Senior : Trouble de l’érection : on peut les traiter !

Fatigue passagère, stress, perte de poids, problèmes de santé... Autant de soucis qui peuvent-être à l‘origine de pannes sexuelles. Bilan médical, traitements adaptés, aide psychologique sont là pour vous aider. Voici comment s'en sortir.

Déterminées en fonction d’un bilan préalable, les substances injectées et les doses employées ont prouvé leur efficacité.

A 60 ans, Jacques déborde de vitalité. Pourtant, un “petit” trouble de l’érection le préoccupe depuis quelques mois. C’est en général bénin. Avec l’âge, les performances du corps diminuent. Mais il s’agit surtout de savoir si la personne estime sa vie sexuelle satisfaisante. Si ce n’est pas le cas, la médecine peut alors l’aider.

Près de 30 % des 55-69 ans et 70 % des plus de 70 ans connaissent une panne d’érection. Survenant en période de fatigue ou de stress, elle n’a rien d’alarmant. Repos, détente et réduction de la prise d’alcool peuvent suffire à y remédier. Mais, au-delà de trois mois, la persistance de ces troubles doit amener à consulter son médecin traitant.

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Comment réagir ?

Il ne faut surtout pas s'affoler immédiatement. En effet, la "panne" peut arriver à n'importe quel homme sous l'influence d'un stress, d'une émotion ou d'une fatigue inhabituelle.

Le mieux consiste à respecter une période d'auto-observation d'environ trois mois.

S'il s'avère que l'incident se répète et que l'érection est impossible, ou ne parvienne pas à se maintenir pour que l'acte sexuel soit harmonieux, il est alors recommandé de consulter.

Les “pannes” sexuelles arrivent à tout âge

A partir de 40 ans, un homme sur trois est (ou sera) touché par un trouble érectile. C'est donc un désagrément très courant dont le patient doit pouvoir parler sans culpabilité. D'autant que, pour la moitié des cas, le dysfonctionnement est bénin et peut être résolu rapidement. Plus on vieillit, plus le risque de dysfonctionnement érectile est important. La raison est simple : l'érection est dépendante de l'état et du vieillissement des artères et des veines, et de certaines hormones dont la production diminue à mesure que l'on vieillit.

Un premier entretien permet de déceler d’éventuels troubles psychologiques, toutefois plus rares chez les seniors que chez les hommes jeunes. Cela étant, l’angoisse de ne pas y arriver après quelques “pannes” occasionnel les existe à tout âge et les troubles de l’érection peuvent réduire encore la confiance en soi comme celle de sa partenaire.

Autre origine psychologique, la survenue d’un problème de couple, notamment vers la cinquantaine. Les sexologues observent cette composante dans les troubles du désir. Et ce, d’autant plus à cette période de la vie qui coïncide avec le départ des enfants et les retrouvailles en tête-à-tête avec sa femme. L’aide d’un sexologue peut être précieuse pour se resituer et améliorer la relation conjugale.

Attention à certains médicaments : Des traitements de l’hypertension artérielle et certains diurétiques, antidépresseurs ou anxiolytiques sont susceptibles de dégrader la fonction érectile.

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Un problème de santé est parfois la cause d'un trouble érectile

En général, le praticien demande aussi un bilan de santé complet Il l’aide à établir un diagnostic précis, ainsi qu’à dépister d’éventuelles maladies pour lesquelles la dysfonction érectile est le premier symptôme Plusieurs études récentes ont démontré ce rôle “sentinelle” : un tiers des patients souffrant de troubles de l’érection ignorait un problème de santé non déclaré. A commencer par l’atteinte cardiovasculaire. En effet, les artères de la verge sont de petite taille, mais fournissent un débit important au moment de l’érection. Elles seront parmi les premières à s’obstruer en cas d’hypertension, d’hypercholestérolémie, de diabète ou encore de tabagisme.

Résultat: Le sang n’arrive plus avec un débit suffisant pour gonfler les tissus du pénis. Face à ces situations, il est impératif de normaliser le taux de cholestérol, la tension artérielle ou encore d’équilibrer un diabète. Et cela, d’autant plus qu’ils exposent à un accident cardiovasculaire.

La chimie à la rescousse

La dysfonction érectile pourra être traitée avec un inhibiteur de la phosphodiestérase. Qu’il s’agisse du Sildénafil, du Tadalaill ou du Vardénafìl, ces molécules de la même famille entraînent un relâchement des muscles lisses et l’afflux sanguin dans les tissus du pénis. A condition qu’il y ait stimulation sexuelle. Elles offrent des temps d’action relativement longs. Pour les plus récentes de ces molécules, l’effet peut commencer une demi-heure après la prise et se prolonger sur plusieurs heures, voire 24 heures.

Mais, attention, ces produits ne sont pas efficaces à 100%. Il s’agit de vrais médicaments dont les effets secondaires sont connus (parfois maux de tête, brûlures d’estomac...). On peut les prescrire sans danger aux personnes ayant des antécédents cardiaques, après accord du cardiologue. En revanche, ils sont incompatibles avec la prise de dérivés nitrés, des médicaments donnés pour le cœur.

Qui consulter ?

En première intention, tournez-vous vers votre médecin traitant qui pourra vous orienter vers un centre d'andrologie reconnu.

En effet, les troubles de l'érection sont très souvent dus à plusieurs facteurs, et la mise en place du traitement nécessite souvent des compétences différentes. Un bilan de santé complet est donc nécessaire avant de poser un diagnostic et d'envisager le traitement.

Un conseil : éviter la prescription médicamenteuse sans que les causes n'aient été au préalable clairement déterminées. Vous pourriez être déçu par un médicament inapproprié, devenir angoissé et entrer ainsi dans une spirale de l'échec.

Des traitements contre les troubles de l'érection adaptés à chaque cas

En pratique, ces traitements — non remboursés par la Sécurité sociale — existent en plusieurs dosages (100, 50, 20, 10 milligrammes), à prendre deux à trois fois par semaine. Tout dépend de quoi souffre la personne. En relançant sa vie sexuelle, ces médicaments peuvent parfois suffire à lui redonner confiance.

Mais avec une pathologie organique importante, on devra souvent se traiter à vie tout en modulant les dosages. Le recours aux injections intracaverneuses est parfois nécessaire.

Déterminées en fonction d’un bilan préalable, les substances injectées et les doses employées ont prouvé leur efficacité et leur innocuité, même en cas d’atteinte organique des vaisseaux artériels. En cas de prise d’anticoagulants, ces piqûres sont possibles, à condition de comprimer quelques minutes à l’endroit de la piqûre.

  • Les soins à action locale : ils sont essentiels pour restaurer une confiance mise à mal par les "pannes" successives. Comme leur mode d'action est rapide, ils insufflent un regain d'optimisme. Le succès est encore la meilleure des thérapies pour guérir de ses échecs passés. Mieux que les antidépresseurs.
  • Les inhibiteurs des phosphodiestérases : le Viagra ®, le Cialis ® et le Levitra ® facilitent l'érection, lorsqu'elle est déjà initiée en empêchant la relaxation de la musculature lisse des corps caverneux. Pour obtenir des résultats intéressants, ils doivent être utilisés quand l'atteinte érectile est peu importante, le niveau d'anxiété pas trop élevé et le taux de testostérone pas trop bas.

Attention ! Ils sont totalement contre-indiqués si le patient prend parallèlement des vasodilatateurs nitrés. Et ils exigent une prudence extrême s'il présente une fragilité cardiovasculaire et prend de nombreux médicaments à visée vasculaire.

De la testostérone pour relancer la sexualité des seniors

Un dosage de la testostérone bio-disponible inférieur à 0,9 ng/ml conduit à envisager une prescription pour améliorer les troubles de l’érection et de la libido. Le traitement peut être prescrit en pointillé (relancer la sexualité fait parfois remonter naturellement la testostérone) ou sur une durée illimitée. Avec une contre-indication formelle : l’existence d’un cancer de la prostate. Un dosage du PSA (antigène prostatique spécifique), effectué tous les trois, puis tous les six mois, vérifie que cette substance - sécrétée naturellement par les cellules de la prostate - n’augmente pas.

Avant de se lancer dans une hormonothérapie, on peut essayer d’autres traitements plus naturels. Le plus important est de conserver une vie sexuelle active, celle-ci stimulant une zone de notre cerveau qui contrôle en retour l’érection et entretient le lien sexuel dans le couple.

Quelles sont les causes les plus fréquentes ?

La difficulté à l'érection ou l'insuffisance d'érection chez un homme de 40 à 60 ans provient, pour l'essentiel, de l'association d'une atteinte vasculaire (plus ou moins marquée), d'un déficit hormonal et d'un stress anxiogène lié à la peur de l'échec.

Si c'est vasculaire : dans 40 % des cas, la dysfonction érectile est un symptôme d'appel d'une pathologie cardiovasculaire qui débute. Les vaisseaux sanguins irriguant le pénis étant très étroits, ils sont plus sensibles aux plaques d'athérome susceptibles de réduire le flux sanguin.

Que faire ? Elle doit alors être considérée comme un signal d'alerte fort, et encourager à rechercher l'existence de dépôts lipidiques au niveau des artères du cœur ou coronaires (test d'effort, puis angiographie), un excès de cholestérol sanguin ou un diabète non détecté (dosage du sucre dans le sang). Il est impératif de traiter le terrain, c'est- à-dire de normaliser le taux de cholestérol et d'équilibrer un diabète.

Si c'est hormonal : dans 30 % des cas de dysfonctionnement érectile, on relève un taux de testostérone (hormones mâles) inférieur aux normes. Sa production décroît avec l'âge, et l'on sait par ailleurs qu'une insuffisance en testostérone influe aussi sur la forme physique (fonte musculaire), sur l'humeur et sur le désir.

Faut-il envisager une supplémentation ? Si le dosage de la testostérone disponible se situe en dessous de 1 ng/ml, un traitement doit être envisagé. Mais il faut impérativement éliminer le risque d'un cancer hormono-dépendant (prostate essentiellement) préexistant avant de mettre en place le traitement substitutif.

Une surveillance régulière de la prostate, par toucher rectal et dosage sanguin de PSA, devient ensuite obligatoire.

Si c'est psychologique : l'angoisse qui anticipe l'échec est presque toujours présente dans les dysfonctionnements de l'érection. Plus le patient est émotif ou nerveux face à la sexualité, plus ce facteur "psy" sera déterminant. Il peut d'ailleurs suffire, à lui seul, chez un homme jeune et en bonne santé, à déclencher une panne. Les émotions ressenties "au moment crucial" sont alors telles que le cerveau envoie une décharge excessive d'adrénaline qui va accélérer les battements cardiaques, contracter les artères et les muscles du sexe et provoquer la perte de l'érection (ou sa totale paralysie).

Que faire ? Toutes les techniques qui contribuent au lâcher prise peuvent diminuer cette anxiété, constate. La relaxation, la sophrologie, le yoga et l'hypnose comptent parmi les plus efficaces. Il est également possible de se tourner vers une prescription d'anti-stress doux de type bêta-bloquants, anti-adrénaline.

Et si c’était les hormones ?

Autre facteur lié à l’âge: un taux de testostérone inférieur aux normes, que l’on retrouve dans près de 30 % des cas de dysfonctionnement érectile. Outre son impact sur la libido, cette hormone est également impliquée dans la régulation des lipides circulants. Moins de testostérone, c’est davantage de lipides sanguins.., et de troubles de l’érection qui risquent de s’accentuer au fil des mois.

Dès l’examen clinique, on peut parfois suspecter un manque de testostérone. Notamment d’après la silhouette un peu enrobée, parfois une légère poitrine, une perte de pilosité...

Les 4 facteurs risques à surveiller

Tous les quatre sont des « tueurs silencieux de l'érection ». Individuellement, ils accroissent le risque cardiovasculaire. Ensemble, ils représentent un vrai danger.

  • Le cholestérol enraye le processus de l'érection de façon aiguë et immédiate, en limitant la capacité du muscle érectile à se dilater. À terme, il "encrasse" les artères en général, et celle du pénis en particulier.
  • Le diabète touche à la fois les petites artères et l'innervation nécessaire à l'érection. Les troubles sexuels peuvent révéler la maladie, mais dans de nombreux cas (notamment lorsque le diabète est mal contrôlé), les difficultés apparaissent au bout d'une dizaine d'années.
  • L'hypertension : un quart des patients souffrant de problèmes érectiles présentent aussi de l'hypertension. Certains médicaments sont parfois directement en cause (via des molécules nuisibles à l'érection), mais le souci vient souvent du changement de pression artérielle induit par le traitement. Faire un bilan est nécessaire.
  • Le tabac est un facteur aggravant de l'hypercholestérolémie, du diabète et de l'hypertension. Mais il agit, aussi, directement sur la diminution d'un neurotransmetteur indispensable à l'érection.

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