Arthrite : Causes, prévention, diagnostic et traitements

L’arthrite est une inflammation des articulations, souvent accompagnée de douleur, d’œdème, de raideur et de rougeur. Les symptômes vont de l’inconfort léger à la déformation extrême. C’est un facteur d’infirmité fréquent. L’arthrite peut survenir isolément ou s’associer à un autre problème tel que la colite ou le psoriasis, ou à une infection telle que la gonorrhée.

mains d'une femme âgée atteinte d'arthrite rhumatoide
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire qui peut déformer les articulations, le plus souvent des mains, des pieds et des genoux. Un traitement de choc précoce peut minimiser les dommages causés.

On ne sait pas guérir l’arthrite, mais on peut remédier à la douleur et à l’infirmité grâce une approche holistique comprenant médicaments et compléments alimentaires, exercice, techniques de maîtrise du corps par l’esprit, diététique et acupuncture. Récemment même, on parle du CBD pour apaiser les souffrances.

Quelles sont les causes ?

Il existe plus d’une centaine de types d’arthrite, les plus courantes étant l’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde. D’autres sont : la spondylarthrite ankylosante (inflammation de la colonne vertébrale), la sclérodermie (maladie du tissu conjonctif épaississant et durcissant la peau) et le lupus.

L’arthrose, la plus commune, correspond une usure excessive des cartilages articulaires, survenant principalement chez les plus de 60 ans. Le cartilage disparaît progressivement, laissant la tête de l’os à nu dans l’articulation, entraînant une douleur. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à cette érosion. L’obésité, par exemple, engendre une pression excessive sur les articulations porteuses (vertèbres, genoux et hanches), ce qui accélère la dégradation des cartilages articulaires.

L’inactivité physique peut être aussi nocive pour les articulations que leur mobilisation excessive ; elle affaiblit les muscles de soutien et entraîne la raideur. Ceci accroît le risque de blessure qui peut mener à l’arthrose.

Traumatismes, maladies inflammatoires comme la goutte et malformations articulaires congénitales augmentent également le risque d’arthrose. (La goutte est un trouble du métabolisme avec poussée d’arthrite.)

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune : le système immunitaire attaque l’organisme. Elle affecte le plus souvent doigts, poignets, épaules, genoux, hanches et cou. Comme dans toutes les maladies auto-immunes, les femmes sont deux à trois fois plus atteintes que les hommes. La maladie apparaît généralement au début de l’âge adulte, mais peut aussi survenir plus tard. Bien que le stress psychologique ou émotionnel ne soit pas à l’origine de l’arthrite, il peut déclencher des poussées de symptômes : la tension musculaire liée au stress peut intensifier la douleur arthritique.

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Comment se prémunir ?

mains déformées par l'arthrite
L’arthrose résulte de l’usure des articulations, plus particulièrement des articulations porteuses, telles que vertèbres et genoux. Dans une articulation saine, le cartilage amortit les têtes d’os et réduit le frottement pendant le mouvement. L’arthrose survient lorsque le cartilage se détériore, les têtes frottant l’une contre l’autre, déclenchant une douleur.

On ne sait pas prévenir la polyarthrite rhumatoïde, mais on sait comment réduire le risque d’arthrose ou de goutte. Évitez d’effectuer une trop lourde pression sur les articulations porteuses, par excès de poids par exemple. Réduisez le risque de traumatismes en rapport avec l’activité physique en mettant des protections, en faisant soigner les blessures dues aux mobilisations excessives et en leur laissant pleinement le temps de guérir.

Diverses lésions, particulièrement d’origine sportive, peuvent provoquer de l’arthrose par la suite : par exemple, une lésion des ligaments, qui déstabilise l’articulation et blesse le cartilage jusqu’à le dégrader. Une fracture peut entraîner une anomalie d’alignement des membres inférieurs pouvant peser sur une seule des articulations porteuses, provoquant l’usure excessive d’un cartilage. Un traumatisme affectant directement l’articulation ou ses structures – le ménisque ou un ligament croisé antérieur du genou, ou de la hanche – peut aussi contribuer à l’arthrose. L’arthrose des extrémités supérieures résultant d’une blessure est assez rare, les extrémités du corps ne supportant aucun poids.

Une alimentation équilibrée peut prévenir la goutte provoquée par une accumulation d’acide urique, normalement éliminé dans l’urine.

En surproduction ou mal éliminé par les reins, l’acide urique forme alors des cristaux dans les articulations, le plus souvent dans le gros orteil, provoquant douleur et inflammation. L’acide urique résulte de la dégradation de la purine, que l’on trouve dans tous les tissus humains ainsi que dans l’alimentation. Une consommation excessive d’alcool ou d’aliments riches en purine (abats, hareng, anchois et sardines) augmente le risque de goutte.

Comment identifier l’arthrite ?

Si vous avez un des symptômes suivants, vous devriez consulter :

  • Articulations raides au lever qui s’assouplissent ensuite.
  • Douleur articulaire dans la journée et qui empêche parfois de dormir.
  • Douleur et raideur articulaires s’intensifiant après l’exercice.
  • Douleur accompagnée d’une sensation de grincement ou de claquement lorsque l’articulation est mobilisée.
  • Chaleur autour de l’articulation.
  • Œdème autour de l’articulation.
  • Perte de poids inexpliquée, fièvre ou faiblesse accompagnant une douleur articulaire.

Comment et quand est-il diagnostiqué ?

L’arthrite doit être dépistée le plus tôt possible, car elle progresse, mais son traitement peut aider à ralentir ou à stopper la détérioration des articulations. Le médecin peut généralement fonder son diagnostic sur les signes de la maladie – épanchement autour de l’articulation, œdème, tuméfaction ou chaleur.

On fait parfois des tests pour déterminer le type et l’étendue de l’arthrite (examens du sang et des urines, radios des articulations).

Quels traitements contre l’arthrite ?

yoga anti stress contre l'arthrite
Hydrothérapie, yoga, massage, chiropraxie et kinésiologie peuvent être utilisés pour soulager l’arthrite. Ces méthodes alternatives peuvent améliorer le fonctionnement des articulations et atténuer la douleur et l’inflammation en aidant les patients à se relaxer.

Bien qu’on ne sache pas guérir l’arthrite, on combine de nombreux traitements pour aider à réduire l’inconfort et empêcher la dégradation à long terme.

La chirurgie. En cas d’arthrite sévère, si les autres traitements restent sans effet, on peut fixer, raboter ou repositionner les os, ou bien placer une prothèse articulaire.

La médecine traditionnelle chinoise et acupuncture. L’acupuncture peut notamment soulager la douleur de l’arthrose du genou.

L’homéopathie. Elle atténue douleur et raideur et améliore la capacité de préhension en cas de polyarthrite rhumatoïde.

La médecine ayurvédique. Certaines herbes sont utilisées pour soulager l’arthrite, en application locale ou par voie orale : gingembre indien (Withania somnifera), boswellie ou arbre à encens (Boswellia serrata), curcuma (Curcuma longa) et gingembre (Zingiberis offcinale).

Le CBD. L’arrivée récente sur le marché du CBD fait polémique. Il n’empêche que pour certains il serait très utile pour apaiser les douleurs liées à l’arthrite. N’hésitez pas à en parler à votre médecins avant de vous lancer.

Le Travail du corps. Le toucher et la prise de conscience du mouvement aident le patient à se relaxer et à améliorer la structure et le fonctionnement de son corps. Hydrothérapie, yoga, massages, chiropraxie et kinésiologie peuvent être utilisés pour soulager les symptômes de l’arthrite.

Les Analgésiques. Les médicaments tels que le paracétamol ont un effet antalgique. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène) peuvent réduire inflammation et douleur.

Immunosuppresseurs sélectifs. Ces médicaments (infliximab, etanercept, anakinra) réduisent l’inflammation et la détérioration des articulations en bloquant l’action du médiateur inflammatoire (TNF), soit la protéine impliquée dans la réponse immunitaire spécifique de la polyarthrite rhumatoïde.

Les corticoïdes. Ces anti-inflammatoires Immunosuppresseurs (prednisone, cortisone, etc.) sont généralement prescrits en période de douleur intense mars à court terme à cause de leurs effets secondaires — œdème, prise de poids et instabilité émotionnelle. Ces derniers disparaissent habituellement à arrêt du médicament.

Les Traitements de fond actifs. Les médicaments anti-rhumatismaux modificateurs de la maladie (méthotrexate, léflunomide) peuvent ralentir ou stopper la progression de la polyarthrite rhumatoïde. De même, les acides gras oméga-3 (acides gras poly-insaturés) peuvent la freiner et en atténuer les symptômes.

Glucosamine. Ce nutriment qui a des propriétés anti- inflammatoires est véritablement moins toxique que les médicaments non stéroïdiens comme l’ibuprofène ou le naproxène. Il peut stopper la dégénérescence du cartilage, particulièrement en cas d’arthrose, et à plus long terme, retarder voire éviter le remplacement de l’articulation.

Les Vitamines. Des compléments vitaminés A, BI, B3, B6 et E peuvent favoriser la souplesse et prévenir l’arthrite.

Bore. Ce minéral nécessaire à la santé des os stimule l’absorption du calcium. Une dose de 6 mg par jour aide à soulager l’arthrose.

L’Alimentation. Plusieurs stratégies diététiques peuvent contribuer à prévenir ou minimiser les symptômes de l’arthrite. En gardant un poids normal ou en suivant un régime SI nécessaire, on évite la surcharge des articulations. De plus, certains aliments et compléments alimentaires ont prouvé leur efficacité : les poissons gras (riches en acide gras oméga-3) comme le saumon, le maquereau et les sardines peuvent réduire l’inflammation. L’alcool interférant potentiellement avec certains des médicaments prescrits contre la polyarthrite rhumatoïde, il est recommandé d’en réduire la consommation.

L’Exercice. Pendant longtemps, on a conseillé aux personnes atteintes d’arthrite d’éviter l’exercice, censé abîmer davantage les articulations. Maintenant on sait que certains exercices sont excellents, réduisant douleur et raideur articulaires, renforçant les muscles et améliorant la souplesse. Ils peuvent même éviter une dégradation en fortifiant les articulations elles-mêmes.

Un médecin ou un kinésithérapeute peut recommander un programme d’exercices – le type et la quantité dépendront de l’articulation atteinte, de sa stabilité, de la taille de l’œdème, de l’existence éventuelle d’une prothèse articulaire. En général, trois sortes d’exercices sont conseillés : travail de l’amplitude des mouvements qui améliore la souplesse des articulations, des tendons et des ligaments de soutien ; travail de renforcement pour maintenir ou développer la force musculaire ; exercices aérobics doux – marche, natation, vélo – qui augmentent l’endurance. Les patients devraient toutefois réduire leur programme et se reposer en période d’inflammation.

Un Journal intime. On a montré que la tenue d’un journal intime diminuait les symptômes de l’arthrite et le besoin d’analgésiques chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, probablement en raison de son action positive sur le stress.

>> À lire aussi : Arthrose : les gestes à savoir

Avertissement

La vitamine C est un anti-oxydant qui a été acclamé pour sa capacité à ralentir la progression de l’arthrose. Cependant, une étude sur 8 mois réalisée à la Duke University, et publiée dans Arthritis & Rheumatism, a révélé qu’à fortes doses (2 g par jour environ), la vitamine C peut en réalité aggraver la maladie.

Cette étude a été menée sur des cochons d’Inde, bons modèles pour l’étude des traitements anti-arthrosiques chez l’humain. Les auteurs ont conclu qu’en cas d’arthrose, la dose de vitamine C à ne pas dépasser devrait être de 90 mg pour les hommes et de 75 mg pour les femmes.

>> À lire aussi : L’arthrose du gros orteil : les opérations possibles

1 comment

J’ai été, pendant de longues années, un passionné de course à pied. Mais à la cinquantaine, j’ai commencé à avoir de l’arthrose aux genoux. Selon mon médecin, c’était en partie dû aux secousses subies par mes genoux en courant.
Il m’a conseillé de m’arrêter de courir mais de rester actif, certains exercices pouvant vraiment atténuer es symptômes de l’arthrose. Il m’a recommandé des activités sans choc pour les articulations, comme la natation, la marche, la gymnastique aérobique douce, le cross-trainer (machine qui entraîne les membres dans un mouvement simulant le ski de fond). Au début, je ne pouvais rien faire, mon genou me faisait vraiment trop mal. Alors j’ai pris tous les jours du sulfate de glucosamine pour réduire l’inflammation et soulager la douleur suffisamment pour commencer. J’ai décidé de nager deux fois par semaine et de marcher avec un ami deux fois aussi. C’était il y a trois mois. Maintenant, mon genou va beaucoup mieux : il est beaucoup moins raide et douloureux. Et la plupart du temps, je n’ai même pas besoin de prendre des médicaments.

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