Cheveux des hommes : comment éviter leur chute, quelles solutions ?

Selon votre perte de cheveux il existe forcément une solution pour vous. De la lotion à la chirurgie, que choisir ?

chute cheveux

Les cheveux, tout une histoire

Le cheveu, comme le poil, est une tige de kératine. Il a un rôle à la fois esthétique et fonctionnel, car il protège le crâne d’éventuels traumatismes et des aléas climatiques (le soleil ou le froid). Le cheveu pousse à partir de sa racine contenue dans le follicule pileux. Sa croissance se fait par cycle selon trois phases.

  • La phase anagène correspond à la période de croissance active du cheveu. Elle dure de 3 à 6 ans.
  • La phase catagène, pendant laquelle l’activité du follicule pileux s’interrompt, dure 3 semaines.
  • La phase télogène a une durée de 3 mois environ. A ce stade, le cheveu mon tombe, aussitôt remplacé par un nouveau cheveu en phase anagène.

Au cours d’une vie, la chevelure connaît 25 cycles pilaires environ. Le cheveu pousse de 1 millimètre tous les 3 jours. Il est normal de perdre 50 à 100 cheveux par jour. Les cheveux qui se détachent quand on passe la main dedans, ont, à leur extrémité, une boule blanche correspondant à la racine d’un cheveu mort depuis quelques semaines. Un cheveu sain a un bulbe vivant, volumineux et foncé.

Pourquoi perd-on nos cheveux ?

Principale cause de la chute des cheveux chez l’homme ? Les hormones. Ce qui fait naître, vivre et mourir les cheveux, ce sont les hormones mâles, la testostérone et ses dérivés.

Dans 80 % des cas, la chute correspond à une alopécie androgénétique (excès d’hormones mâles, les androgènes.). Sous l’influence des hormones mâles (androgènes), le cycle capillaire normal s’accélère jusqu’à épuisement des follicules pileux.

Un homme peut perdre ses cheveux, dès 20 ans, sur le dessus du crâne et au niveau des tempes, là où l’activité hormonale est la plus forte, alors qu’elle demeure faible vers la nuque qui reste une zone fournie en cheveux. Des examens peuvent évaluer l’état de la racine de cheveu prélevée et prédire l’évolution de la chevelure.

  • Le trichogramme, examen microscopique des racines d’une touffe de cheveux prélevée en trois endroits différents du cuir chevelu, permet de distinguer une chute anormale en phase de croissance (anagène) d’une chute en phase télogène, chute normale puisque le cheveu est mort.
  • Le phototrichogramme et le tractiophototrichogramme consistent à faire une étude photographique d’une surface de cuir chevelu avec un test de traction du cheveu pour le second examen. Un rapport est établi entre le nombre de cheveux télogènes qui se détachent aisément au brossage et au shampooing et le nombre de cheveux anagènes restant implantés. Deux séances sont nécessaires pour le phototrichogramme et une séance suffit pour le tractiophototrichogramme.

La chute des cheveux peut aussi être due à une mauvaise alimentation ou à un régime amaigrissant entraînant un manque de vitamines, d’oligo-éléments, de fer ou de soufre. Le stress, l’abus de tabac, certains médicaments (neuroleptiques, antidépresseurs…) peuvent bloquer le cycle pilaire.

Ces cas entraînent souvent une chute éphémère des cheveux. Après un traitement sur 3 mois avec des vitamines B6, B5, du soufre, des dérivés de cystine, du magnésium… sans oublier la prise de compléments alimentaires et des piqûres de vitamine H pendant 6 semaines, les cheveux repoussent dans la majorité des cas. Sauf quand la chute est d’origine androgénétique.

Chute de cheveux : Qui consulter ?

Pour une chute récente, modérée et transitoire, pharmaciens, coiffeurs ou instituts capillaires peuvent apporter une réponse au problème. Mais face à une chute importante et persistante, il faut voir un dermatologue afin de rechercher la cause de la chute des cheveux. Chaque centre hospitalier a un service dermatologique avec un spécia-liste du cuir chevelu et du cheveu.

Où en êtes-vous ?

Classification simplifiée des alopécies androgénétiques :

  • Stade I (dès 20 ans) : les golfes temporaux s’accentuent progressivement. Une tonsure au sommet du cuir chevelu peut également commencer à se dessiner. Traitement : minoxidil ou Propécia compléter par un cocktail de vitamines et d’oligo-éléments.
  • Stade Il (vers 40 ans) : le front se dégarnit de façon uniforme jusqu’au sommet du crâne et rejoint peu à peu la tonsure. Traitement : implants de microgreffes associés au Minoxidil ou au Propécia.
  • Stade III (vers 50 ans) : c’est la calvitie. Les cheveux ne persistent que sur une couronne au niveau des tempes et de la nuque.

Traitement : réduction de la zone chauve par extenseur associée à des implants de microgreffes ou à la technique des lambeaux.

D’abord, privilégier les lotions

Les lotions capillaires vendues en grande distribution ou en pharmacie enrayent les chutes de cheveux dues à un surmenage, un stress, une intervention chirurgicale ou un accident. Ces chutes sont le plus souvent transitoires et réversibles.

lotion anti chute de cheveux pour homme
Mais ces lotions sont sans effet sur une alopécie d’origine androgénétique. Seuls des médicaments pourront alors apporter des résultats significatifs.

L’Aminexil apparu dans les années 2000 : son efficacité a été scientifiquement prouvée en milieu hospitalier par une étude menée sur 130 sujets. Après 6 semaines d’application, des tests (contre placebo) ont montré plus 5 % d’augmentation de densité capillaire. L’Aminexil lutte contre la rigidification du collagène afin d’obtenir un meilleur ancrage du cheveu dans le cuir chevelu. En fait, elle augmente le nombre de cheveux en phase de croissance en s’opposant au vieillissement prématuré des racines.

Vitamines et minéraux

Des carences alimentaires importantes peuvent favoriser la chute des cheveux. Il faut privilégier les protéines (viandes, poissons, produits laitiers, céréales, soja), les vitamines A (beurre, épinards, carottes), B5 et B6 (jaune d’œuf, foie, levure de bière, jambon), E (huile de germe de blé, de maïs) et F (huile vierge de tournesol et de soja).

oligo-elements
Les oligo-éléments (cuivre, zinc, sélénium, soufre) et les minéraux (calcium, magnésium, fer) jouent aussi dans la croissance du cheveu.

Pour lutter contre ces carences, une supplémentation par compléments alimentaires est intéressante. Ils sont formulés pour nourrir, fortifier et embellir les cheveux. Ils contiennent, pour la plupart, des protéines d’origine végétale (hydrolysat de protéine de blé, riche en cystine naturelle, renforçant la structure de la kératine), des vitamines B5, B6 et B8, indispensables à la fixation de la cystine, des oligo-éléments (zinc), de la vitamine E et des acides gras essentiels (huile de germe de blé).

Quels médicaments anti-chute ?

Le Minoxidil et le Propécia (première pilule anti-chute à base de finastéride) sont les deux traitements anti-chute les plus souvent prescrits par les dermatologues avant d’envisager la chirurgie.

En traitement local, le Minoxidil agit par vasodilatation en provoquant une meilleure irrigation des bulbes pileux. Une formule dosée à 5 % (Alostil) serait efficace sur un plus grand nombre de personnes traitées et donnerait des résultats plus rapides que la lotion à 2 %.

Le principe est cependant assez contraignant : il faut appliquer la lotion, en massant le cuir chevelu, 5 minutes matin et soir.

D’autre part, le Minoxidil entretient et améliore les cheveux existants mais il ne fabrique pas de nouveaux cheveux.  Quant à la molécule de finastéride, elle fonctionne comme une fausse clé qui prend la place de la testostérone, l’hormone qui fait chuter les cheveux, dans la cellule.

Quelque 83 % des hommes sous Propécia, à raison d’un comprimé par jour, ne perdent plus leur cheveux après 24 mois de traitement et 66 % présente aussi une augmentation de la densité de leur chevelure. Mais cette pilule aurait aussi des inconvénients dont il faut avertir le patient. Elle agirait davantage sur les cheveux du haut du crâne que sur ceux du front et surtout elle risque d’entraîner une diminution de la libido et un trouble trophique au niveau de la prostate. Du fait de ses dérivés d’hormones mâles, cette pilule est interdite aux femmes.

Dans la majorité des cas, ces traitements (Minoxidil ou Propécia) doivent être suivis toute la vie (2 à 4 mois après l’arrêt du traitement, les cheveux recommencent à tomber). Ils sont obtenus sur prescription médicale et ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. Les prix de ces lotions peuvent varier d’une pharmacie, où d’un e-commerce à l’autre.

La chirurgie, pour qui ?

Le choix du procédé dépend du dégarnissement, de la souplesse du cuir chevelu, de la qualité et la nature des cheveux, du souhait du patient. L’information du patient est primordiale. Il doit décider en ayant connaissance des avantages et inconvénients des différentes solutions.

chirurgien pratiquant une greffe de cheveux

S’il s’agit d’un patient jeune, le choix de la technique doit tenir compte de son désir esthétique, et aussi de l’évolution future de son dégarnissement.

  • La chute chronique : on tente d’enrayer le dégarnissement progressif avec un traitement médicamenteux. Le Minoxidil stabilise la chute en 4 à 8 semaines et initie un début de repousse dans les 4 à 6 mois suivants. Moins contraignant (1 comprimé/ jour) et plus efficace bien que d’action plus lente, le Propécia à base de finastéride amorce une régression de la chute en 3 mois et une repousse sur le front et la tonsure de cheveux plus épais entre le 6e et le 12e mois. Pour un tiers des utilisateurs, la repousse est satisfaisante. Pour un autre tiers, la repousse est moyenne. Pour les autres, on n’observe qu’un ralentissement du dégarnissement.
  • Cheveux clairsemés et calvitie annoncée : les patients désirant une solution définitive ont recours à la chirurgie. La technique des microgreffes de cheveux est la plus utilisée. On peut y associer Minoxidil ou Propécia. La réduction de tonsure et la technique des lambeaux, techniques plus lourdes, sont parfois des compléments intéressants.
  • La grande calvitie : la technique des extenseurs associée aux microgreffes donne de bons résultats.

Et les implants ?

De nos jours, la technique des microgreffes (technique FUE) est d’une telle précision et d’une telle minutie que le recours aux implants est insoupçonnable. Le temps du repiquage en champ de carottes des années 70 est bien révolu.

La chirurgie de la calvitie a bénéficié au cours de ces 30 dernières années de progrès considérables. Aujourd’hui, le résultat est tout à fait naturel.

On prend soin des cheveux implantés, comme des cheveux naturels entre les implants. Associer un traitement local (Minoxidil) à un traitement par voie orale (Propécia) entretenant la qualité des cheveux implantés ne peut qu’améliorer la qualité du travail réalisé. Car il ne faut pas oublier que les cheveux issus des greffes vont se renouveler comme des cheveux normaux pendant toute la vie.

Quant à l’implantation de cheveux synthétiques en fibre de nylon dans le cuir chevelu, elle est formellement interdite. Ces implants sont rejetés au bout de 6 mois à 1 an et risquent de provoquer des infections nécessitant un traitement aux corticoïdes.

Comment se passe une séance ?

Le praticien prélève une bandelette de cheveux en pleine couronne dans une zone qui reste toujours fournie. La fine ligne cicatricielle due au prélèvement est masquée dans la masse chevelue. La bandelette est ensuite découpée à la loupe ou au microscope en microgreffes de un, deux ou trois cheveux. Après micro-incision, les greffons sont réimplantés un par un sur la zone clairsemée, en tenant compte du sens de la pousse des cheveux.

Au cours d’une séance, on implante en moyenne de 1 000 à 2 000 cheveux.

Il faudra 1 à 3 séances selon le degré de dégarnissement. Deux semaines après la micro-implantation, les cheveux tombent : pas de panique, le phénomène est normal. Ils vont repousser 3 mois plus tard à raison de 1 cm par mois.

Pour les patients dégarnis qui risquent d’être gênés par les croutelles de cicatrisation, on peut préférer la technique de greffe à cheveux longs. Les cheveux prélevés sur la couronne et réimplantés sont suffisamment longs pour masquer les croûtelles. Quand les cheveux tombent, les croûtelles ont déjà disparu.

En pratique

  • Bilan pré-opératoire : examen sanguin et électrocardiogramme. Ne pas prendre d’aspirine les 5 jours précédant et suivant la séance. Prendre des antibiotiques pendant 5 jours.
  • Anesthésie : une crème anesthésiante appliquée avant rend moins sensible l’infiltration anesthésique.
  • Durée de l’intervention : 3 heures environ pendant lesquelles le patient regarde un film vidéo.
  • Hospitalisation : aucune. La séance a lieu dans le cabinet du praticien. Le patient rentre chez lui 2 heures après la fin de la séance.
  • Soins post-opératoires : un shampooing est effectué 24 h à 48 h après. Il faut éviter tout frottement sur la zone implantée qui n’est pas forcément sous bandage. Les fils sur la zone donneuse sont enlevés au 10eme jour. Des soins nettoyants empêchent tout risque d’infection. Des croûtelles de cicatrisation sur les microgreffes sont visibles pendant 15 jours avant de tomber.
  • Douleur : aucune d’après les patients. L’anesthésie serait le moment le plus désagréable. Des anti-inflammatoires sont prescrits pour éviter un œdème du front.
  • Arrêt de travail : on peut reprendre dès le lendemain ou prévoir une séance un vendredi… avant le week-end.
  • Contre-indications : les personnes qui souffrent de maladies auto-immunes et lorsque la zone donneuse est insuffisamment fournie.
  • Coût : la séance de microgreffes.

Solution pour la grande calvitie

Une technique récente, réservée aux grands chauves, permet de réduire largement la zone glabre médiane du cuir chevelu. Deux axes glissés sous la peau permettent de rapprocher les zones latérales chevelues en comprimant peu à peu la zone chauve médiane. Le patient resserre lui-même l’appareil, millimètre par millimètre, grâce aux deux bandelettes qui ressortent dans la zone chevelue. La réduction se fait progressivement entre 2 et 4 mois pour que la peau puisse se régénérer.

Les docteurs profitent de l’implantation de l’appareil sous anesthésie locale pour faire une première réduction de tonsure. Puis, une fois la distension réalisée (3 mois environ), on peut enlever un maximum de peau, jusqu’à 12 centimètres.

Ils terminent en couvrant la fine bande qui reste par des microgreffes ou par un lambeau de rotation. Avec les micro-greffons réalisés sur le front en tout début de traitement, on masque totalement une grande calvitie de façon naturelle, le fait de diminuer la surface à couvrir permettant d’avoir une bonne densité de cheveux. Pour que les microgreffes soient parfaitement esthétiques, on trace une ligne d’incision irrégulière sur le front et on donne une orientation aux incisions afin d’obtenir une repousse naturelle.

Tous les types de cheveux prennent. On peut en définir trois sortes. Les cheveux frisés et foncés des peaux noires sont les plus fragiles mais ils couvrent mieux que les clairs. Les asiatiques ont les cheveux les plus forts et ceux des blancs sont intermédiaires.

Avantage de la méthode (de 2400 à 6000€) : le patient continue à vivre normalement, contrairement à la technique de l’expandeur, douloureuse et inesthétique, qui déformait la tête du patient, l’obligeant à rester calfeutré chez lui. La technique de l’extenseur est plus légère et quasi indolore. Le patient ne vient que deux fois, pour la pose et le retrait de l’appareil. De plus, le cuir chevelu ne subissant pas de tension brutale, les cheveux ne sont pas traumatisés, ne tombent pas. Le résultat est définitif.

Prothèse capillaire : oui ou non ?

Oui, si elle altère le moins possible les cheveux sous-jacents. Attention notamment au mode de contention (collage, clip, tressage) qui peut exercer une traction néfaste sur les cheveux naturels.

Pour un meilleur résultat, on peut combiner des microgreffes sur la ligne frontale à une prothèse qui va couvrir le reste.

Ils ont tenté la chirurgie

Jean 62 ans

« J’ai commencé à perdre mes cheveux vers trente ans. J’ai dépensé une fortune dans les lotions.

Sans résultat. J’ai finalement choisi les grands moyens avec les micro- implants. C’est spectaculaire ! En deux séances seulement. Une pour le dessus de la tête, une autre pour l’arrière. Il y a cinq mois maintenant, et ça commence à bien pousser. Je suis allé travailler avec un chapeau les huit jours suivants la séance en prétextant des petits boutons de chaleur. Je n’ai ressenti aucune douleur.

J’ai enlevé moi-même le bandage le lendemain et fait un shampooing le troisième jour pour décaper les petites croûtes. Pour stopper un début d’œdème, j’ai passé un glaçon pendant quinze minutes et tout est rentré dans l’ordre, Au bout d’un mois, la cicatrice de prélèvement était invisible. Le prix ? Tout dépend de l’importance que l’on attache à son look. Moi, j’ai préféré me passer d’une semaine de vacances au soleil. »

Éric, 45 ans

« Mes premières greffes, je les ai faites il y a dix ans. Le résultat était totalement inesthétique et ma zone donneuse très abîmée par quatre interventions précédentes. Le médecin m’a expliqué que la peau étant élastique, son appareil pouvait détendre la zone médiane chauve et qu’il suffisait d’enlever cette peau en trop pour rapprocher les cheveux des côtés et couvrir ainsi la zone sans cheveux. J’ai d’abord eu une séance de microgreffes sur le front, puis il m’a posé l’appareil de réduction de tonsure en deux fois (de décembre à février et de mars à mai) car j’ai un cuir chevelu un peu dur à la détente.

Je n’ai jamais souffert et je n’ai pas stoppé mon travail. Le résultat était déjà parfait mais comme j’étais satisfait des premières microgreffes – elles sont vraiment invisibles ; même mon coiffeur n’en revenait pas ! – j’ai fait une dernière séance sur l’arrière de la tête. Maintenant, je suis un autre homme, plus sûr de moi. »

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