L’appareil urinaire chez les seniors

Les reins sont les principaux organes d'épuration du sang. Leur vieillissement progressif impose une adaptation de l'alimentation. Chez l'homme, il convient de surveiller plus particulièrement la prostate.

L'évolution normale

Les reins servent essentiellement à l'élaboration de l'urine. Un adulte jeune possède environ 1 million de néphrons actifs (unités fonctionnelles du rein) ils ont pour fonction de réabsorber puis de filtrer, épurer et concentrer chaque jour 180 litres de plasma sanguin, transformés en 1,5 litre d'urine dont la composition varie afin que le milieu intérieur du corps reste constant.

Entre 40 et 80 ans, chacun perd la moitié de ces néphrons. En outre, le débit sanguin qui traverse diminue du fait de l'artériosclérose. Le volume de sang épuré chaque minute est divisé par deux alors que le volume d'urine reste constant : les déchets finissent donc par s'accumuler dans le sang. Par ailleurs, avec l'âge, la vessie perd de son élasticité et de ses capacités de rétention.

Les conséquences du vieillissement

Avec l'âge, la fonction rénale reste suffisante dans des conditions normales. Même après l'ablation d'un rein, l'autre parvient encore à assurer cette fonction. En revanche, ces organes s'adaptent moins bien à des variations importantes

  • ils concentrent moins bien l'urine en cas de canicule ou d'insuffisance de boissons, et la déshydratation constitue alors une menace :
  • ils éliminent moins vite les déchets azotés produits par l'organisme (urée, créatinine), ce qui peut imposer un régime réduit en protéines
  • ils éliminent moins vite les médicaments, et les traitements doivent alors être prescrits à des doses moins élevées.

Le vieillissement de la vessie induit des mictions plus fréquentes, voire une incontinence. Ces troubles mineurs conduisent souvent à boire moins, obligeant le rein à un travail de concentration des urines qu'il peine à effectuer.

L’incontinence urinaire

La fuite involontaire d'urine affecte 2/5 millions de personnes en France et débute en moyenne vers l'âge de 47 ans, en dehors de toute maladie neurologique aiguë ou dégénérative. On estime que 30 à 40 % des femmes sont touchées après la ménopause, mais moins d'un tiers d'entre elles osent en parler au médecin.

Chez la femme

La fréquence élevée de l'incontinence s'explique autant par les séquelles de grossesses et d'accouchements vécus il y a plus de 20 ans que par l'évolution de la vessie, atrophiée et rigidifiée par la carence en œstrogènes après la ménopause. Tous les stades sont possibles :

  • l'instabilité vésicale provoque des besoins impérieux et des fuites en cas d'attente trop longue, d'exposition au froid ou d'émotion intense ,
  • l'incontinence liée à l'effort provoque des fuites lors de contractions brutales des muscles abdominaux, comme lors du transport d'une charge lourde, d'une marche rapide ou d'une course, mais aussi lors d'une toux, d'un éternuement, d'un éclat de rire
  • l'insuffisance sphinctérienne provoque des fuites permanentes.

Dans tous les cas, l'incontinence gêne la vie quotidienne et les diverses activités. Une femme sur six sort moins souvent en raison de cette faiblesse.

Chez l'homme

Les troubles, surtout liés aux maladies prostatiques et à leur traitement chirurgical, sont moins fréquents et plus tardifs. La situation est alors aussi difficile à vivre que pour les femmes.

Le traitement

Le choix d'un traitement efficace dépend d'abord d'un bon bilan médical, effectué par un urologue. Différentes possibilités existent :

  • une rééducation chez un kinésithérapeute est efficace, surtout lorsqu'il s'agit d'une incontinence d'effort
  • des médicaments sont prescrits lorsque la vessie est atrophiée ou hyperactive
  • la chirurgie est envisagée quand le regorgement est favorisé par une cause locale (tumeur, calcul, trouble de la prostate)
  • des traitements palliatifs (couches, poches avec sonde permanente) sont proposés lorsque les autres traitements ont échoué, le plus souvent dans le cadre de maladies graves ou à un âge plus avancé.

Attention ! Divers médicaments destinés à soigner l'hypotension aggravent l'incontinence urinaire et doivent être évités.

Pour prévenir les troubles urinaires

  • Faites vérifier votre fonction rénale par un bilan médical.
  • Buvez à intervalles réguliers même si vous n'avez pas soif (voir page 138).
  • En cas de problèmes urinaires et dans l'attente du traitement, modifiez vos activités.
  • Diminuez les aliments riches en déchets azotés (sel, charcuterie/ fruits de mer, abats).
  • Évitez les fortes doses de médicaments, même lorsqu'ils sont en vente libre et vous semblent sans danger.

>> Troubles urinaires chez l'homme après 50 ans : est-ce la prostate ?

Les infections urinaires

Elles sont plus fréquentes chez la femme ménopausée que chez l'adulte jeune.

Cette incidence s'explique de trois façons : la présence d'urine stagnante dans la vessie, due à un résidu après la miction ; des modifications liées à une carence en œstrogènes ; un débit urinaire souvent diminué, soit en raison d'une consommation trop faible de boissons, soit à cause de la formation de calculs rénaux.

Le mécanisme

Le germe le plus courant, Escherichia coli ou colibacille, provient de l'intestin. Emis avec les selles, il contamine le périnée et remonte vers la vessie à travers l'urètre, très court chez la femme (3 centimètres). C'est également le cas de la plupart des bactéries qui colonisent la vessie.

D'autres germes, dont le streptocoque, pénètrent dans les voies respiratoires et gagnent le rein avec le sang : ils sont responsables des néphrites.

Les signes d'alarme

Une infection de la vessie se traduit par une gêne, des brûlures urinaires, des envies fréquentes et impérieuses, des urines parfois un peu sanglantes. La fièvre est rarement présente. Dans les formes graves, il peut exister une rétention aiguë d'urine, la vessie se remplissant anormalement vite car elle ne se vide pas totalement.

Une infection du rein se traduit par une fièvre élevée. L'attention est attirée vers le rein par une douleur spontanée des fosses rénales ou détectée à la palpation par le médecin. L'examen confirme le diagnostic. Dans les formes graves, il peut exister une anurie, absence de formation d'urine par le rein.

Le traitement

Une cystite simple justifie un traitement antibiotique, généralement en dose unique. En cas d'échec ou de récidive, un examen bactériologique détermine le germe présent et sa sensibilité aux divers antibiotiques. Il est alors indispensable de boire davantage, au moins 2 litres d'eau par jour, pour augmenter le débit urinaire. Il faut également veiller à l'hygiène locale du périnée pour limiter les risques.

>> L’incontinence urinaire : des solutions existent !

Les maladies de la prostate

La prostate est une petite glande qui entoure l'urètre masculin à la sortie de la vessie. Elle joue un rôle dans la reproduction en participant à la fabrication du liquide séminal. Du fait de sa localisation, les troubles de la prostate peuvent générer des symptômes urinaires. Elle est aussi le siège de deux tumeurs dont la fréquence augmente fortement après 50 ans : l'adénome, ou hypertrophie bénigne, qui finit par toucher pratiquement tous les hommes, et le cancer.

Les signes d'alarmes

Ils dépendent plus du siège de la tumeur que de son volume, selon qu'elle comprime ou non l'urètre. Certaines grosses tumeurs ne donnent que des signes tardifs et limités, alors que de petites tumeurs développées au contact de l'urètre provoquent des troubles rapides.

Les premiers signes sont des mictions fréquentes (notamment la nuit), nécessitant un effort de poussée, avec un jet moins puissant et une sensation de vidange incomplète de la vessie ou d'envie impérieuse. L'évolution des troubles peut aboutir à une rétention totale des urines, à des infections à répétition, à une incontinence urinaire.

Le bilan

Un toucher rectal pratiqué par le médecin est essentiel. Le diagnostic permettant de faire la distinction entre une hypertrophie bénigne et un cancer est établi par une échographie, un dosage sanguin des antigènes prostatiques (PSA) et éventuellement une biopsie effectuée au bloc opératoire.

Le traitement

Un adénome répond longtemps aux traitements médicaux, mais la chirurgie devient nécessaire en cas de complications. Le cancer, d'évolution assez lente, impose une opération lorsqu'il se double de complications urinaires.

Cette intervention est alors précédée ou suivie d'une radiothérapie et d'un traitement hormonal. L'incontinence est la conséquence principale du traitement chirurgical.

Le dépistage du cancer de la prostate

C'est le premier cancer masculin. Détecté précocement, il se traite plus facilement.

Aussi tous les hommes devraient-ils bénéficier de contrôles dès l'âge de 50 ans, sous la forme suivante :

  • un examen physique effectué chaque année par le médecin
  • un dosage de PSA au moins une fois, répété en cas de symptômes urinaires récents ou évolutifs.

>> Le cancer de la prostate en 10 questions

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