Sexualité : à quelle fréquence faire l’amour à 50 ans

Démarrer une nouvelle histoire d'amour à 50 ans, c'est formidable mais parfois aussi angoissant. À cet âge-clé de la féminité, le corps change, le désir évolue et les femmes savent ce qu'elles veulent.

Homme aux cheveux gris et une femme blonde se trouvant sur le lit et se regardant romantique
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Refaire l'amour après une période d'abstinence

Pas si simple. Surtout quand on aborde le tournant de la cinquantaine et que l'on est confronté à un corps qui change. La féminité n'est pas acquise une fois pour toutes. Elle ne cesse d'évoluer au fil du temps. Et la ménopause est l'une de ces étapes-clés qui induit un bouleversement intérieur, hormonal, mais aussi psychique. Par ailleurs, la société, dont les médias et la publicité se font l'écho, ne jure que par des femmes aux courbes parfaites et au visage lisse.

Contrairement à ce qui se passe pour les hommes, qui jouissent d'une représentation collective valorisant l'âge et l'expérience, les femmes quinquagénaires ne disposent pas de modèle promouvant leur maturité comme séduisante.

Pourtant, on peut aujourd'hui retarder le processus du vieillissement en prenant soin de son corps et de son mental. Et puis, une histoire d'amour avec un homme ne repose pas sur la seule plastique. L'érotisme s'enracine aussi autour de ce mystère qui échappe à toute rationalité. Le désir qu'une femme lit dans le regard d'un homme (ou d’une femme !) la réconcilie pleinement avec son corps, fût-il imparfait. Et une femme amoureuse est une femme qui assume son désir.

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Quand le doute s’installe

Reste que certaines femmes ressentent ces diktats de jeunesse, beauté et minceur comme des attaques personnelles.  Avoir envie de faire l'amour et éprouver du plaisir suppose de s'aimer un tant soit peu.

Heureusement, certaines femmes ont un compagnon qui sait les revaloriser explique. Mais le problème à la cinquantaine, c'est précisément que les femmes ne se sentent plus assez de charme pour susciter le désir de l'homme. Certaines préfèrent ne pas prendre le risque d'aller voir si elles sont encore désirables et renoncent. Et le fait de douter de ses capacités de séduction fait inévitablement resurgir une angoisse d'abandon.

Qu'en pensent les intéressées ? Leur vision d'elles-mêmes est plus nuancée.

« L'image que me renvoie le miroir ne correspond pas à ce que j'éprouve intérieurement. En clair, j'ai l'impression d'avoir 25 ans dans ma tête et que mon corps ne suit pas, précise Hélène 51 ans, divorcée depuis deux ans. Néanmoins, il y a six mois, j'ai rencontré Julien chez des amis. Dans l'intimité, on se parle beaucoup. »

Une crise existentielle

femme triste qui ne veut pas faire l'amour
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Beaucoup de femmes pensent que les orgasmes de la cinquantaine sont moins intenses. Pourtant, la sensibilité vaginale et clitoridienne n'a pas changé. En revanche, il est vrai que les femmes ont besoin d'être davantage stimulées par leur partenaire. Virginie, 49 ans, n'a pas fait l'amour depuis plusieurs années lorsqu'elle rencontre Damien, plus jeune qu'elle.

« J'étais en préménopause et mes cycles étaient irréguliers. La première fois que nous avons fait l'amour, c'était très douloureux et j'ai saigné. Le lendemain, je suis allée chez ma gynécologue, qui m'a annoncé que le fait de ne pas avoir eu de relations sexuelles pendant très longtemps avait fait de moi une "vierge". Nos rapports se sont ensuite mieux passés, notamment grâce aux ovules prescrits par ma gynécologue. »

Les femmes de 50 ans sont aussi séduites par la maturité d'un homme de leur âge ou plus âgé qu'elles. On oublie souvent que l'homme vit de son côté son andropause, ce qui chamboule également la vie du couple. Au-delà de 50 ans, les hommes connaissent davantage de pannes sexuelles. De plus, la période réfractaire (temps nécessaire pour qu'ils puissent de nouveau avoir une érection après avoir fait l'amour) s'allonge. Eux aussi ne vivent pas leur sexualité comme à 30 ou 40 ans.

N'oublions pas que la sexualité ne se résume pas à la pénétration, et ce d'autant que le corps des femmes est pourvu de nombreuses zones érogènes. Le dialogue est, bien sûr, très important : il ne faut pas hésiter à dire à l'autre ses préférences, et à évoquer ses questions taboues.

Bien sûr, la façon dont les femmes de 50 ans appréhendent la sexualité dépend beaucoup de leur vie d'avant. Celles qui connaissent bien leur corps et qui ont eu une vie sexuelle épanouie auront sans doute plus de facilité à aborder cette période. Mais attention à ne pas généraliser. Pour preuve : certaines femmes découvrent la jouissance dans les bras d'un homme à cet âge-là.

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L’angoisse de faire l’amour face au vieillissement

Et puis certaines femmes peuvent parfois ressentir une profonde angoisse face au vieillissement. C'est le règne du "Vivons à fond avant qu'il ne soit trop tard ! "

Cette crise du milieu de la vie, certains spécialistes la nomme maturescence : Une sorte d'adolescence à l'envers, qui correspond à la naissance d'une femme mature.  Et comme pendant l'adolescence, enthousiasme démesuré et moments de déprime se succèdent.

Cette frénésie peut correspondre à une attitude de lutte contre une dépression qui s'installe. Notamment lorsqu'on prend conscience que l'on ne pourra plus jamais avoir d'enfant.

La perte de la fécondité équivaut dans leur inconscient à la perte de leur féminité. Comment avoir alors à nouveau envie de faire l'amour si l'on ne se sent plus femme ? Si l'on est persuadée qu'on est désormais incapable de séduire un homme ? À l'extrême, les relations intimes seront vécues sans plaisir, voire dans la honte. D'autant que parmi les femmes qui ne sont pas mères (quelle qu'en soit la raison), certaines vivront douloureusement cette période : elles devront faire le deuil de leur désir d'enfant.

Un psy peut alors les aider à franchir ce passage. Qu'il s'agisse d'une psycho-thérapie de soutien ou d'une psychanalyse (plus longue), l'essentiel est d'avoir à leurs côtés une personne qui les accompagne dans cette traversée houleuse et leur permette de lâcher prise : ces femmes ont besoin d'êtres aidées car cet âge de la vie les renvoie aussi à la relation avec leur propre mère, parfois chaotique, et peut entraîner une profonde mélancolie.

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Quand la ménopause s’en mêle

Bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, déprime, insomnies, prise de poids… tels sont les symptômes gênants (dus à des modifications hormonales) de cette période de la vie.

La ménopause correspond à l'arrêt définitif des règles, qui a lieu aux alentours de 52 ans. Mais ces troubles peuvent survenir deux ans avant.

Si les bouffées de chaleur concernent 60 % des femmes, la sécheresse vaginale est quant à elle plus fréquente. Elle perturbe beaucoup la vie sexuelle de celles qui en souffrent. Les femmes sujettes à une atrophie vulvaire peuvent ressentir des douleurs au début de la pénétration.

Enfin, un vagin moins tonique amoindrit parfois les sensations érotiques des deux amants. Les rapports douloureux sont effectivement dus à la sécheresse vaginale, mais aussi à l'anxiété d'anticipation.

Parler de ces problèmes avec son partenaire ? Délicat au début d'une nouvelle histoire, car on risque de "désérotiser" la relation. Mieux vaut alors dialoguer avec son gynécologue avant que les symptômes n'entraînent des troubles sexuels durables (frigidité, vaginisme...), et que le désir ne disparaisse. D'autant que tous ces maux ont leurs traitements.

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