Senior : Les maladies neurologiques et de l’humeur

« Mens sana in corpore sano », un esprit sain dans un corps censé l'être. Cette maxime comporte une certaine dose d'ironie si nous l'appliquons aux personnes âgées. Nombre d'entre elles gardent intacts leurs facultés intellectuelles, alors que leur corps les trahit. A contrario, c'est le système nerveux qui peut les « lâcher» en premier. Dans ce cas apparaissent des troubles psychologiques ou des maladies organiques du système nerveux, voire une combinaison du tout. A partir du moment où ces phénomènes se décompensent, le pronostic vital de la personne âgée est en jeu.

Nous envisagerons ici quelques principes concernant la conduite à tenir dans les situations les plus fréquentes. Il peut s'agir de simples troubles de l'humeur. Mais ceux-ci ne sont parfois que les signes avant-coureurs de la sénilité, ou pire d'une démence,

Les maladies de la psychologie du vieillard

Dépression et mélancolie : deux des principaux maux qui affligent les personnes âgées. Ce que l'on sait moins, c'est l'urgence du traitement.

Traitement de la dépression du sujet âgé

L'arrivée d'un état dépressif est la manifestation psychologique la plus fréquente rencontrée chez les personnes âgées. Qu'il survienne sans aucune cause apparente après un conflit avec l'entourage familial immédiat, suite au décès du conjoint ou d'un proche, ou encore en cas de changement d'institution ou de logement.

Il arrive qu'une légère modification des habitudes de vie engendre chez certaines personnes âgées une dépression nerveuse. Cette fragilité est plus ou moins importante suivant les individus. Le traitement doit être mis en place rapidement pour une simple raison. L'effet du médicament utilisé n'intervient jamais avant 15 jours. Durant ce délai, on constate une régression, un état de prostration ou une détresse morale. La thérapeutique est exclusivement médicamenteuse. Des produits sont beaucoup plus actifs que d'autres et ne déclenchent pas les fameux effets secondaires, tout aussi dangereux que l'affection principale.

Seront donc privilégiés les médicaments dit antidépresseurs qui n'influent pas sur la tension artérielle. Faire baisser celle-ci peut entraîner des chutes lourdes de conséquences pour les personnes âgées.

Si en l'espace d'un mois le traitement s'avère efficace, il faut alors lui adjoindre un soutien psychologique, et si possible tenter d'éliminer les facteurs ayant déclenché cet état dépressif. Il appartiendra donc à l'entourage, amical ou familial, de résoudre les éventuels problèmes financiers, administratifs ou d'habitat à l'origine de la crise.

>> Dépression des personnes âgées : que faire quand il s'agit de nos parents ?

Les maladies neurologiques

Certains trouveront artificiel de séparer aussi nettement les maladies qui ont trait à la psychologie du vieillard de celles correspondant à des lésions organiques précises. La raison de ce choix est simple. Les implications mises en jeu sont vitales dans le second cas.

Sans entrer dans le détail, évoquons les problèmes soulevés par la maladie de Parkinson, les démences en général et la maladie d'Alzheimer en particulier.

Les maladies vasculaires nécessitent des thérapeutiques spécifiques sans rapport avec l'âge. En revanche, leurs séquelles prennent une importance majeure chez la personne âgée. La rééducation de toutes les fonctions va demeurer le pivot de l'ensemble des soins. Certains traitements vasoprotecteurs sont des adjuvants appréciables.

La maladie de Parkinson

Elle naît du déficit relatif à un neurotransmetteur particulier, la dopamine, sécrété par un petit groupe de cellules nerveuses. L'âge s'accompagne parfois d'une disparition progressive de ces cellules. Il existe de nombreux traitements de cette maladie qui ont en commun d'essayer de pallier au manque neuro-hormonal.

Leur efficacité, satisfaisante les premiers temps, diminue inéluctablement. Les essais actuellement en cours passent par l'utilisation de greffes de cellules nerveuses. Pour ce faire, il est nécessaire d'injecter du tissu nerveux « dopamino-compétent » dans le cerveau. Pratique peu courante et d'utilisation malaisé pour parkinson.

Avant d'en arriver là, il faut s'efforcer de maintenir le malade dans le meilleur état possible. Outre les traitements médicaux, la kinésithérapie sous toutes ses formes est primordiale.

Les démences entrent dans un cadre très différent

Nous n'infligerons pas ici le catalogue de leurs étiologies. En revanche, il nous faut insister sur un fait d'importance majeure. Sauf exception, il est possible de retarder très longtemps le passage à des formes majeures. Dans bien des cas, les troubles peuvent se cantonner à de minimes anomalies caractérielles, Pour ce faire, la lutte contre l'arrivée d'une dépendance s'avère primordiale.

Facile à dire ? C'est tout le contraire. Il suffit pourtant de mesures généralement simples, Quatre directions thérapeutiques s'offrent aux familles et aux soignants. Elles concernent la vue, l'ouïe, la locomotion et la communication.

Pour l'appareil locomoteur, il suffit de se reporter à ce qui précède. La lecture des passages sur la vue et l'audition donneront quelques indications utiles. Mais c'est la communication qui dépend le plus de l'entourage. Le danger est dans la résignation de la famille et des proches. Ne jamais se contenter du « laissez ! Ça ne vaut pas la peine de l'embêter ! »

Car alors la situation risque de se dégrader jusqu'à devenir intolérable. Cette souffrance du malade âgé et de ceux qui l'entourent est particulièrement intense lors de démences avérées. Autant tout faire pour la retarder !

La maladie d'Alzheimer

Elle attire l'attention de nombreux médias. L'importance des troubles qu'elle entraîne (amnésies, démence) et le désarroi des proches y sont largement soulignés.

Le nombre de malades concernés est de plus en plus important. La maladie d'Alzheimer et les autres démences touchent 6 à 8 % des plus de 65 ans et environ 35 % des plus de 80 ans! En France, il y a actuellement 800 000 cas de démence. On en prévoit 1 000 000 en 2025. L'allongement de la durée de l'existence explique en partie cette perspective. La maladie d'Alzheimer a, semble-t-il, des causes multiples. Certains mettent en avant une prédisposition génétique, d'autres invoquent un déclenchement d'origine virale, enfin la plupart font entrer en ligne de compte des facteurs hygiéno-diététiques.

La variété des traitements proposés témoigne des difficultés à juguler les effets catastrophiques de cette affection actuellement incurable. Plusieurs médicaments contre le déficit en neuromédiateur que présentent les cellules nerveuses malades. D'autres ralentissent les troubles mnésiques.

Généralement à base d'extraits de ginko biloba, ils ne sont pas commercialisés en France dans cette indication. La vitamine E et ses dérivés seraient d'utiles adjuvants. Les études en cours insistent sur le rôle préventif que jouerait le respect des règles hygiéno-diététiques. En particulier la consommation régulière de poissons, de fruits et de légumes verts est très recommandée. De même, les régimes pauvres en graisses et une bonne intégration sociale auraient une grande importance.

Affectant un nombre croissant de gens âgés, cette maladie impose à la société une charge de plus en plus lourde. Retarder la survenue d'une dépendance et l'entrée en établissement spécialisé mobilise les efforts de tous ceux qui s'occupent de ces malades le plus souvent âgés. Guérir définitivement cette pathologie est un des objectifs à moyen terme de la gériatrie.

Conseils :

  • Rester actif le plus souvent possible.
  • Ne jamais considérer qu'il n'y a plus rien à faire !
  • Favoriser au maximum contacts et communication.
  • Rééduquer encore et toujours : orthophonie, orthoptie et kinésithérapie sont efficaces. Il ne suffit pas de le dire, il faut le faire !
  • Aider ne veut pas dire : faire à la place !
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