Aliments médicaments : efficaces ou non ?

Des aliments qui soignent ? C’est ce que l’on nous sert dans nos assiettes. Reste à savoir si ces produits seront à la hauteur de leurs promesses !

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Une petite fiole de lait fermenté et des céréales au son le matin au petit déjeuner ; une salade végétarienne au tofu et une pomme à midi ; et pour le dîner du saumon et des brocolis préparés avec une margarine enrichie en oméga-3, un yaourt au bifidus et une salade de fruits agrémentée de quelques noix ou noisettes… Menus « tendance », nourriture branchée, ou changement d’orientation de nos choix alimentaires ? Les industriels proposent de plus en plus de produits à orientation santé… et on se tourne volontiers vers ces aliments qui nous promettent un supplément de bien-être, voire une protection vis-à-vis de certaines maladies.

Bon à savoir
On les nomme parfois « alicaments » un néologisme créé par le marketing, contraction d’aliment et de médicament. Ou encore « neutraceutiques », une terminologie qui nous vient des États-Unis. Les consommateurs, eux, parlent tout simplement d’aliments-santé.

Aujourd’hui, les nutritionnistes européens préfèrent utiliser le terme « aliments fonctionnels » (d’après l’expression anglo-saxonne « functional foods »).

Ils diminuent entre autres le cholestérol

Pour les scientifiques, ces aliments – au delà de leurs effets nutritionnels habituels – doivent en effet posséder une action bénéfique démontrée sur une ou plusieurs des fonctions essentielles de l’organisme. Par exemple, permettre une meilleure assimilation de certains minéraux, réduire le cholestérol sanguin, moduler la flore intestinale, stimuler certaines fonctions immunologiques…

Quelle que soit l’expression retenue, l’essentiel est qu’il ne subsiste aucun doute sur la réalité des effets bénéfiques de ces aliments. Et la réglementation est très claire à ce sujet : pour qu’un produit puisse être considéré comme un aliment-santé, il faut avoir prouvé qu’il améliore véritablement le bien-être et l’état de santé des consommateurs, et même éventuellement qu’il réduit le risque de certaines pathologies.

Ce n’est qu’à cette condition que l’on pourra mettre en avant ses propriétés particulières sur l’étiquetage ou dans la publicité. Une précision s’impose : les « aliments-santé » ou « aliments fonctionnels » restent avant tout… des aliments. A ne pas confondre, donc, avec des compléments alimentaires présentés en gélules, en poudre ou en comprimés.

Il s’agit en général d’aliments dans lesquels certains composants ont été ajoutés, ou retirés, ou modifiés par différents procédés (technologiques ou biotechnologiques). Bien sûr, il existe déjà sur le marché des aliments enrichis en vitamines A, B, et B9 C ou D ou en minéraux, ainsi que des aliments allégés. Leur étiquetage prévoit des informations nutritionnelles précises (analyse aux 100 g, mentions « riche en…», ou « à teneur garantie en… » , ou « à teneur réduite en… »). Pour autant, ils ne sont pas des aliments fonctionnels.

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En revanche, les produits diététiques – qui dépendent d’une réglementation spécifique, et doivent répondre à un besoin physiologique particulier – peuvent, dans certains cas, être considérés comme des aliments fonctionnels. Comme par exemple le lait enrichi en calcium et en vitamine D et destiné aux seniors, ou la margarine additionnée d’acides gras oméga 3 préconisée pour lutter contre l’excès de cholestérol sanguin.

En toute rigueur, on peut même imaginer que des aliments classiques soient un jour présentés comme des « aliments fonctionnels », sous réserve qu’ils aient fait la preuve de leur action bénéfique…

Certains scientifiques français restent dubitatifs :

« Nos préoccupations diététiques sont certes-louables… mais nous recherchons sans doute des produits-miracle qui n’existent pas ! Les aliments-santé peuvent donner bonne conscience, et nous rassurer. Mais si notre alimentation est déséquilibrée, ils n’y changeront rien » explique L. Renard médecin.

Le « oui, mais » des scientifiques

Cependant, il est fort possible que certains d’entre eux, introduits avec circonspection dans une alimentation équilibrée, puissent avoir à long terme un effet bienfaisant. C’est ce qu’il faut étudier avec attention, afin d’en apporter la preuve. Les scientifiques ont là un défi à relever.

Dans tous les cas, les nutritionnistes soulignent que l’équilibre et la variété de l’alimentation sont probablement bien plus importants, pour un bon statut nutritionnel, que la présence dans la ration de tel ou tel aliment… même s’il s’agit d’un aliment santé !

Un yaourt anti-ride ! Vraiment ?

Au Japon, pays des premiers alicaments, il existe des produits intéressants, en particulier ceux à base d’aliments fermentés ou avec des oligosaccharides, et quelques curiosités ! Bonbons « pour la beauté » aux pétales de roses, yaourts anti-rides à l’aloès, vinaigrettes « bonnes pour le teint », boissons tonus dont la composition varie selon le groupe sanguin, fromage au thé pour le sommeil…

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