Bas de contention : des collants pour des jambes légères

Une femme sur deux souffre d’insuffisance veineuse. Une solution mérite d’être mieux connue : les collants de contention dont le bénéfice est indiscutable. Quand on parle de contention, on pense aussitôt : « bas à varices ». Et l’on imagine des jambes de femmes âgées enturbannées de bandes beige, épaisses et peu esthétiques… Or la contention ne se limite pas à soigner les troubles chroniques ou sévères de la maladie veineuse. On l’utilise aussi dès les premiers signes (jambes lourdes, impatiences, crampes, œdèmes…), afin de prévenir, ou retarder, son évolution.

personne enfile bas de contentionL’insuffisance veineuse chronique : un constat alarmant

Aujourd’hui, le constat est amer : plus d’une femme sur deux (57 %) et un homme sur quatre (26 %) souffrent d’insuffisance veineuse chronique (2,6% de l’ensemble des dépenses de santé). Et ce qui n’était encore hier qu’une maladie des femmes âgées touche désormais de plus en plus de femmes jeunes, dans la tranche d’âge des 15-25 ans. Certains angiologues le voient très bien en consultation, des adolescentes entre 13 et 18 ans présentent déjà des veines saphènes dilatées.

Par ailleurs, une étude, réalisée sur une population indigène maori, où la maladie veineuse était quasi inexistante (1 % de la population), a démontré, après leur migration dans les villes américaines et néo-zélandaises, que la maladie veineuse est bien une maladie de « civilisation ».

En France, en dix ans, elle a augmenté dans les mêmes proportions que le diabète ou l’artériosclérose, et un Français sur six développe des varices.

Outre un terrain héréditaire, les facteurs de risque majeurs sont la surcharge pondérale, la sédentarité et les périodes de changements hormonaux (puberté, grossesse, ménopause). La pilule associée au tabac multiplie par 8 le risque de survenue de phlébite.

Également très nocifs pour les veines, les sports qui exercent des à-coups de pression violents : tennis, volley-ball, handball, basket-ball, badminton, course à pied… doivent être pratiqués avec modération, voire évités, chez les personnes prédisposées.

Bas de contention : des fibres plus actives

Selon l’HAS (la Haute Autorité de santé), la contention constitue « le traitement de base de toute insuffisance veineuse des membres inférieurs« . Elle est incontournable pour les troubles évolués (grosses varices, ulcères, peau très sèche, dévascularisée…) mais peut aussi être utilisée, partiellement, en cas d’insuffisance veineuse débutante (jambes lourdes, crampes, fourmillements…).

Son action mécanique est bénéfique sur les parois veineuses au même titre qu’un veinotonique. Avec cet avantage : l’action du collant de contention se fait sentir immédiatement.

Cependant, même si cela va mieux en France, le collant de contention fait encore les frais d’une image trop typée, et les femmes ne se reconnaissent pas dans ce vêtement médicalisé.

Pourtant, l’introduction, ces dernières décennies, de nouvelles matières a modifié radicalement l’aspect de ces collants, surtout pour les petites classes (voir explications des classes plus bas).

Plusieurs vagues d’amélioration du bas de contention

On a d’abord introduit du Lycra dans le tricotage. Plus résistant que le caoutchouc naturel, il a permis une meilleure compression. Ensuite, on est passé à la technique du guipage : on a entouré (« guipé ») les fils de Lycra de fils de polyamide ou de coton pour un contact plus agréable sur la peau. Et il y a une vingtaine d’années, les microfibres, fil d’Ecosse et plus encore avec la viscose de bambou (plus récent), ont véritablement transformé le collant de contention. On ne le distingue plus aujourd’hui d’un collant de ville.

Bientôt peut-être, l’industrie produira des fibres renfermant des produits vasoactifs (marron d’Inde, vigne rouge, camphre…) pour tonifier les parois des veines ou rafraîchir les jambes ; pour l’instant cela n’est disponible qu’en gel. Cela existe d’ailleurs déjà dans les collants mode, mais pas encore dans la contention.

En choisissant votre collant, prenez garde à certains détails : il doit obligatoirement offrir une compression dégressive, de la cheville à la cuisse. Si ce n’est pas le cas, il ne peut revendiquer ce statut. La compression, exprimée en millimètre de mercure (mmHg), est indiquée sur les emballages pour les classes l à IV (voir explications des classes plus bas).

En revanche, elle ne l’est pas pour les collants dits « de confort » (classe 0 non remboursée) leur pression est inférieure au minimum médical reconnu (10 mmHg), mais ils peuvent apporter un réel soulagement. Attention aux collants ‘anti-fatigue », souvent mesurés en deniers, qui sont simplement élastiques, sans compression dégressive.

Acheter un collant de contention, c’est comme acheter une paire de chaussures idéalement, il faudrait pouvoir l’essayer avant… On a tous une forme de jambes différente, avec des cuisses ou des mollets plus ou moins forts. S’il n’est précisé qu’une seule mesure, on risque d’être très déçu à l’essayage…

Faut-il porter son collant porter tous les jours ?

Les bonnes marques proposent généralement deux largeurs de tour de cheville et de cuisse (avec +/- 5 cm de marge), ainsi que deux longueurs de jambes (courtes et longues). Pour les bas de contention, si la bande antiglisse serre trop la cuisse, il est possible, chez certaines marques, de la faire élargir.

N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien. Autant c’est au médecin de prescrire une classe de contention adaptée à votre problème, autant le rôle du pharmacien est de proposer une marque selon votre morphologie et vos goûts.

La question qui vient ensuite naturellement, c’est : « Quand faut-il porter ces collants ? » Réponse de Normand : tout dépend de la classe utilisée.

Les collants de confort, grâce à leur faible compression, peuvent se porter en toutes circonstances. Mais s’ils ne vous soulagent pas, n’hésitez pas à passer à la classe I, sur prescription du médecin.

La classe II, en revanche, est déjà plus difficile. On ne la recommande que pour les personnes qui ont une insuffisance veineuse chronique et dans certaines situations : stations debout ou assise prolongées, longs trajets, visites de musée, au cours de la grossesse…

En dehors des cas sévères, il n’est pas nécessaire de porter ces collants tout le temps. De plus, la contention a un effet rémanent qui permet de limiter le port de son collant à une demi-journée, par exemple.

Aussi, porter un collant en permanence diminue le tonus musculaire. Or la contention la plus efficace reste celle exercée par le muscle… Il ne faut pas oublier qu’il n’est qu’un facteur de compensation, comme l’est un complément alimentaire.

A ce titre, il faut l’associer aux règles de diététique et d’hygiène habituelles prendre de la vitamine E, protectrice des parois veineuses (huiles végétales de première pression à froid, poissons gras, céréales etc.) du sélénium, qui agit comme co-acteur de la vitamine E ; consommer des aliments riches en flavonoïdes (en majorité dans les fruits et légumes, et certains aromates : ail, oignons, échalotes…) ; marcher le plus possible en déroulant la cheville, pratiquer un sport doux (natation. .. ) ou zen (relaxation.. .).

Du bas de prévention au bas de contention thérapeutique

Non remboursés :

  • classe 0 (pression inférieure à 10 mmHg) : ils n’ont pas de norme officielle, les pressions mesurées varient de 4 à moins de 10 mmHg. Ils soulagent dans nombre de cas, mais n’ont pas d’effet thérapeutique.

Remboursés* :

  • classe I (10 à 15 mmHg) : pour l’insuffisance veineuse fonctionnelle (impatiences, crampes, petites varices, voyages, station debout prolongée…).
  • classe II (15 à 20 mmHg) : pour l’insuffisance veineuse organique (grosses varices, œdème chronique„
  • classe III (20 à 36 mmHg) : en cas de phlébites, ulcères, séquelles post-phlébitiques…
  • classe IV (supérieur à 36 mmHg) : pour les pathologies avec troubles trophiques sévères de la peau.

* les chaussettes 22,40€, les collants 42,03€, les bas 29,78€

Pour qu’ils gardent leur efficacité

  • Les collants de contention craignent la lessive et la machine à laver, aussi lavez-les plutôt à la main avec un savon doux ou une lessive pour vêtements délicats.
  • Ne les laissez pas dormir dans leur eau, rincez-les et essorez-les sans les tordre. Le mieux est de les égoutter entre deux serviettes avant de les étendre.
  • Abritez-les de toute source directe de chaleur (soleil radiateurs…).
  • Enfin, évitez l’application d’une crème corporelle sur vos jambes : elle abîme les fibres élastiques et peut provoquer des échauffements.

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