe une prédominance masculine pour les lombalgies (66 %) et les sciatiques (59 %) tandis que les cervicalgies sont plus fréquemment féminines (61 %), de même que les dorsalgies (53 %). Pourquoi ? Y a-t-il des pathologies spécifiquement féminines ? Et des maladies réservées aux jeunes ?

Le mal de dos à 10/20 ans

Pourquoi souffre-t-on ?

Le mal de dos est heureusement rare à cet âge. Mais il peut révéler une pathologie grave, tels une malformation, une tumeur, une hernie discale, un problème infectieux… Il est donc essentiel d’établir un diagnostic précis en cas de douleur persistante.

Hormis ces cas, les douleurs sont souvent dues à diverses déformations de la colonne ou à une mauvaise tenue.

La croissance de la colonne vertébrale est particulièrement forte lors de la puberté, ce qui explique que des déformations surviennent à ce moment : scoliose (déformation latérale de la colonne), cyphose (dos rond), hyperlordose (reins cambrés).

Il faut distinguer deux types de déformations. Certains enfants présentent une « attitude scoliotique ». Il existe une déviation de la colonne mais elle se corrige quand l’enfant se penche en avant.

Dans ce cas, des douleurs peuvent exister, on ne sait pas bien d’ailleurs si elles révèlent cette pathologie ou si elles en sont la cause. Différente est la scoliose vraie qui ne donne que très rarement des douleurs mais qui se corrige beaucoup plus difficilement.

D’où L’importance du dépistage précoce par les médecins.

Ajoutons que le port des cartables bourrés, bien plus lourds que nos serviettes, contribue grandement au développement de ces attitudes.

Autre cause de douleur : Si l’enfant est sportif, il faudra s’assurer de l’absence de fracture de fatigue, celle-ci survenant par exemple chez les enfants faisant beaucoup de gymnastique, de basket-ball.

Comment traiter ?

Des séances de rééducation suffisent souvent à faire disparaître les douleurs. Parfois la prescription d’antalgiques, d’anti-inflammatoires peut être utile, de même que le port d’un corset, le recours à la chirurgie restant rare.

La prévention

Une bonne musculature du dos et du ventre est indispensable pour éviter les douleurs vertébrales. Les enfants font heureusement volontiers beaucoup de sport. Mais il est important de ne pas demander, de manière excessive, des dispenses de gymnastique. L’absence d’exercice contribue au mal de dos plus qu’il ne le provoque. Enfin, il faut recommander aux enfants de porter correctement leur cartable en utilisant les bretelles et non en le tenant par la poignée ou sur une épaule.

Le mal de dos à 35/50 ans

De quoi souffre-t-on ?

Là encore, nous ne parlerons pas des causes graves qui provoquent un mal de dos (tumeur, maladie neurologique…). Outre le problème particulier du mal de dos chez la femme enceinte, dont nous parlerons plus loin, disons qu’il existe plusieurs raisons « banales » d’avoir mal au dos. Le premier, et le plus fréquent, est ce qu’il est convenu d’appeler la dorsalgie essentielle (on n’en connaît pas la cause) de la femme jeune.

Il s’agit d’un syndrome, et non d’une maladie, qui se traduit par des douleurs dorsales assez banales, pas très fortes mais qui finissent par gâcher franchement la vie des femmes. Ces douleurs se manifestent après un certain temps d’immobilité ou lors d’efforts répétés, même peu importants, ou en cas de malposition. Les femmes qui en sont affectées ont souvent des emplois statiques.

A titre de consolation, disons qu’il existe un syndrome relativement identique chez l’homme qui est la lombalgie essentielle.

Autre cause, le vieillissement. Dès 30-35 ans, notre dos, comme notre peau, notre cerveau… commence à vieillir. A cet âge, c’est principalement le disque (zone de glissement entre deux vertèbres) qui vieillit. Ce vieillissement est physiologique, mais il est favorisé par le surmenage, les efforts répétés. De ce fait, le disque va moins bien jouer son rôle d’amortisseur, d’où une moindre tolérance à l’effort. Les douleurs qui en résultent sont plutôt lombaires et affectent plus les hommes que les femmes. Parfois, en cas d’effort violent, le noyau peut se déplacer ; il vient alors bomber en arrière pour heurter un ligament, c’est le « lumbago ». Au maximum, le noyau s’échappe, c’est la hernie discale, qui provoque des douleurs de la fesse, de la cuisse, voire de la jambe.

S’il n’existe pas, encore, de lésions du disque, les douleurs peuvent être tout simplement dues à une insuffisance de musculature, qui fait que, à chaque effort, un tant soit peu répété (le repassage du linge de toute la famille, par exemple !), le mal dans « les reins » apparaît.

Comment traiter ?

En cas de dorsalgie, malheureusement, on en est réduit à « tâtonner ». On peut essayer divers médicaments, des séances de rééducation… mais les douleurs sont fréquemment rebelles. En cas de lumbago, l’attitude la plus classique consiste à prescrire antalgiques et anti- inflammatoires, à conseiller le repos au lit et l’arrêt de travail (ceux-ci sont dus, dans 30 % des cas, au mal de dos). Mais cette position va peut-être devoir être révisée !

Le traitement des douleurs lombaires aiguës passe avant tout par le maintien d’une activité ordinaire. Les médecins ont constaté que les personnes ayant maintenu leur activité avaient récupéré plus vite (elles ont eu moins longtemps et moins vivement mal au dos) que celles qui étaient restées deux jours strictement couchées ou qui avaient fait de la rééducation durant toute la période douloureuse. Il n’en reste pas moins que cela est à nuancer en fonction des dégâts (s’il existe une hernie discale, le repos au lit ne se discute pas !) et du travail effectué.

Les traitements se résument :

  • La prescription d’antalgiques ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, efficaces dans environ 70 % des cas, d’après certaines études.
  • Les manipulations, qui semblent avoir une efficacité relative en cas d’épisodes douloureux récents et courts. Attention à la qualité de celui qui pratique ces manipulations !
  • Les écoles du dos qui ont, elles aussi, une certaine efficacité, selon les écoles d’ailleurs, mais dont les effets semblent limités dans le temps.
  • Quant à l’efficacité de la chaleur ou du froid, des tractions, il faut avouer qu’elle paraît extrêmement réduite.

Le mal de dos Après 50 ans

De quoi souffre-t-on ?

Incontestablement, après 50 ans, l’arthrose devient plus fréquente encore que ce ne soit pas directement une maladie « de la vieillesse ». Nous n’en parlerons pas, ce sujet étant très vaste et sur lequel nous consacrerons un article dédié.

Plus spécifique à la femme est le problème de l’ostéoporose. Comprenons ce qui se passe dans nos os. La maturité osseuse est atteinte vers 30-35 ans.

L’os est alors dense et solide. Puis il va progressivement se fragiliser. Cette destruction est d’abord lente puis elle slaccélère après 50 ans chez la femme, du fait de la carence en Œstrogènes, et 60 chez l’homme. Ensuite, en dix, quinze ans, apparaissent les conséquences de cette perte osseuse. C’est l’ostéoporose. Il s’agit d’une diminution de la masse osseuse qui conduit à une fragilité osseuse responsable de la survenue de fractures et de tassements, d’où des douleurs. Ainsi, l’ostéoporose se définit « officiellement » par l’existence de fractures et, de toute façon, c’est seulement à ce stade que des douleurs peuvent être réellement rattachées à l’ostéoporose.

Peut-on éviter l’apparition de ces douleurs ? On dispose d’un examen appelé ostéodensitométrie (c’est un examen radiologique) qui mesure la masse osseuse. Mais s’il permet assez clairement de dépister, chez les femmes ostéoporotiques, celles qui présentent un grand risque de fractures ou de tassements vertébraux, il ne permet pas, aujourd’hui, d’identifier, parmi les femmes de 50 ans, celles qui, un jour, présenteront une ostéoporose. Or, il n’existe pas, à l’heure actuelle, de traitements que l’on puisse prescrire à ces femmes « simplement » ostéoporotiques.

De plus, deux récentes données montrent à quel point la prévention en ce domaine est compliquée.

  • D’une part, on a démontré que l’incidence des fractures augmentait avec l’âge pour une même valeur de la masse osseuse, ce qui souligne l’importance d’autres facteurs de risque extra-osseux.
  • D’autre part, on a acquis la notion que l’augmentation de la masse osseuse chez les sujets ostéopéniques n’était pas forcément corrélée à une diminution de la fréquence des fractures. En effet, il existe, au cours de l’ostéoporose, des anomalies architecturales que l’on ne peut corriger par un traitement curatif dont le but est d’augmenter la masse osseuse. Il faut donc instaurer le traitement rapidement avant que ces anomalies architecturales ne soient trop importantes.

Comment la traiter ?

Lorsque des fractures sont installées, il ne reste plus qu’à éviter la survenue de nouvelles fractures vertébrales.

Comment ? En augmentant la masse osseuse (calcium, vitamine D), en stimulant la formation d’os (par des sels de fluor) ou en luttant contre la perte osseuse (par des diphosphonates et de la calcitonine).

Et la prévention

Disons d’emblée que les notions de prévention que l’on avait sont en cours d’évolution. Cela dit, les notions classiques de prévention très précoce ne sont pas remises en cause.

Quelques conseils hygiéno-diététiques pourraient, en effet, permettre d’augmenter le capital osseux acquis en fin de croissance : c’est de la prévention primaire. Une alimentation riche en calcium et un exercice physique régulier sont de bons moyens.

Plus tard, la prévention pré et post-ménopausique a pour but de présenter le tissu osseux normal pour retarder, voire éviter le franchissement du seuil fracturaire. La prévention pré ménopausique consiste à éviter l’apparition de l’ostéoporose, donc à réduire le rythme de la destruction osseuse. Elle repose sur la suppression des facteurs de risque, facteurs qui accélèrent la perte osseuse : consommation de tabac, d’alcool, pratique intempestive de régimes alimentaires.

On peut aussi privilégier les éléments qui, au contraire, ralentissent la destruction osseuse : une bonne hygiène de vie, des exercices physiques réguliers, l’adoption d’une alimentation équilibrée, riche en calcium. Évidemment, plus cette prévention est faite tôt, plus elle est efficace.

En post-ménopause, la prévention repose sur l’hormonothérapie substitutive œstroprogestative.

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