Problèmes d’érection : traitements et témoignages

Aujourd'hui, les hommes consultent plus facilement un sexologue car ils savent que des médicaments peuvent les aider à retrouver une sexualité épanouie. Ils nous confient ce que le traitement a changé dans leur vie de couple.

Senior anxieux
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« Avant le Viagra®, les hommes parlaient de leurs problèmes d'érection sur le pas de la porte de mon cabinet, à voix basse et un peu gênés » se souvient le Dr Pierre Rabiot, andrologue au Centre national de référence des MST (maladies sexuellement transmissibles).

Mais la médiatisation de ce médicament a contribué à libérer la parole masculine sur la sexualité, et sur les troubles érectiles en particulier. Ce problème concernerait un quart des Français, selon une enquête réalisée en 2012. « Avec l'arrivée de ces nouveaux traitements, la sexualité est passée de la sphère intime à un domaine médicalisé. Aujourd'hui, des hommes de tous âges consultent pour des troubles de l'érection, même des jeunes de 20 ans ! Auparavant, seuls les hommes âgés franchissaient ce pas ».

Cependant, cette démarche est encore loin d'être généralisée, puisque seuls 22 % des hommes concernés par des troubles érectiles consultent un médecin. Les concurrents du Viagra®, comme le Levitra® ou le Cyalis®, ont fait évoluer les choses. Très proches chimiquement de leur prédécesseur, leur action est toutefois plus ciblée.

L'érection apparaît plus rapidement, elle dure plus longtemps, et est exempte de certains effets secondaires occasionnés par le Viagra®, comme les rougeurs au visage.

« L'apparition de ces produits dans les années 2000, a surtout eu pour avantage de banaliser le traitement. Si de nombreux médicaments existent, pourquoi les hommes resteraient-ils avec leur trouble érectile ? »

Pas si simple de prendre un comprimée

Cependant, même si ces médicaments rétablissent l'érection, le trouble du patient reste parfois entier. « Certains hommes, d'abord heureux de retrouver leur érection, se dévalorisent par la suite ». Ils ont honte de devoir utiliser un comprimé pour prouver leur virilité. En perdant leur érection spontanée, ils croient perdre leur masculinité. Et ils imaginent toujours que leur partenaire pense de même ! »

L'angoisse liée à l'érection crée souvent chez les hommes un état psychique qui rend ces médicaments inefficaces. Ainsi, un mauvais réflexe consiste à les prendre juste pour les essayer. « La relation sexuelle n'est alors plus basée sur le désir, mais sur le besoin de tester l'effet du médicament sur l'érection. Ces hommes se mettent en situation d'angoisse et de pression. Le médicament ne peut pas agir dans ces conditions ».

Parmi les jeunes, au contraire, ce médicament est bien admis. Presque trop, aux dires du Dr Rabiot « À 18 ans, les problèmes sexuels sont généralement psychologiques. Mais certains jeunes hommes viennent demander une prescription au moindre petit problème érectile. Le rapport sexuel "presse-bouton" et la réponse médicamenteuse automatique constituent une fuite de responsabilité dont leur future vie sexuelle pourrait pâtir », regrette-t-il.

Leur inquiétude : être dépendant du médicament

"Pourrais-je m'en passer "Aurai-je de nouveau des érections sans médicament…" autant de questions que se posent fréquemment les hommes. En effet, la dépendance psychologique envers ce type de médicaments est leur inquiétude majeure, rarement de graves conséquences sur relation. La confiance réciproque est le meilleur des sevrages.

Comment les femmes perçoivent-elles le médicament ?

Pour les femmes, la difficulté qu'elles éprouvent réside dans leur confusion entre désir et érection. « Elles pensent que l'homme ne les désire plus et qu'il doit prendre un médicament pour être stimulé artificiellement. Or, ces substances n'agissent pas sur le désir, mais seulement sur le mécanisme érectile ».

Sans désir, elles restent inefficaces une fois Cette différence entre désir et érection comprise, elles vivent assez bien la prise d'un tel médicament par leur conjoint, Davantage sensibles à l'état affectif de leur partenaire, elles tolèrent assez bien leurs troubles érectiles. Mais la sexualité féminine souffre bien plus du mal-être de l'homme de sa crainte ou bien de l'agressivité qui peut en résulter.

« Le retour de l'érection par les comprimés permet femmes de retrouver une sexualité, mais surtout un meilleur climat conjugal. L'homme se sent plus confiant, moins angoissé l'incertitude de l'érection, et donc plus disponible pour sa partenaire. L'épanouissement de la sexualité féminine repose beaucoup sur la qualité affective de la relation ».

Consulter en couple, c'est mieux...

couple senior qui consulte un sexologue
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Depuis mars 2004, une campagne d'information sensibilise les médecins généralistes au rôle prépondérant de la femme dans la prise en charge de la dysfonction érectile. L'idéal, c'est qu'elle accompagne son conjoint à la consultation, assure Andrée Coman, andrologue et sexologue. Sa complicité et sa motivation jouent un rôle important dans le désir masculin. Or, la femme peut avoir perdu cette motivation, en raison de troubles du désir ou de problèmes relationnels. On ne doit pas traiter une érection, mais un couple. » Le programme d'information des médecins comprend d'ailleurs la projection d'une version raccourcie du film La débandade, où le couple, incarné par Fanny Ardant et Claude Berry, consulte un sexologue pour gérer le trouble érectile...

Il faut être conscient des risques

À son arrivée en France, à la fin des années 1990, le Viagra était suspecté d'être impliqué dans des dizaines de décès de patients par accident cardiaque. Certes, beaucoup de ces victimes présentaient déjà une fragilité... peu compatible avec un regain d'activité sexuelle. II a donc été difficile d'établir la responsabilité précise de ce médicament dans la survenue de ces accidents. Aujourd'hui, le Viagra®, comme le Levitra®, sont prescrits avec prudence aux personnes cardiaques qui doivent être sérieusement examinées par un médecin d'un point de vue cardiovasculaire.

Par ailleurs, ces médicaments peuvent provoquer des maux de tête, des rougeurs du visage, des yeux rouges, des nausées, des vomissements, des réactions cutanées...

Et ils ne doivent pas être associés à d'autres médicaments, comme les antiviraux (ritonavir), ou des dérivés nitrés. Enfin, comme précise le Vidal (le "dictionnaire" des médicaments), avant d'envisager tout traitement :

"le médecin doit pratiquer un examen clinique afin de diagnostiquer le trouble de l'érection et d'en déterminer les causes sous-jacentes potentielles".

Autrement dit, toute panne sexuelle ne se résout pas avec un comprimé "miracle" qui, de toute façon, est loin d'être efficace à 100 % ! Attention ! S'il est possible de se procurer ces médicaments sur Internet, on le fait sans avis médical et sans passer par le pharmacien. Est-on sûr de ne pas acheter un "faux médicament" dangereux pour la santé ?

Témoignages

« J'ai repris confiance en moi » Michel, 55 ans

Michel se traite contre l'hypertension depuis plusieurs années. Ce type de médicament a une action freinant l'érection.

« Certes, j'avais des érections matinales Mais, au moment de la pénétration, ou un peu plus tard pendant te rapport, l'érection s’arrêtait. Je mettais cela sur le compte de la fatigue, comptant sur les vacances pour que s'arrange. Aucune amélioration !

J'ai aussi essayé un certain nombre de vasodilatateurs périphériques sans plus de succès. J'envisageais souvent d'arrêter mon traitement contre l'hypertension, malgré les risques encourus. »

Lors d'une consultation chez un sexologue, Michel s'est vu prescrire un médicament contre son problème d'érection.

« Ce médicament m'a redonné mes 20 ans. J'ai trouvé l'antidote au traitement contre l'hypertension que suis désarmais scrupuleusement. Je me sens plus confiant, et pas seulement dans le domaine sexuel », se réjouit-il.

L'avis du sexologue : Outre les conséquences graves engendrées par une hypertension non soignée l'arrêt du traitèrent ne fera pas revenir l'érection. Les traitements contre l'hypertension sont des traitements de longue durée. Or, l'érection est un système réflexe entretenu par la répétition. Si l'érection fonctionne bien, elle continuera de fonctionner de manière réflexe. Mais si elle est bloquée, l'arrêt du traitement contre l'hypertension ne changera rien. L'automatisme de l'érection doit être rétabli progressivement au moyen de médicaments spécifiques.

« Le médicament a agi comme un anti-stress » Michel, 40 ans

Michel vit une relation amoureuse depuis moins d'un an.

« Pour mon amie, la sexualité est primordiale dans une relation de couple. Elle ne cessait de me parler d'une grande expérience sexuelle vécue juste avant notre rencontre. Cette histoire m'a la pression. Je me sentais obligé d'assurer et je m'angoissais. J'étais davantage coincé à chaque relation sexuelle, jusqu’au moment où je n'ai plus eu d’érection du Je me sentais coupé d'elle, enfermé dans mon anxiété. J’avais peur qu'elle me quitte à cause de mes défaillances ».

Le sexologue qu'il a consulté lui a alors prescrit un médicament. Ce dernier, efficace statistiquement au bout d'une heure, agissait chez Michel en seulement vingt minutes.

« J'avais une érection très efficace. Cela m'a complètement rassuré ! Je savais que j'avais un moyen de "court-circuiter" la panne. En fait, j'ai pris seulement deux comprimés. Ensuite, j'ai pu m'en passer » souligne-t-il.

L'avis du sexologue : Le problème érectile de Michel était très psychogène, explique. Un homme anxieux ne peut pas s'occuper de sa partenaire, son énergie mentale étant captive de son angoisse. Pour la plupart des hommes, une relation sexuelle sans érection et sans pénétration est un échec, Si Michel s'était occupé de sa partenaire, elle se serait doute moins souciée de son absence d'érection Elle aurait éprouvé du plaisir, ce qui aurait stimulé Michel.

Le médicament a permis à cet homme d'être de nouveau présent mentalement et physiquement pour sa partenaire.

« J'avais peur de ne plus pouvoir m'en passer ! » Philippe, 41 ans

« Philippe est marié depuis plusieurs années. Avant la consultation, il avait des érections qu'il ne jugeait pas satisfaisantes. Si le devais noter mon érection, je me serais donné 7 sur 10 ! » ironise-t-il.

Il consulte alors un sexologue.

« Les effets du médicament sont positifs mais je préfère m’en passer. Je crains de ne plus être satisfait de mes capacités habituelles…. de devenir "accro" de ces pilules. À mon âge, je n'ai pas envie d'entrer dans ce processus de dépendance Je sais maintenant que ces produits existent, et je les utiliserai quand l'en vraiment besoin », confie prudemment Philippe.

L'avis du sexologue : Cette peur est très répandue. Ces médicaments n'entrainent pas de dépendance physiologique. Psychologiquement, lorsque l'érection revient, l'homme reprend confiance !

Au tout d'un certain temps, libère de son angoisse, il aura une érection sans médicament, et se détachera de ces substances. Ce sevrage doit s'accompagner d'une de réassurance par le thérapeute.

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