Après 60 ans : comment faire durer le désir ?

Un sujet moins tabou dans une société où la longévité s’accroît ! Pour que chacun continue de s’épanouir, il faut encore plus être à l’écoute de l’autre.couple senior heureux et épanoui

Avec le temps, la sexualité du couple évolue. Elle peut emprunter des chemins multiples – ne passant pas obligatoirement par l’acte sexuel – comme la tendresse, le souci de l’autre… Toutefois, selon les statistiques, l’activité sexuelle des Français se poursuit de plus en plus tard dans la vie.

41 % des 60 ans et plus disent avoir eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois (56 % des 60-69 ans, 36 % des 70 ans et plus).

Cette évolution semble devoir beaucoup aux femmes. Elles sont peut-être plus conscientes que la poursuite de la vie sexuelle permet de vieillir moins vite. De ce fait, elles n’hésitent pas à prendre l’initiative.

Les femmes ont appris que ce n’est pas parce que l’on est plus à même de procréer que l’on doit renoncer à la sexualité. Cette libération a probablement redistribué les cartes dans les couples.

Cette attitude est aussi favorisée par l’apport des traitements hormonaux substitutifs (THS) de la ménopause.

Avant qu’ils existent, le fait de perdre sa potentialité d’avoir un enfant, certaines modifications du corps liées au temps qui passe, le fait, aussi, de devenir grand-mère… étaient autant d’événements susceptibles de donner l’impression aux femmes que le moment était venu de faire une croix sur le désir, le plaisir, la sexualité.

Pour les femmes, une révolution médicale

Aujourd’hui, grâce au THS, en perdant sa fécondité, on ne perd plus sa féminité. Bien qu’il n’ait pas été conçu pour améliorer la sexualité, et même si aucune étude ne montre qu’il transforme les « performances », tous les gynécologues constatent qu’il joue un rôle de tout premier plan.

Psychologiquement, il atténue l’anxiété, une certaine détresse émotionnelle… des symptômes qui peuvent être inhérents à la privation d’estrogènes et de progestérone. Physiquement, les femmes qui l’utilisent le constatent le THS permet une meilleure lubrification du vagin, une meilleure élasticité du périnée…

Les femmes se sentent mieux dans leur peau si bien qu’elles sont plus enclines à avoir des rapports sexuels quand elles ou leur compagnon en éprouvent le désir. Cela ne signifie pas que celles qui ne veulent pas ou ne peuvent utiliser le THS en soient réduites à ne plus avoir de sexualité pour cause de rapports douloureux. Pour elles, il existe des traitements locaux sous forme de crèmes ou d’ovules – et dont certains ne contiennent pas d’hormones – qui entretiennent une bonne lubrification, ce qui facilite les rapports.

De multiples chemins pour se (re)découvrir

Le temps passant, ce ne sont pas forcément les performances physiques qui sont recherchées par les couples. Plutôt que la quantité des rapports, la plupart recherche la qualité. Ce qui inclut la tendresse, l’intimité, la communication.

Nous sommes dans une société qui conjugue la sexualité à l’impératif. Les diktats pleuvent sur ce que devrait être la fréquence des rapports sexuels, âge par âge. Ces normes sans fondement peuvent produire des effets catastrophiques d’autant que la sexualité, ce n’est pas que l’acte sexuel. C’est une alchimie propre à chaque couple qui peut se traduire par de multiples façons, à travers le souci de l’autre par exemple…

Un couple peut très bien avoir une sexualité riche sans pénétration et tout peut être inventé à partir du moment où l’on a « envie d’avoir envie » et que cela se fait avec l’accord et le respect de l’autre. Pour que la relation ne se réduise pas à un rituel, il appartient à chaque couple de découvrir ce qui le stimule, ce qui lui fait du bien… L’important étant de ne pas brusquer le désir de l’autre car une femme qui dirait à son compagnon surprends-moi !  » court le risque de le paniquer, de le déstabiliser ! D’abord, il ne sait pas ce qui se cache derrière cette demande. Ensuite, s’il le sait, il peut ne pas savoir ou ne pas pouvoir le mettre en œuvre.

De leur côté, les hommes peuvent, passé la cinquantaine, connaître de petites défaillances liées à l’âge. Celles-ci peuvent se traduire par une baisse de l’appétit sexuel, une moins bonne qualité de l’érection voire une incapacité à l’obtenir ou à la maintenir, une éjaculation inconstante.

Apprendre à gérer les défaillances

Une « panne » est loin d’être une catastrophe, mais si elle se reproduit, elle risque de fragiliser l’homme. Pour éviter les problèmes, le couple doit pouvoir mettre en place une « gestion » de la défaillance. Comment ? En en parlant aussitôt et, pourquoi pas aussi, en inventant des jeux amoureux, des préliminaires qui créent le désir et soutiennent celui de l’autre. Si une femme attend de façon passive que son partenaire retrouve sa vigueur, la difficulté risque davantage de persister. Elle doit l’aider, intervenir…

Quand et qui consulter si on ne parvient pas à résoudre le problème en couple ? Dès que l’un des deux trouve que la situation devient pénible et lourde à assumer. En tout cas, avant que la relation de couple en pâtisse. Le mieux est, sans doute, de commencer par demander conseil au médecin avec lequel on est le plus en confiance : son généraliste ou son gynécologue, même s’il s’agit de lui demander une adresse pour son mari. Car il peut orienter vers des spécialistes adaptés et compétents capables de prendre en charge les différents aspects des troubles sexuels.

Autre solution : commencer par consulter un psychothérapeute au fait des difficultés sexuelles pour mettre des mots sur sa souffrance. Seul ou à deux ?

Il n’y a pas de règle. Certains hommes préfèrent venir seuls car ce sont eux qui sont le plus gênés. D’autres viennent à la demande de leur femme qui se plaint de n’être plus satisfaite. Parfois, celle-ci les accompagne.

Tant que cela n’est pas vécu comme un vrai drame, on peut espérer rétablir la situation en quelques entretiens au cours desquels on évoquera, entre autres, les différents facteurs susceptibles d’altérer la vie sexuelle. Et si l’on ne parvient pas à s’exprimer, des séances de relaxation avec un spécialiste peuvent donner de bons résultats.

On peut aussi consulter un sexologue qui proposera, lui aussi, des techniques comportementales psycho-corporelles relaxation, bioénergie… Le plus souvent, on peut s’en sortir en comprenant les causes des troubles.

Quand un bilan médical s’impose

Parfois, certains troubles nécessitent de s’adresser à une consultation spécialisée regroupant, outre des psychologues et des sexologues, un andrologue et un urologue qui auront une approche pluridisciplinaire des troubles car il ne faut pas négliger la possibilité d’une cause organique (diabète, artérite…), la responsabilité de certains médicaments (antihypertenseurs, psychotropes…), une carence hormonale…

Passé la cinquantaine, il se produit une petite diminution du taux des hormones mâles (essentiellement, la testostérone). Mais on ne sait pas de manière très précise à quel moment celle-ci peut avoir un retentissement sur la vie sexuelle. La plupart des hommes gardent un taux de testostérone largement suffisant pour conserver une sexualité jusqu’à 90 ans.

Et parmi les 20 % des hommes qui sont en dessous du taux normal, certains continuent à avoir des érections satisfaisantes alors que d’autres, à taux égal, se plaignent d’une atteinte de leur désir et de leur érection.

Dans ce cas, il n’est pas déraisonnable, après s’être assuré qu’ils ne souffrent pas d’un cancer de la prostate – ce qui constitue une contre-indication -, de leur prescrire un traitement hormonal destiné à compenser ce déficit. Actuellement, ce traitement se présente sous la forme d’injection ou de comprimés. Il nécessite une surveillance dans un service d’endocrinologie en vue d’affiner les dosages en fonction des résultats obtenus. Quand on trouve la juste dose, les résultats sont excellents en quelques jours de traitement. Bon à savoir : on attend, pour bientôt, l’arrivée de patchs diffusant de la testostérone.

Si les troubles de l’érection persistent, restent deux solutions qui ont fait la preuve de leur efficacité : les injections intra-caverneuses de prostaglandine ou la prise de Viagra. Les injections intra-caverneuses entraînent une érection dans 75 à 80 % des cas.

Elles s’adressent à des hommes qui souffrent de troubles majeurs de l’érection, qu’ils soient d’origine psychologique ou dus à des maladies neurologiques.

Depuis son apparition en France, le Viagra a la préférence des hommes. Mais attention, ces derniers doivent savoir qu’il comporte des contre-indications : la prise des dérivés nitrés et certains problèmes cardiaques.

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Qui consulter ?

Votre généraliste ou un spécialiste. Ce dernier peut être installé dans le secteur privé (en cabinet ou dans une clinique), ou public. De nombreux hôpitaux proposent des consultations spécialisées à Paris comme en province, aux CHU de Toulouse, Strasbourg, Montpellier).

Il existe aussi un annuaire qui regroupe des psychothérapeutes, des psychanalystes, des sexologues, des gynécologues, des andrologues, des urologues… qui ont reçu un diplôme interuniversitaire (DIU) en relation avec la prise en charge des troubles sexuels.

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